> Annonce de la fusion des CCLRC et PPARC et de la création du {Large Facilities Council} - juil/août 2006

Le Department of Trade and Industry (DTI, le ministère du commerce et de l’industrie britannique) a annoncé officiellement, le 25 juillet 2006, la création du Large Facilities Council (LFC), issu de la fusion des conseils de recherche Particle Physics and Astronomy Research Council (PPARC) et Council for the Central Laboratory of the Research Councils (CCLRC) et destiné à la gestion des grands équipements de recherche.

Jusqu’à présent cette gestion était assumée par deux conseils de recherche :

  • le PPARC  : responsable des souscriptions à un certain nombre d’organismes internationaux comme le CERN ou l’ESO, de l’opération des télescopes britanniques et du financement de la recherche universitaire en physique des particules et astronomie ;
  • le CCLRC  : responsable de la gestion du Rutherford Appleton Laboratory (RAL) situé sur le site d’Harwell dans l’Oxfordshire et du laboratoire de Daresbury dans le Cheshire, et de la construction et du fonctionnement de grands instruments de recherche. Par exemple, le CCLRC est actionnaire à hauteur de hauteur de 86 % du synchrotron Diamond construit sur le campus d’Harwell (les 14 % restants étant attribués au Wellcome Trust).

Le 22 mars 2006 et dans le cadre du document « Science and Innovation investment framework 2004-2014 : next steps » (voir Actualités Scientifiques au Royaume-Uni, avril 2006, p. 8), le gouvernement britannique avait engagé une consultation publique sur l’opportunité de la création d’un nouveau Large Facilities Council, issu de la fusion des PPARC et CCLRC, et sur le transfert possible des activités d’agence de moyens du PPARC au conseil de recherche Engineering and Physical Sciences Research Council (EPSRC).

Selon le gouvernement britannique, cette fusion devrait :

  • créer une approche plus intégrée des grands équipements (en particulier pour les négociations internationales) aux niveaux national et international ;
  • permettre une meilleure valorisation des connaissances et des technologies développées dans le cadre des programmes du nouveau conseil ;
  • atteindre ces deux objectifs en utilisant les deux campus pour la science et l’innovation situés à Harwell et Daresbury, considérés comme des centres de transfert de connaissances abritant de grands instruments de recherche internationaux.

Le PPARC, bien qu’initialement surpris par le projet, a rapidement adopté une position commune avec le CCLRC (voir Actualités Scientifiques au Royaume-Uni, mai 2006, p. 14). Les deux conseils de recherche ont approuvé le projet de fusion. Ils ont également demandé non seulement que les activités d’agence de moyens soient conservées au sein du nouvel organisme, mais que les responsabilités pour la physique nucléaire (en particulier la fusion) et pour l’informatique de puissance, actuellement assumées par l’EPSRC, lui soient transférées.

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Recherches sur la matière noire : expérience souterraine dans la mine de Boulby
Source : PPARC

Estimant qu’environ deux tiers des 120 réponses reçues étaient favorables à la fusion, le gouvernement a annoncé la création du Large Facilities Council. Le LFC sera chargé de la physique des particules, de l’astronomie, de l’espace, de la physique nucléaire, du rayonnement synchrotron, des sources de neutrons et des lasers de puissance. Il gérera les laboratoires RAL et Daresbury. Son budget pour 2007-08 s’élèvera à environ 530 millions de livres (environ 775 millions d’euros).

Il semble bien que la communauté des physiciens des particules, dont la position semblait initialement précaire, sorte plutôt gagnante de la consultation : les fonctions d’agence de moyens du PPARC ne sont pas transférées à l’EPSRC et ce dernier voit ses activités de physique nucléaire confiées à la nouvelle entité. L’EPSRC conserve toutefois dans son portefeuille d’activités l’informatique de puissance, et donc le réseau de calcul haut débit (le Grid).

Des réactions plutôt positives
Les conseils de recherche PPARC et CCLRC se sont félicités de la décision du gouvernement. Ils vont entamer des consultations avec leurs communautés scientifiques respectives afin de proposer la structure du nouveau conseil.

Toutefois, le fait que le mot recherche ne figure pas dans le nom du nouveau conseil inquiète certains membres de la communauté scientifique. D’autres craignent des coupes dans le financement des sciences physiques au Royaume-Uni.


Sources : DTI, 25/07/06 ; PPARC, 25/06/07 ; BBC News, 25/07/06


Auteur : Dr Anne Prost

publié le 14/12/2006

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