Iran : la France condamne l’usage disproportionné de la force

Iran - Réponse de Mme Amélie de Montchalin, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, chargée des affaires européennes, à une question au gouvernement à l’Assemblée nationale

(Paris, 3 décembre 2019)

Merci Monsieur le Président,

Monsieur le Député,

Effectivement, l’Iran est marqué depuis mi-novembre, a été marqué pendant plusieurs jours, par un mouvement de contestation extrêmement violent et de grande ampleur qui a fait suite à cette décision d’augmenter le prix du carburant dans un contexte économique que nous savons être très dégradé, lié à des événements géopolitiques sur lesquels, vous le savez, la France est extrêmement engagée pour chercher la désescalade.

De nombreuses victimes sont à déplorer, effectivement. Les autorités ont réprimé les manifestations par des tirs à balles réelles, procédé à des milliers d’arrestations et ont interrompu l’accès à internet.

Du fait de la coupure des réseaux internet dans le pays, du fait du contrôle de l’information par les autorités, nous n’avons pas, à ce jour, un bilan clair de la répression. Le Haut-commissariat aux droits de l’homme des Nations unies a indiqué en fin de semaine dernière que les rapports évoquant plus de 100 victimes étaient crédibles et l’ONG Amnesty International parle d’au moins 143 morts.

Par ma voix ici, par celle de Jean-Yves Le Drian, aujourd’hui à Londres, et je crois en pleine solidarité avec l’intégralité de nos partenaires européens et de tout le gouvernement, nous condamnons évidemment fortement les violences et l’usage disproportionné de la force qui ont été exercés à l’encontre de ces manifestants.

Face à l’ampleur de la répression, face aux informations crédibles, faisant état de la mort de nombreux manifestants, nous appelons, et je le fais ici très solennellement, les autorités iraniennes à respecter le droit de manifester pacifiquement, à respecter la liberté d’expression et le libre accès aux moyens de communication. La France appelle l’Iran à respecter ses obligations internationales en matière des droits de l’homme et en particulier le pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Nous ne baissons pas les bras. Nous engageons avec l’Iran un dialogue ferme et exigeant sur les questions géopolitiques. Il est tout aussi ferme et exigeant, il est intransigeant, sur les questions des droits de l’homme. Je vous remercie./.

publié le 10/12/2019

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