JO 2012 : Le Président à Londres pour soutenir les athlètes français

Visite du Président de la République

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Conférence de presse du président de la République, M. François Hollande, au Club France à Londres

Londres, 30 juillet 2012

Mesdames, Messieurs,

Merci d’avoir été patients comme nous l’avons été tout au long de la journée mais je pense que nous n’avons pas été déçus.

Je remercie le président du Comité olympique de m’avoir accueilli ainsi que tous les organisateurs. J’ai été particulièrement fier d’être président de la République aujourd’hui, de voir des athlètes qui se sont comportés en champions, soit en obtenant des médailles, une d’or aujourd’hui, deux de bronze, soit en se qualifiant. J’ai eu cette chance de voir, notamment, l’équipe de France féminine de hand et puis aussi des champions et des championnes qui ont donné tout ce qu’elles pouvaient ou tout ce qu’ils pouvaient pour porter les couleurs de la France, je pense notamment à Laura Flessel. Je me souviendrai longtemps que j’ai pu assister à son dernier assaut qui a été très disputé à 15/14.

Voilà, ce sont des moments de joie, parfois de peine, d’émotion mais en tout cas de fierté d’être président d’un pays où les athlètes font du mieux qu’ils peuvent pour porter les couleurs de notre nation.

Je dois aussi saluer la qualité de l’organisation des Jeux et le nombre des bénévoles de toutes nationalités qui se sont multipliés pour permettre, depuis maintenant trois jours, le succès de ces Jeux Olympiques. Bien sûr, nous les regardons avec envie. Nous pouvons nous dire quand nous avons un peu de nostalgie que nous aurions pu, nous aussi, si nous avions pu faire prévaloir notre dossier, accueillir des Jeux. Ce n’est pas une bonne attitude, il ne faut jamais avoir de regrets. Il faut toujours considérer que c’est l’avenir qui compte et pas le passé et de ce point de vue, prenons l’exemple des 4 fois 100 m natation hommes. Ils n’avaient pas réussi la dernière fois, ils ont décroché la médaille cette fois-ci. Eh bien, nous aussi, si le mouvement sportif en décidait - en attendant aussi de savoir ce qui va se passer en 2013 pour les Jeux qui vont être en 2020 - nous aurions pu à ce moment-là préparer cette compétition avec beaucoup de soin pour qu’elle soit victorieuse, c’est-à-dire que nous aurions pu à ce moment-là accueillir des Jeux. Mais je ne veux pas aller plus vite que le mouvement sportif lui-même. Je dois reconnaître, aussi, tout l’effort de ces dirigeants de fédérations. Nous sommes présents dans 24 disciplines sur 26, c’est tout-à-fait remarquable. La ministre des Sports me faisait ressentir cette fierté parce que nous prouvons là, avec 300 athlètes, que nous pouvons concourir dans pratiquement toutes les disciplines olympiques.

Je veux saluer les présidents de fédérations, les dirigeants mais aussi les cadres, les entraîneurs, les médecins, les kinés, bref tous ceux qui permettent d’avoir une belle équipe de France pour ces Jeux. Je suis donc prêt à répondre à toutes vos questions. À la première que vous n’avez pas posée, je vais y répondre directement : Pourquoi je suis venu ? Tout simplement parce que je considérais que telle était ma place comme président. Le Premier ministre était venu pour la cérémonie d’ouverture très réussie et moi, je souhaitais prendre une journée pour vivre avec l’équipe de France toutes les épreuves qui pouvaient avoir lieu et témoigner, ainsi, de la confiance que j’apporte au mouvement sportif, le soutien que la France accorde à ses champions et la reconnaissance de leur dévouement. Comme je le dis souvent, ici on ne parle pas d’argent. On ne parle que d’or. On ne vient pas chercher de l’argent, on vient saisir une gloire qui est d’abord de pouvoir participer à des Je ux, ensuite, de pouvoir aller chercher une médaille quelle que soit sa couleur. Voilà le sens de ma présence et je dois dire que je ne la regrette pas car ce qui m’a été montré, démontré, c’est une volonté qui peut servir de référence.

