> {Imperial College London} se finance par emprunt et {Imperial Innovations Group plc } par vente d’actions - juil/août 2006

Imperial College London a choisi ses solutions pour répondre à ses besoins de financement : emprunter de l’argent et vendre des actions. Par deux communiqués de presse successifs, datant des 17 et 20 juillet, Imperial College London et Imperial Innovation ont respectivement présenté leur stratégie.


Imperial College London emprunte 50 millions de livres par placement privé d’obligations à 50 ans

Le financement sans garantie d’un montant de 50 millions de livres (environ 73 millions d’euros) a été obtenu en échange de l’émission d’obligations à 50 ans. Il s’agit du plus important emprunt jamais réalisé par une université britannique. En fait, la plupart des établissements d’enseignement supérieur britanniques ont recours à des prêts garantis auprès de banques pour des sommes généralement moins élevées. Ce financement fournit à Imperial College des capitaux disponibles librement que l’université pourra investir à discrétion et qui réduiront sa dépendance vis-à-vis des financements extérieurs. Les fonds obtenus viendront soutenir les missions académiques de l’établissement mais permettront également de construire de nouvelles installations pour les étudiants ou de mener d’autres projets immobiliers.

Imperial College a obtenu ces fonds à un taux d’intérêt de 4,8 % que l’institution juge très intéressant ; de plus, elle n’a pas eu à passer par un processus formel de notation financière destiné à évaluer ses capacités à faire face à ses obligations financières.

Imperial College London

Imperial College London est une des meilleures universités britanniques puisqu’elle est régulièrement classée dans les trois premières institutions britanniques. Six mille personnes sont employées par Imperial College, qui dispense un enseignement supérieur à 11 500 étudiants. Imperial College exerce ses activités dans les domaines de la science, de la médecine, des sciences de l’ingénieur et du management.

Les dettes d’emprunt d’Imperial College s’élèvent maintenant à 173 millions de livres (environ 253 millions d’euros), le nouvel emprunt venant s’ajouter à des financements obtenus en 2003 et 2005 (dont des obligations à 30 ans). L’université à jusqu’à présent utilisé 123 millions de livres de cette somme.

Comme pour la plupart des universités britanniques, la stabilité financière d’Imperial College dépend fortement des financements alloués par le gouvernement. A partir de septembre 2006, les étudiants de premier cycle devront également acquitter des frais d’inscription s’élevant à 3 000 livres (environ 4 450 euros) par an. Mais cet apport financier ne devrait pas suffire et, selon Sir Richard Sykes, recteur d’Imperial College et ancien président de GlaxoSmithKline, son institution « emprunte ces fonds dans un objectif de solidité financière. [...] Les universités ne sont pas des entreprises, mais elles doivent tout de même être gérées selon une stratégie financière solide ».

Imperial Innovation récolte 25 millions de livres et sera coté en bourse
Imperial Innovations Group plc (II, cf. Actualités Scientifiques au Royaume-Uni, novembre 2005, p. 20), la société de transfert de technologie d’Imperial College et possédée majoritairement par l’université, a choisi d’être cotée en bourse à l’ Alternative Investment Market (AIM, un sous-marché du London Stock Exchange, la bourse britannique). Dans le même temps, la société a obtenu 25 millions de livres (environ 37 millions d’euros) grâce à un placement institutionnel conditionné à l’admission à la cote. Imperial Innovations cède ainsi 14 % de son capital à des institutions financières ; la société espère également obtenir plus de 1,5 million de livres (environ 2,2 millions d’euros) en offrant ses actions ordinaires au public, la priorité étant donnée aux employés de l’université et d’Imperial Innovations.

L’université conservera 59,1 % du capital-actions émis et ne sera autorisée à vendre aucune action durant 12 mois. Elle ne pourra pas non plus réduire sa participation à moins de 50,1 % pour deux années supplémentaires.
La cotation en bourse d’II sera la première jamais entreprise au Royaume-Uni par une société de transfert de technologie possédée majoritairement par une université. Cette décision illustre l’approche unique d’Imperial College vis-à-vis du transfert de technologie. De nombreuses universités britanniques disposent d’un bureau de transfert de technologie en interne et sept institutions ont fait le choix de vendre une partie des droits de la propriété intellectuelle créée à l’avenir au groupe IP Group (une société de commercialisation de la propriété intellectuelle, cf. Actualités scientifiques au Royaume-Uni, janvier 2006, p. 24).

Suivant les termes de l’accord passé en 2005, Imperial Innovations détient les droits exclusifs de commercialisation des inventions et des découvertes faites à Imperial College avant 2020. Les fonds apportés par l’entrée en bourse devraient permettre à II de conserver environ la moitié des parts de chaque nouvelle société créée.


Sources : Imperial College London, 17/07/06, et Imperial College London, 20/07/06 ; The Financial Times, 17/07/06, et The Financial Times, 21/07/06 et The Financial Times, 22/07/06 ; The Guardian, 17/07/06


Auteur : Dr Anne Prost

publié le 14/12/2006

haut de la page