> Création d’un centre scientifique et technique pour le contre-terrorisme - mai 2006

La création du nouveau Counter-Terrorism Science and Technology Centre (Centre scientifique et technique pour le contre-terrorisme) a été annoncée par John Reid, ministre de la défense britannique, le 7 avril 2006. La mission de ce centre sera de diriger la réponse scientifique du Ministry of Defence (MoD, le ministère de la défense britannique) aux menaces et incidents terroristes. Il peut s’agir d’évènements du type des attaques de juillet 2005 dans les transports londoniens ou encore du type des menaces auxquelles font face les forces armées britanniques engagées dans des théâtres d’opération extérieurs.

Le centre sera basé au Defence Science and Technology Laboratory (DSTL, le centre de recherche militaire) de Porton Down (Wiltshire) et hébergera initialement 15 experts techniques du contre-terrorisme, issus du MoD, de l’université ou de l’industrie. Leurs compétences de premier ordre couvriront les menaces chimiques, biologiques, radiologiques, nucléaires et explosives.

Le rôle de carrefour joué par le centre devrait permettre d’exploiter au mieux les travaux des laboratoires gouvernementaux, des universitaires et des industriels afin d’innover et de contrer les menaces terroristes. Ses objectifs seront de deux ordres :

  • développer des technologies pour la prévention et pour la détection de traces de substances radiologiques, biologiques ou chimiques par exemple après une explosion ;
  • proposer l’expertise du MoD aux autres ministères pour les aider dans la mise au point de leurs stratégies anti-terroristes.

En la personne de son président Lord Martin Rees, la Royal Society (l’Académie des Sciences britannique) s’est félicitée de l’annonce de la création de ce centre. En effet cette décision est cohérente avec la recommandation principale formulée dans le rapport « Making the UK safer : detecting and decontaminating chemical and biological agents » publié par la société savante en avril 2004. Les auteurs de ce rapport recommandaient la création « d’un centre destiné à améliorer la capacité de résistance britannique et à minimiser l’impact d’un incident chimique ou biologique civil ». Toutefois, la Royal Society s’inquiète du fait que le centre ne fournisse des conseils qu’aux seuls ministères gouvernementaux : en effet, rien n’est précisé en ce qui concerne les services d’urgence, les hôpitaux et les responsables locaux et nationaux de la planification des mesures d’urgence. Selon Lord Rees, les connaissances créées au sein de ce nouveau centre devraient également être disponibles pour des personnes extérieures au gouvernement : la communauté universitaire, les industriels et les autres parties intéressées n’ayant jamais travaillé avec les militaires devraient être tenus informés des résultats du centre.


Sources : Ministry of Defence, 7/04/06 ; ResearchResearch, 10/04/06 ; The Royal Society, 10/04/06 ; « Making the UK safer : detecting and decontaminating chemical and biological agents »


Auteur : Dr Anne Prost

publié le 20/07/2006

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