Human Genome Project - The end

Plus d’une décade après le lancement de cette grande aventure scientifique regroupant des collaborations mondiales, les chercheurs du Wellcome Trust Sanger Institute et leurs collègues ont publié le dernier - et le plus long - chapitre du « livre de la vie » décrivant la totalité du matériel génétique humain. La séquence du plus long chromosome, le chromosome 1, a été publiée dans le numéro du journal Nature du 18 mai 2006.

Les chromosomes humains sont numérotés du plus gros (numéro 1) aux plus petits (numéros 22 et 21). Chaque chromosome est formé d’une longue chaîne d’ADN (Acide Désoxyribo-Nucléique) enroulée sur elle-même. L’ADN, quant à lui, est une longue chaîne constituée de quatre acides nucléiques différents connus sous les noms de « bases » : adénine, thymine, cytosine et guanine (A, T, C, G). Le chromosome 1 contient plus de 300 gènes impliqués dans plus de 350 maladies connues, incluant certains cancers, les maladies de Parkinson et d’Alzheimer... Il représente environ 8 % du génome total (223 569 564 bases) et contient deux fois plus de gènes qu’un chromosome de taille moyenne. Pour recueillir sur papier la totalité de l’information génétique contenue dans le chromosome 1, il faudrait compter environ 30 000 feuilles de format A4.

Il faut bien garder en mémoire que le déchiffrage de la séquence du génome humain n’a jamais représenté une fin scientifique en soi. Au contraire, les chercheurs soulignent qu’il s’agissait d’établir des fondations solides permettant d’accélérer la compréhension de la biologie humaine. En effet, la séquence du génome doit être scannée attentivement pour présenter un intérêt quelconque car ce sont les différences existant entre les séquences de plusieurs individus qui permettent de trouver les erreurs (ou mutations) pouvant éventuellement jouer un rôle dans le développement de maladies. Le chromosome 1 est particulièrement susceptible au réarrangement et il a été suggéré que la modification intrinsèque des gènes (portés sur ce chromosome) qui en découle jouerait un rôle important dans le développement de certains cancers ou la retardation mentale. La proportion d’enfants naissants avec une délétion au sein du chromosome 1 est estimée entre 1/5 000 et 1/10 000.

Ces mutations peuvent apparaître comme erreurs uniques, alors connues sous le nom de SNPs (Single Point Mutations), ou au contraire comme large séquences mutées.
- Près de 4 500 SNPs ont été identifiées à ce jour qui pourraient être responsables d’une altération de l’activité des protéines synthétisées par les gènes mutés. Quatre-vingt dix SNPs supplémentaires ont été découvertes : il a été démontré qu’elles conduisent à une réduction de la taille des protéines et qui sont par conséquent très probablement rendues inactives. Notons en revanche que certaines SNPs (15 sont connues à l’heure actuelle) permettent une protection additionnelle non négligeable contre certaines maladies telles que le paludisme.
- Les larges séquences mutées peuvent, quant à elles, différer d’un individu à un autre, et atteindre des longueurs d’un million de bases. Il se pourrait que ces variations jouent un rôle dans la variabilité de la capacité des individus à interagir avec l’environnement. La région à proximité du gène GSTM1, par exemple, peut modifier la susceptibilité aux toxines ou aux produits chimiques cancéreux ou encore influencer la toxicité ou l’efficacité de certains médicaments.

A l’heure actuelle, la séquence du génome humain a permis d’identifier plus de 1 000 gènes et continue de porter l’espoir que cette connaissance permette la mise au point de nouvelles thérapies et traitements pour des maladies variées.

Sources : Nature, 18/05/06, vol. 441, pp 315-21, www.nature.com ; Wellcome Trust Sanger Institute, Press release, 17/05/06, www.sanger.ac.uk

publié le 17/11/2008

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