Classement THE 2012-13 des universités

Le classement international des universités 2012-13 du THE (Times Higher Education) vient de paraître. La perte de vitesse dans le classement des universités britanniques et américaines en faveur de leurs homologues asiatiques en est le constat le plus frappant. La Nanyang Technological University of Singapore a notamment fait un bond de 83 places, devenant ainsi la 86ème meilleure université en fonction des critères d’évaluation utilisés (voir tableau 1), et ce principalement grâce à une augmentation significative des revenus de la recherche.

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Tableau 1 : Critères d’évaluation pris en compte dans le classement du THE

Crédits : Science et technologie au Royaume-Uni, numéro spécial n°64, Juillet-Août 2012 p. 7

Les points forts de la méthodologie peuvent être brièvement décrits comme suit :
- les 13 indicateurs de performance utilisés (tableau 1) couvrent les quatre missions des universités : recherche, enseignement, transfert de connaissances et activités internationales ;
- le classement 2012-13, tout comme son prédécesseur, s’appuie sur 50 millions de citations d’articles de recherche publiés dans six millions de journaux, sur une période de cinq ans ;
- une normalisation extensive des indicateurs permet de comparer sur un pied d’égalité les arts, sciences humaines et sociales, et les sciences dures ;
- l’enquête de réputation académique conduite au printemps 2012 a reçu 16 639 réponses d’universitaires.

Si les institutions britanniques ont, en moyenne, amélioré leurs scores dans la plupart des critères pris en compte, elles ont dans leur ensemble perdu 6,7 places dans le top 200, tandis que les universités coréennes, singapouriennes, taïwaneses et chinoises ont vu leurs classements gagner 12 places en moyenne. Les universités américaines continuent quant à elles à dominer le classement (76 sont dans le top 200, malgré un essoufflement de 51 d’entre elles, contre 31 dans le top 200 pour le Royaume-Uni). Wendy Piat, directrice générale du Russell group (rassemblement de 24 des 30 meilleurs universités britanniques intensives en recherche), est de l’avis que bien que ce classement continue de représenter l’excellence des institutions britanniques, le cas des Etats-Unis montre qu’il serait très dangereux de suivre leur exemple en effectuant des coupes budgétaires sur les fonds publics, coupes qui ont résulté en un affaiblissement de la compétitivité de bon nombre de leurs universités.

Le triangle d’or britannique maintient sa position privilégiée dans le top 10 : l’Université d’Oxford occupe la deuxième place après le California Institute of Technology, et grimpe de deux places dans le classement par rapport à 2011-12. L’Université de Cambridge chute d’une place, pour occuper la 7ème position en 2012-13 contre 6ème l’année précédente, tandis qu’Imperial College London maintient sa 8ème place.

Hors top 10, il convient tout de même de noter quelques grimpées, notamment de la London School of Economics, qui passe de la place 47 à 39, l’Université d’Edimbourg (36 à 32) ou encore l’université de Warwick qui gagne pas moins de 33 places, la positionnant ainsi 124ème. Au niveau des perdants en revanche, notons l’université de Bristol qui perd huit places se retrouvant ainsi 74ème, l’Université de St Andrews, perdant 23 places pour arriver en 108ème position, et les universités de Leeds et Sheffield, perdant chacunes neuf places et se retrouvant respectivement 142ème et 110ème.

A l’heure où les pays asiatiques investissent de vastes sommes d’argent dans l’enseignement supérieur et la recherche (la Chine a récemment mis en place une stratégie d’internationalisation de l’enseignement supérieur et un engagement du gouvernement à investir 4% du GDP dans l’éducation), les dirigeants d’universités britanniques craignent quant à eux que les budgets pour la recherche et l’enseignement supérieur deviennent la cible du Department for Business, Innovation and Skills (BIS, Ministère des entreprises, de l’innovation et des compétences) si celui-ci se retrouve contraint à effectuer des coupes budgétaires pour satisfaire les mesures d’austérité mises en place par le gouvernement.

La principale leçon de ce nouveau classement international a été énoncée par Shabana Mahmood, secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur dans le cabinet fantôme : " [la situation] est incroyablement inquiétante. Elle montre qu’on ne peut pas se reposer sur ses lauriers... car la compétition à l’échelle globale est féroce."

La France enregistre quant à elle sept institutions dans le top 200, l’Ecole Normale Supérieure étant la mieux placée et se maintenant au rang 59 (voir tableau 2).

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Tableau 2 : Classement des établissements d’enseignement supérieur français dans le top 200

Crédits : THE 2012-13

Sources :

- THE, Times Higher Eductaion World university rankings 2012-13, supplement 2012-13
- Is global acclaim the East’s to win or the West’s to lose ?, THE, 4 octobre 2012

Rédacteurs :

Maggy Heintz

publié le 06/12/2012

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