De l’os artificiel et/ou biodégradable

Des scientifiques du département WMG (voir encadré) de l’Université de Warwick ont mis au point une nouvelle méthode capable de produire de l’os artificiel, grâce à une collaboration avec une entreprise japonaise qui produit… des pots catalytiques de voitures ! Le développement, utilisant des phosphates de calcium (une famille de biocéramiques souvent utilisée dans les opérations d’implants osseux) est en phase avancée et les scientifiques travaillent aujourd’hui en étroite relation avec le bureau de transfert de technologies de l’Université (Warwick Ventures) pour trouver un partenaire privé souhaitant commercialiser ce produit innovant.

WMG
Si WMG, précédemment le Warwick Manufacturing Group), a conservé ses initiales, il s’agit aujourd’hui d’un des départements de l’Université de Warwick. Etabli en 1980 par le Professeur Lord Kumar Bhattacharyya, l’objectif était de stimuler l’industrie manufacturière à travers la mise en application de la recherche de pointe et du transfert de technologie efficace. Le groupe, ayant démarré avec une petite taille, représente aujourd’hui une force incontournable dont les secteurs d’activité ont dépassé la production et s’investit en santé, finance, l’environnement construit ou encore les technologies numériques

La fabrication d’os artificiel est une technologie courante qui ne présente rien de novateur en soi. La particularité de ce produit cependant, provient de la méthode utilisée dans sa fabrication, qui confère à l’os formé une structure en trois dimensions ayant une texture en nid d’abeille dont les pores présentent une taille uniforme. Matrice d'os synthétique ayant une structure en nid d'abeille - JPEG JPEG

La méthode implique l’extrusion d’un implant à travers un moulage pour créer cette structure en trois dimensions. Une fois durci, l’os peut ensuite être sculpté par le chirurgien à la taille et la forme désirées, ce qui permettra une greffe sur mesure de l’os manquant chez le patient. A la suite de cette transplantation, les cellules osseuses du patient sont injectées dans cette matrice synthétique et viennent s’y attacher et remplacer petit à petit l’os manquant. Cette matrice, dont la résistance et la porosité ont été nettement améliorées par rapport aux structures artificielles existant à l’heure actuelle, permet une formation améliorée de nouveaux vaisseaux sanguins et par conséquent devrait accélérer la croissance osseuse et la guérison.

Le Dr Mallick, et son étudiant en thèse M. James Meredith, expliquent qu’il n’existe à l’heure actuelle aucun produit sur le marché démontrant ces deux propriétés de résistance et de porosité, faisant de leur produit une matrice idéale à la réparation osseuse. Elle pourrait être utilisée comme prothèse de vertèbre, de hanche ou de genou du fait de sa grande résistance, à la place des matériaux non biodégradables utilisés actuellement tels que le titanium ou l’acier.

Utilisant une méthode et des composés différents, des scientifiques de l’Université de Nottingham ont également développé un os artificiel et biodégradable. S’il tient lieu, lui aussi, de matrice synthétique sur laquelle les cellules osseuses peuvent venir adhérer et les vaisseaux sanguins croître, il existe des différences notables avec celui présenté ci-dessus :
- il se présente sous la forme d’une pâte ressemblant à de la pâte dentifrice qui peut être directement injectée dans la zone à combler à l’aide d’une seringue et il n’est donc pas nécessaire d’avoir recours à une lourde opération chirurgicale ;
- une fois en place, il durcit en quelques minutes dès qu’il atteint la température corporelle, alors que les ciments osseux conventionnels produisent une chaleur intense lorsqu’ils durcissent, venant dans le même temps tuer les cellules environnantes ;
- il tient lieu de support permettant d’injecter des facteurs de croissance et des médicaments venant stimuler la formation tissulaire.
Ce polymère présente cependant quelques limites, notamment au niveau de la jonction entre le greffon et l’os naturel qui reste le maillon faible : la réparation d’une fracture d’une jambe, par exemple, pourrait donc nécessiter la pose de plaques pour renforcer la cassure.

Le produit doit encore être soumis à des tests de sécurité avant de pouvoir être utilisé à l’hôpital. Les essais cliniques devraient démarrer dans un avenir proche et les scientifiques espèrent que leur produit sera commercialisé aux Etats-Unis dans les 18 mois.■

RegenTec
Un des leader dans le domaine de la médecin régénérative, RegenTec cherche à faciliter l’émergence de technologies qui feront de ce domaine un succès clinique sans précédent. Pour cela cette compagnie cherche à créer une plateforme pour le développement de produits innovants qui apporteront des bénéfices importants aux patients.
RegenTec se spécialise dans le développement de matrices injectables qui se solidifient dans l’organisme : celles-ci peuvent jouer le rôle de support pour la croissance de nouveaux tissus, de milieu pour injecter simultanément thérapies cellulaires ou protéiques sans avoir recours à des lourdes opérations chirurgicales.
Pour plus de renseignements, voir www.regentec.net

Sources : BBCNews, 07/12/08, http://news.bbc.co.uk ; Warwick University, News, 04/12/08, www.warwick.ac.uk ; RegenTec Ltd, www.regentec.net


Dr Claire Mouchot

publié le 05/01/2009

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