> 11 millions de livres pour faire sortir de l’oubli les maladies infectieuses négligées - avril 2006

Le Department for International Development (DFID, ministère de l’aide au développement) a annoncé, par l’intermédiaire de M. Gareth Thomas, secrétaire d’Etat au développement international, l’allocation de 11 millions de livres (environ 16 millions d’euros) pour combattre les maladies infectieuses négligées telles que le paludisme, la leishmaniose viscérale (kala-azar ou maladie noire) et les trypanosomiases d’Afrique et d’Amérique (respectivement connues sous le nom de maladie du sommeil et de maladie de Chagas).

L’objectif est d’aider les pays en développement à combattre ces maladies négligées, tant au plan de la recherche qu’aux plans de la formation à la prévention et au contrôle de ces maladies. Plus de la moitié de ce financement, 6,5 millions de livres (environ 9,5 millions d’euros), seront fléchés pour aider l’organisation Drugs for Development initiative (DNDi) à combler le vide existant entre la R&D et la disponibilité des médicaments trop coûteux ou inefficaces pour contrer ces maladies. Les autres 4,5 millions de livres (environ 6,5 millions d’euros) financeront le Special Programme for Research and Training in Tropical Diseases (TDR), un programme soutenu conjointement par l’Organisation Mondiale de la Santé, la Banque Mondiale, le programme des Nations Unies pour le Developpement (UNDP), et l’UNICEF. Selon Gareth Thomas, de telles initiatives permettront de s’attaquer à la pauvreté et de combattre les facteurs y contribuant, dans le cadre des objectifs fixés de développement du millénaire (Millenium Development goals).

Le DNDi est un organisme qui travaille à la fois avec les organisations publiques et privées à travers des partenariats innovants afin d’implémenter des programmes de recherche de médicaments, encourageant les collaborations aussi bien au sein des pays en développement que des pays développés. Il s’appuie sur des capacités de R&D existantes mais trop souvent fragmentées et apporte une expertise supplémentaires au cas par cas. Le DNDi s’assure que ces médicaments atteignent les personnes à risque en travaillant avec le réseau de distribution déjà existant des compagnies pharmaceutiques et d’autres partenaires tels que Médecins sans Frontières. L’objectif du DNDi, d’ici à 2014, est de développer jusqu’à huit nouveaux traitements pour les personnes à risque, complétant la vingtaine de projets déjà en cours, dont cinq en phases avancées de développement.

Les maladies négligées : quelques chiffres

On estime que l’ensemble des maladies négligées menacent plus de 500 millions de personnes à travers le monde et entraînent plus d’un million de décès par an. Les traitements sont soit non-existants soit mal adaptés. Selon le DFID, ceci est dû en particulier à l’absence d’un marché international permettant le développement de médicaments pour ces maladies qui sont rares dans les pays riches. Les victimes sont le plus souvent trop pauvres pour pouvoir s’offrir les traitements qui existent sur la scène internationale et le problème est renforcé par des systèmes de santé déficients et des infrastructures inadaptées dans les pays en développement.
Le traitement pour kala-azar, par exemple, date des années 1930 ; d’autres présentent des effets secondaires toxiques ; dans plusieurs cas, l’agent infectieux a évolué et est devenu résistant aux traitements disponibles. On estime que la maladie de Chagas touche approximativement 18 millions de personnes à travers le monde et emporte 50 000 individus chaque année. La maladie du sommeil, quant à elle, entraîne 500 000 décès annuellement.

Sources : Department for International Development, DFID, Press release, 23/03/06, www.dfid.gov.uk ; DNDi, 23/03/06, www.dndi.org


Auteur : Dr Claire Mouchot

publié le 15/06/2006

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