Nous sommes aujourd’hui confrontés à des épreuves nous aussi, la France : des épreuves économiques, financières ; parfois nous doutons, et si nous sommes capables de nous mobiliser, d’avoir cette confiance dans les talents qui existent, d’être prêts à nous rassembler sur une grande cause à nous dépasser, nous pouvons nous aussi dans les prochaines années être au rendez-vous. Donc, pour les Français, c’est à la fois un moment de joie, un moment d’espoir mais aussi un moment de confiance, que par ma présence, je voulais marquer et identifier.

Q - Le Sommet de la Francophonie arrive à grand pas en Afrique. Avez-vous pris votre décision ? Y serez-vous ?

R - Pas encore. Ma décision n’est pas prise. Yamina Benguigui, ministre déléguée à la Francophonie était en RDC ces trois derniers jours. Elle va me rendre compte de ce qui s’est passé, de l’attitude des organisations non gouvernementales, des partis et, notamment, de l’opposition puisque des élections avaient eu lieu en RDC qui n’avaient pas répondu aux critères de la démocratie. Et puis j’écoute aussi ce que souhaite l’ensemble des pays francophones, et notamment africains et c’est en fonction de tous ces éléments que je prendrai ma décision à la fin du mois d’août. Il y a également une situation en RDC qui tient à des conflits frontaliers avec aujourd’hui des risques de reprises de guerre à l’est de la RDC. Toutes ces raisons seront donc examinées pour justifier ma présence éventuellement au Sommet de la Francophonie à Kinshasa. Mais la Francophonie était bien représentée aux Jeux. Je sais qu’il a été même demandé qu’il y ait une vérification des engagements qui avaient été pris pour que le Français soit bien présent aux Jeux Olympiques de Londres ; et je suis toujours satisfait quand des présidents de fédérations de pays amis viennent me voir et s’expriment en français, ce qui a été le cas pour les Roumains, les Grecs.

Q - Bienvenue en Angleterre. Juste une petite question d’étiquette. Est-ce que ce n’est pas malpoli de venir ici chez moi et rafler plus de médailles que les Britanniques ?

R - Les Britanniques ont mis un tapis rouge aux athlètes français pour permettre de gagner des médailles et je les en remercie beaucoup. Mais la compétition n’est pas terminée et je m’en suis entretenu avec David Cameron. Il a de bons espoirs en natation, également en athlétisme. Donc, je pense que l’on verra le compte à la fin. Je vais dire que c’est le résultat de l’Europe qui va compter, donc nous mettrons les médailles françaises dans l’escarcelle de l’Europe, comme cela les Britanniques seront contents d’être Européens cette année.

Q - C’est bien connu vous êtes un grand passionné de sport, finalement aujourd’hui c’était autant une journée de détente que de travail.

R - Oui, c’était une journée de bonheur. Parfois, le travail peut permettre d’accéder au bonheur. Mais aujourd’hui c’était vraiment une journée consacrée au sport et, comme vous l’avez souligné, j’aime le sport, j’aime les sportifs ; donc, c’était un moment de détente, c’est vrai. Et je ne suis pas forcément toujours obsédé par l’image qui peut être renvoyée. Il y a des moments où il faut goûter les instants que l’on peut vivre, et ce jour-là, je le garderai longtemps en mémoire parce qu’il y avait beaucoup d’émotion.

Q - Si Paris décroche les Jeux en 2024, comment s’y prendra-t-elle concrètement pour éviter les problèmes des places que les Jeux Olympiques de Londres malheureusement connaissent ?

R - Nous n’en sommes pas là. S’il y a une place vide c’est celle de Paris pour l’instant. Nous allons déposer éventuellement un dossier. Je l’ai dit, c’est le mouvement sportif qui en décidera. Nous attendrons de connaître les choix en 2013 parce que cela aura des conséquences. Nous n’allons pas, ici, faire la leçon à d’autres. Je sais que ce n’est jamais facile d’organiser des Jeux et comme, en plus, les fédérations prennent des places, ne les restituent pas toujours, enfin il peut y avoir des omissions et puis il y a toujours des défections. J’ai eu le sentiment que les Jeux de Londres étaient très bien organisés et dans les stades où je suis allé comme spectateur, il n’y avait pas beaucoup d’espace vide. Je ne ferai pas ici le rabat-joie, ce ne serait pas digne de la France.

