Capture et stockage du CO2

Des scientifiques de l’Université de Durham ont étudié en détail les impacts géologiques liés au stockage du CO2 dans d’anciens gisements pétrolifères et gaziers de la Mer du Nord.
Richard Davies, directeur du CeREES (Centre for Research into Earth Energy Systems) de l’Université de Durham, indique que son équipe envisage de créer un logiciel simulant les phénomènes physiques entourant l’injection de CO2 dans ce type de réserves. En effet, selon lui, la plupart des logiciels actuels simulent uniquement la façon dont le CO2 s’écoule hors du réservoir, mais aucun d’entre eux n’étudie la phase d’injection de CO2. Ce phénomène reste selon lui totalement imprévisible. _ En effet, lors de l’injection du CO2 dans un ancien gisement, on augmente la pression dans celui-ci au lieu de la diminuer. Cela risque donc d’avoir un impact sur la géologie de la réserve ainsi que sur le comportement mécanique des roches qui la composent et donc sur sa stabilité.
Depuis peu, l’Université de Durham a lancé un groupe de recherche sur le stockage du CO2, le Caron Storage Research Group, en partenariat avec le CeREES, DONG Energy (compagnie danoise spécialisée dans l’exploration et la production de ressources énergétiques) et Ikon Science (entreprise spécialisée dans la création de logiciels à vocation technologique).
En plus d’étudier le stockage du CO2 dans les anciennes réserves de gaz ou de pétrole, l’équipe regarde aussi la possibilité d’injecter du CO2 dans des aquifères (couches souterraines de roches perméables, capables de stocker une large quantité d’eau), ou dans des champs pétrolifères vieillissants. Cette dernière approche avait déjà été utilisée il y a environ 10 ans dans des champs offshores norvégiens pour améliorer l’extraction de pétrole. En effet dans un premier temps, lorsque le gisement vient d’être découvert, l´extraction à la surface du pétrole s’effectue par la pression naturelle à laquelle il est soumis ou au moyen de pompes. Plus tard, lorsque l’extraction devient plus difficile, du pétrole supplémentaire est extrait du gisement en injectant de l’eau ou du gaz dans le réservoir. Grâce à cette méthode, la pression à l’intérieur du gisement reste élevée, ce qui assure une remontée efficace du pétrole en surface.
Concernant les gisements norvégiens riches en CO2, l’utilisation de CO2 pour la phase d’extraction était de deux à trois fois plus efficace l’utilisation d’eau. La méthode proposée par l’équipe de Durham serait d’injecter le CO2 directement pompé du gisement, et, dans le cas des anciens gisements, d’y stocker dans la mesure du possible le CO2 issu des centrales thermiques.


Source :
- Durham University, 3/07/08


Rédacteur : Mickaël Haustant

publié le 21/01/2009

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