Avènement d’une pilule « miracle » pour lutter contre les attaques cardiaques

Les traitements des maladies cardiovasculaires (crises cardiaques, accidents vasculaires cérébraux...) qui touchent aujourd’hui près de la moitié de la population britannique utilisent souvent des combinaisons de médicaments, chaque combinaison agissant sur une cible unique. Ces traitements ont pour objectif de réduire les facteurs de risque très élevés d’une minorité de patients vers des valeurs acceptables et « moyennes » observées dans la population générale. À l’inverse, une équipe de scientifiques de l’Université de Nottingham a cherché à déterminer les effets de la combinaison de plusieurs thérapies sur plusieurs cibles dans le but de réduire les risques moyens vers des valeurs faibles. Ces scientifiques ont étudié la combinaison des statines (agents corrigeant le « mauvais » cholestérol, le LDL-cholestérol associé aux lipoprotéines de faible densité), de l’aspirine, des béta-bloquants ou de l’Inhibiteur de l’Enzyme de Conversion (IEC) de l’angiotensine (agents réduisant l’hypertension artérielle).

Cette étude a rassemblé plus de 11 000 patients et s’est étendue sur une période de sept ans. Les chercheurs ont mesuré la réduction des événements cardiovasculaires ischémiques, l’allongement de l’espérance de vie, et l’apparition d’effets secondaires. L’objectif de cette étude était la prévention secondaire d’accidents cardio-vasculaires ciblant les personnes ayant des antécédents de maladies cardiovasculaires. Les résultats de cette étude démontrent que la mortalité (toutes causes confondues) des patients est nettement réduite dans les groupes recevant une combinaison de médicaments par comparaison avec un médicament seul.
Dans cette étude, la combinaison « statines, aspirine et béta-bloquants » réduit la mortalité des patients à hauteur de 83 %. L’ajout d’un IEC conduit à une réduction de seulement 75 % de la mortalité. La combinaison « statines, aspirine et IEC » conduit à une réduction de 71%. À l’inverse, la réduction de la mortalité est minime lors de l’administration des béta-bloquants seuls (19 %) ou de l’IEC seul (20 %).

Selon le professeur Nicholas Wald, travaillant à l’Institut Wolson de médecine préventive, il pourrait être intéressant de mener des études au cas par cas et de prescrire de telles pilules en prévention primaire, c’est-à-dire à des individus n’ayant pas d’histoire de maladies cardio-vasculaires.

Un porte parole de la « British Heart Foundation » se félicite de ces avancées scientifiques mais rappelle que la forte montée de l’obésité et l’inactivité de notre société ne peut être ignorée et que les avancées médicales ne doivent pas contribuer à renforcer le « laisser-aller » observé dans les styles de vie actuels de beaucoup de personnes.

Sources : BBC News, 09/05/05, news.bbc.co.uk, British Medical Journal, BMJ, Vol.330, pp1035-36, 07/05/05, www.bmj.com

publié le 18/11/2008

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