Alcoolisme : l’inquiétude grandit au Royaume-Uni

Une étude menée par des scientifiques de l’Université d’Oxford et publiée dans le « Journal of Public Health », démontre que, dans la région du Sud-est de l’Angleterre, le nombre de décès directement liés à l’alcool a triplé au court des 20 dernières années. Dans les cas où l’alcool était mentionné comme étant une cause possible du décès, la mortalité aurait doublé au cours de la même période. Pour déterminer si un décès était directement lié à la consommation d’alcool, les chercheurs ont utilisé comme critères de références les observations mentionnées sur les certificats de décès. Les données concernant l’âge, le sexe et la classe sociale des personnes décédées montrent que l’alcool et ses conséquences mortelles touchent toutes les classes de la société.

Cette étude fait suite à un rapport publié en mars 2004 par la commission « Alcohol Harm Reduction Strategy for England », dont l’objectif principal était de lutter contre les effets nuisibles de l’alcool en Angleterre e, proposant des recommandations afin de parer à la consommation croissante d’alcool et à la lourdeur des coûts associés, aussi bien individuels que sociétaux. La commission avait estimé que la surconsommation d’alcool coûte environ 20 milliards de livres par an à l’état ( 30 milliards d’euros) :
● problèmes de santé et maladies : 95 millions de livres dépensés ( 130 millions d’euros) pour des traitements spécifiques, 22 000 décès prématurés, jusqu’à 1000 suicides ;
● crime et délinquance : environ la moitié des actes de violence sont dus à l’alcool ;
● perte de productivité sur le lieu de travail : 17 millions de jours de travail perdus dus à l’absence des employés ;
● violence domestique ; un tiers des actes de violence sont d’ordre domestique, et on estime entre 780 000 et 1,3 millions le nombre d’enfants affectés par les problèmes d’alcool dans leurs foyers.

Par ailleurs, une étude publiée récemment montre qu’un million de personnes par an sont traitées dans les services d’urgences des hôpitaux, admissions le plus souvent regroupées les vendredis et samedis soirs. À l’hôpital Saint Georges de Londres, les médecins estiment que 40% des admissions sont corrélées à l’alcool, atteignant jusqu’à 70% après minuit. Ces chiffres représentent les données obtenues sur l’année 2003 auprès de 34 services d’urgences, entre 9h le samedi matin et 21h le dimanche soir. Le professeur Drummond, leader de cette étude, s’inquiète de la nouvelle législation sur l’alcool qui pourrait passer au parlement l’année prochaine, législation autorisant une flexibilité des horaires d’ouverture de débits d’alcool, qui seraient autorisés à ouvrir 24h sur 24. Selon lui, les pays comme l’Australie, l’Irlande ou l’Islande qui ont allongé les heures pendant lesquelles le consommateur peut boire dans les lieux publics ont également montré une augmentation du nombre d’admissions dans les hôpitaux.


Sources : Journal of Public Health, 01/05, Vol 26 (4) , pp343-46, http://jpubhealth.oupjournals.org, BBC News, 19/01/05, http://news.bbc.co.uk

publié le 17/11/2008

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