Imprimantes : du jet d’encre au jet de cellules - fev 2006

Pourquoi imprimer comme tout le monde quand on a de l’imagination ? Une collaboration entre scientifiques de University College London (UCL) et de King’s College London (KCL) a recyclé une imprimante à jet d’encre en imprimante à « jet de cellules » pour « imprimer » des cellules nerveuses du cerveau plutôt que de l’encre. Il semblerait que ce processus n’ait causé aucun dommage aux cellules en question.

Bien entendu, l’imprimante a été quelque peu modifiée pour l’adapter à ces nouveaux objectifs. Les équipes de Suwan Jayasinghe et de Amer Qureshi ont créé un champ électrique puissant permettant de produire des gouttes de quelques micromètres de diamètre, une taille beaucoup plus petite que celle qu’il aurait été possible d’atteindre par d’autres techniques. Les gouttes d’encre individuelles sont propulsées à travers un bec en forme d’aiguille avant de venir s’écraser sur un support. L’imprimante à « jet de cellule » fonctionne grâce à une technique appelée electro-dynamic jetting, selon laquelle les scientifiques appliquent un haut voltage sur le liquide contenant les cellules afin de lui apporter une charge électrostatique lors de son passage dans le bec. Cette charge interagit avec un champ électrique présent entre le bec et le support, le flux de liquide est fractionné et s’éparpille en une multitude de micro-gouttes. Pour déterminer l’effet de ce champ électrique sur l’état des cellules, les chercheurs ont utilisé des lymphocytes T humains et des cellules de cerveau de souris. La différence de potentiel créée s’élevait à 30 kVolts sur une distance de 15 mm, et les résultats préliminaires ont montré que les cellules n’avaient subi aucun dommage et continuaient de se comporter de façon normale après « impression ».

Plusieurs groupes de scientifiques ont montré que des imprimantes à jet d’encre modifiées peuvent projeter des gouttes contenant seulement quelques cellules vivantes dans une solution physiologique. La nouveauté de ces expériences vient de la petite taille des gouttes projetées. Des expériences supplémentaires seront nécessaires pour déterminer si les cellules continuent d’être physiologiquement viables sur le long terme et pour construire des structures tridimensionnelles de cellules qui soient fonctionnelles. Cette nouvelle technologie pourrait être utilisée par les médecins pour remplacer des tissus endommagés cellule par cellule et ainsi contrôler de la greffe étant effectuée.

Source : Newscientist, 28/01/06, www.newscientist.com


Auteur : Dr Claire Mouchot

publié le 17/11/2008

haut de la page