Avancées dans la recherche sur le virus de la grippe aviaire

La compagnie pharmaceutique GlaxoSmithKline (GSK) vient d’annoncer une avancée qu’elle qualifie de significative dans la lutte contre une potentielle pandémie de grippe aviaire H5N1 chez l’Homme. Le vaccin développé s’est montré efficace à de faibles doses de 3,8 microgrammes par injection lors d’un essai clinique mené en Belgique. Cet essai clinique impliquait environ 400 volontaires adultes en bonne santé, âgés de 18 à 60 ans.

Le directeur général de GSK, M. JP. Garnier, espère pouvoir remplir les critères de mise sur le marché dans les prochains mois pour que les gouvernements puissent commencer à stocker le vaccin à partir de début 2007. M. Garnier, qui avait rencontré le président Georges Bush pour discuter de programmes de vaccination, a annoncé avoir reçu des Etats-Unis 272 millions de dollars (environ 210 millions d’euros), en grande partie dédiés au développement de technologies novatrices de mise au point accélérée de vaccins. Par ailleurs, GSK est également en pourparlers avec la fondation Gates afin de trouver un moyen de délivrer ce vaccin aux populations les plus pauvres. On estime qu’une dose de vaccin coûterait 4 livres (environ 6 euros).

La réponse immunitaire est définie comme l’augmentation du nombre d’anticorps qu’un individu produit en réponse au vaccin inoculé. Les niveaux de protection par les anticorps produits sont établis en mesurant l’inhibition d’hémagglutination (HI), titre standard utilisé dans l’évaluation des vaccins contre les grippes. L’hemagglutination est l’agrégation des globules rouges qui ne peut avoir lieu lorsque les anticorps sont présents. Lorsque le titre de HI est supérieur à 40 chez un individu, il est généralement accepté que ce dernier est protégé du virus, ou séro-protégé. Dans l’essai de GSK, plus de 80 % des volontaires montraient une séroprotection avec une dose de 3,8 microgrammes d’antigène dans le vaccin.

Le vaccin testé est produit à partir du virus aviaire H5N1 inactivé et contient un adjuvant spécifique (brevet déposé par GSK). En immunologie, un adjuvant est une préparation qui, administrée en même temps qu’un antigène, accroît la réponse immunitaire de l’hôte contre ce dernier. Au cours de l’essai clinique, les volontaires étaient divisés en quatre groupes distincts, chacun recevant une dose différente d’antigène, et chaque individu était vacciné deux fois avec la même dose (3,8 microgrammes correspond à la dose testée la plus faible). Selon les résultats annoncés par GSK, la réponse immunitaire observée chez ces volontaires a démontré l’efficacité du vaccin testé. Cette nouvelle est d’autant plus prometteuse qu’aucun autre vaccin développé à l’heure actuelle n’a démontré une telle efficacité à ces doses et les quantités faibles d’anticorps nécessaires permettraient de produire davantage de doses pour la même quantité de vaccin.

A l’heure actuelle toutefois, le problème majeur concernant le développement par l’ensemble des compagnies pharmaceutiques de vaccins contre le virus H5N1 provient du fait que ces derniers sont fondés sur le virus aviaire existant qui ne se transmet pas d’Homme à Homme. Un vaccin efficace aujourd’hui contre le virus H5N1 pourrait se révéler complètement inefficace à la protection des personnes si l’on observe une mutation importante du virus.


Sources : BBC News, 27/07/06, http://news.bbc.co.uk, GlaxoSmithKline, Media centre, 26/07/06, www.gsk.com/media/index.htm

publié le 17/11/2008

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