> Cellules souches : les experts demandent l’autorisation de créer des embryons chimères - oct 2006

Trois scientifiques britanniques, experts dans le domaine de la recherche sur les cellules souches humaines, ont annoncé leur décision de faire une demande simultanée à la Human Fertilisation and Embryology Authority (HFEA, haute autorité en charge des questions de fécondation et d’embryologie) en vue d’obtenir l’autorisation de créer des embryons chimères pour la recherche. L’objectif est de créer des embryons à partir d’ovocytes de lapine, suite à l’extraction du noyau de celui-ci et l’insertion à sa place du noyau d’une cellule humaine somatique. L’embryon ainsi créé contient la totalité du matériel génétique humain et l’ADN mitochondrial de la lapine.

Le docteur Stephen Minger et le professeur Ian Wilmut, basés à King’s College London et à l’Université d’Edimbourg, respectivement, souhaitent utiliser les noyaux de cellules humaines somatiques prélevées chez des individus atteints de maladies neurodégénératives (Maladies d’Alzheimer ou de Parkinson, sclérose en plaque, etc.). Ils pourront extraire des lignées de cellules souches « anormales » à partir de ces embryons et ainsi avoir accès à des quantités de matériel biologique suffisantes leur permettant, d’une part d’accroître leurs connaissances concernant les mécanismes responsables du développement des maladies étudiées (en général menant à la mort neuronale) et, d’autre part, de pouvoir identifier et tester des traitements efficaces pour contrer le développement de ces maladies.

L’équipe dirigée par le professeur Alison Murdoch à Newcastle, souhaite, quant à elle, étudier la re-programmation des tissus humains adultes en cellules indifférenciées puis leur re-différenciation en tissu d’un autre type. L’objectif à long terme est de pouvoir reprogrammer un type cellulaire en un tissu radicalement différent : par exemple, à partir d’un embryon créé par l’insertion du noyau d’une cellule de la peau prélevée chez un patient atteint d’une maladie rénale, des lignées de cellules souches extraites pourraient être forcées à se différencier en cellules rénales pour une transplantation chez ce même patient, évitant ainsi les problèmes de rejet immunologique de la greffe.

S’il est connu que cette technique, connue sous le nom de clonage thérapeutique ou transfert de noyau cellulaire, est viable et conduit à la formation d’embryons, le taux de réussite reste extrêmement faible. Selon les scientifiques, l’objectif recherché est d’augmenter considérablement le nombre d’embryons accessibles pour la recherche et d’en extraire les cellules souches afin d’optimiser la dérivation de ces cellules souches en lignées distinctes. Le fait que le scientifique coréen Hwang n’ait pas réussi, en 2004, à obtenir des cellules souches à partir de 2 000 ovocytes humains pousse donc les scientifiques britanniques à vouloir utiliser des ovocytes d’animaux pour l’optimisation des techniques.
Selon un communiqué de la HFEA, celle-ci n’a cependant reçu aucune demande officielle à ce jour des groupes mentionnés ci-dessus.

Article rédigé par le docteur Claire Mouchot

Sources : The Guardian, 05/10/06, www.guardian.co.uk ; Human Fertilisation and Embryonic Authority, HFEA, Research News, www.hfea.gov.uk

publié le 01/02/2007

haut de la page