Des médicaments non testés chez l’Homme pour des malades en phase terminale

Le Ministère de la santé britannique a récemment approuvé la « création » d’un réseau virtuel de 19 centres spécialisés qui pourront administrer des médicaments encore non testés chez l’Homme à des personnes atteintes de cancers. La sélection des patients reposera sur l’historique de leur maladie : ils devront avoir été diagnostiqués par leur médecin traitant comme se trouvant en phase terminale sans aucune chance de survie, et n’auront pas répondu positivement aux traitements traditionnels.

Les patients seront informés des risques encourus, des effets secondaires possibles et il ne leur sera administré qu’une dose faible en première instance. Selon le professeur John Gribben, de l’hôpital St Bartholomew’s à Londres, « il ne s’agit pas de jouer à la roulette avec la santé des patients, mais d’essayer de raccourcir le temps nécessaire au développement de nouveaux traitements afin de bénéficier au plus grand nombre ». Les médecins collecteront quotidiennement des échantillons sanguins qui seront analysés immédiatement, leur permettant ainsi d’ajuster les doses de façon individuelle. Seuls les malades répondant à ces médicaments expérimentaux continueront : chez ceux ne répondant pas, le traitement sera stoppé.

Malgré les questions éthiques soulevées par ces essais cliniques, les chercheurs et les médecins estiment que les connaissances issues des étapes expérimentales de mise au point de ces médicaments sont suffisantes, notamment en ce qui concerne les effets secondaires potentiels. Et le Pr Gribben d’ajouter, « nous sommes à la recherche de médicaments capables de cibler et de tuer les cellules cancéreuses tout en laissant les cellules saines intactes, et il y a suffisamment de personnel qualifié ayant passé de longues heures avec chaque patient pour leur expliquer les dangers et les risques potentiels ».

Chaque centre se verra attribué 2 millions de livres (environ 2,5 millions d’euros) provenant du Ministère de la santé britannique et de l’association caritative Cancer Research UK. Cinq centres sont basés à Londres, les autres étant répartis sur l’ensemble du territoire.


Sources

- The Guardian, 22/03/08
- The Independent, 22/03/08


Rédactrice : Dr Claire Mouchot

publié le 01/05/2009

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