Des passerelles entre privé et public pour les chercheurs britanniques

Research Council UK (RCUK), l’organisation qui sert d’ombrelle aux sept conseils de recherche britanniques, a annoncé mi-novembre 2008 la création d’un nouveau dispositif destiné à aider les universités et les institutions de recherche à embaucher des scientifiques ayant mené avec succès une carrière dans le secteur privé. Dotée d’un financement de 5 millions de livres (environ 6 millions d’euros) et soutenue par Lord Drayson, Secrétaire d’Etat à la science, cette initiative est intitulée Skills Gap Awards. Son objet est de recruter des personnes très qualifiées pour occuper un certain nombre de postes senior de recherche ou de transfert de technologie dans les universités et les institutions de recherche britanniques. Les financements s’appliqueront à une gamme de secteurs dans lesquels le recrutement a traditionnellement été difficile. Ils s’adressent donc à des « individus talentueux » travaillant actuellement dans le secteur privé et qui souhaiteraient rejoindre le secteur public. Le gouvernement leur apporte son soutien car il y voit un moyen pour retenir des talents scientifiques dans des temps économiques difficiles.

Les Skills Gap Awards seront administrés par le conseil de recherche Medical Research Council (MRC, Conseil pour la recherche médicale). Outre le MRC, le Biotechnology and Biological Sciences Research Council (BBSRC, le conseil de recherche pour la biologie et les biotechnologies) et l’Engineering and Physical Sciences Research Council (EPSRC, le conseil de recherche pour les sciences physiques et les sciences de l’ingénieur) participeront à ce dispositif provisoire qui est prévu pour durer six mois et pour financer 10 à 15 recrutements stratégiques ainsi qu’un certain nombre de bourses d’étude. L’objectif est que les nominations aient lieu rapidement : les décisions devraient être prises en quatre semaines et des fonds seront accordés pour établir des installations ou apporter un soutien initial au projet. Les titulaires du poste rechercheront quant à eux des financements de projet de recherche par les voies classiques. Des cofinancements avec des partenaires industriels seront les bienvenus.

Par ailleurs, le conseil de recherche Economic and Social Research Council (ESRC, le conseil de recherche pour l’économie et les sciences sociales) va financer environ 30 bourses d’étude afin de retenir des étudiants de troisième cycle en économie, en priorité en macro-économie et en méthodes quantitatives. Le BBSRC apportera également des fonds supplémentaires destinés à financer 20 bourses d’étude de quatre ans dans les quatre domaines prioritaires que sont la recherche sur le vieillissement, la bioénergie, les bioprocédés et le changement environnemental.

Des dispositifs permanents destinés à encourager le mouvement de personnes qualifiés entre des universités et des institutions de recherche vers le secteur privé, et vice versa, seront mis en œuvre en 2009 à travers des programmes d’échange de personnes.
Lord Drayson s’est félicité de cette initiative et a déclaré à l’occasion de son annonce : « de nombreuses entreprises et industries au Royaume-Uni emploient d’excellents scientifiques. Dans le déclin économique actuel, certaines personnes très qualifiées font face à un avenir incertain et nous devons leur offrir toutes les possibilités pour qu’elles continuent à travailler en recherche ou dans des rôles plus larges fondés sur la science. Ces initiatives sont une part importante de cet effort. En conservant des talents dans la recherche britannique, nous assurons que les universités et les institutions de recherche britanniques disposent de la large gamme d’expertise dont elles ont besoin pour soutenir l’innovation. Forger des liens toujours étroits entre l’université et l’industrie sera un facteur clé pour la croissance future des entreprises innovantes. Les conseils de recherche hébergent quelques-uns des talents scientifiques les meilleurs et les plus brillants du pays et il est tout à fait justifié qu’ils aient identifié des domaines à renforcer et qu’ils aient agi rapidement  ».


Source :
- DIUS, 14/11/08


Dr Anne Prost

publié le 17/03/2009

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