Q - Monsieur le Président qu’est-ce qu’il faudrait travailler pour que la France organise les Jeux Olympiques, quels thèmes ? Est-ce qu’il faudrait travailler plus le lobby ? On a beaucoup critiqué cela pour l’ancienne candidature ?

R - Nous avons l’expérience des échecs. Trois, ces dernières années, c’est beaucoup. On peut donc en tirer toutes les leçons pour savoir comment faire ou ne pas faire. Je pense que la première leçon c’est que cela doit partir du mouvement sportif lui-même. Ensuite, on vient d’avoir une collectivité qui décide de porter les Jeux. Enfin, il faut mobiliser tous les acteurs publics comme privés et puis il faut avoir de l’inspiration. Il faut aussi s’appuyer sur les sportifs eux-mêmes qui sont les meilleurs ambassadeurs pour défendre une candidature.

Je n’ai pas toutes les conditions du succès, sinon cela se saurait. Et puis il y a ce que vous appelez le lobbying, c’est-à-dire avoir de « bonnes relations » avec ceux qui vont voter et qui, par définition, aiment Paris mais pas suffisamment pour lui confier des Jeux. Il faut qu’il y ait les preuves que cela peut être un grand succès. Nous avons un argument, c’est qu’il n’y a pas eu de Jeux d’été depuis 1924 en France. On a quand même un peu d’impatience. On voudrait bien voir, durant notre vie, des Jeux en France et à Paris. Mais je l’ai dit cela dépendra d’abord de tous ceux qui auront vocation à déposer un dossier si nous le pouvons.

Avoir des Jeux à Londres, je reviens à cette année, c’est très proche et comme nous avons beaucoup de Français qui vivent à Londres et qui viennent à Londres, c’est quand même une chance considérable que nous avons pu saisir. Tant mieux si c’est Londres qui a aujourd’hui le bénéfice de l’organisation des Jeux. Nous en tirons quelques retombées et nous avons eu une très bonne coopération, nous en parlions entre les deux gouvernements, pour assurer la sécurité ainsi que de bonnes conditions de transport. Nous avons donc bien coopéré entre la France et le Royaume-Uni, pour le succès de Londres.

Q - Le CIO a refusé que Guor Marial, un coureur sud-soudanais du marathon représente son pays lors du marathon, il courra sous les couleurs du CIO et d’une certaine façon sera apatride durant ces 42 kilomètres alors qu’il s’est beaucoup battu pour représenter son pays qui a un nouveau pays. Sans remettre en cause cette décision, je voulais savoir si du moins vous la regrettiez ?

R - C’est toujours difficile de se substituer aux organes compétents. La France a reconnu le Sud-Soudan. Pour nous, une personne qui vit et qui a une nationalité du Sud-Soudan doit être reconnue comme telle. Il y a des règles en matière de sport international qui ne sont pas forcément les mêmes que celles des États. Je les respecte.

Q - Une question relative aux Jeux Olympiques de 2024, la possibilité qu’il y aurait une candidature de la France. Vous avez évoqué la possibilité qu’il y aurait une candidature de la France, vous avez évoqué deux fois Paris, mais est-ce qu’il n’y a qu’à Paris que l’on pourrait avoir une candidature ?

R - Non, vous avez raison. N’allons pas plus vite, là encore. Faudrait-il qu’une ville ou plusieurs villes de France se portent candidates - ce qui n’est pas le cas pour le moment ? Il n’y a pas que Paris. Je ne veux pas parler de la candidature parce que je ne veux pas justement moi-même précipiter les choses ou me placer comme celui qui voudrait absolument une candidature à Paris ou ailleurs. C’est peut-être cette démarche-là qui a été sanctionnée dans le passé. Il faut bien déconnecter les rôles.

Q - Monsieur le Président, qu’aurait concrètement à gagner la France, Paris ou une autre ville à organiser les Jeux. On sait que ces Jeux ont coûté très très chers à Londres, trois fois plus que prévu. Qu’aurait gagné la France financièrement parlant ou en termes de notoriété ?

R - C’est quand même un élan considérable pour le mouvement sportif que d’organiser des Jeux. Nous devons d’abord regarder cette incidence, cette conséquence. Ensuite, trois milliards de téléspectateurs pour faire connaître une ville, un pays, c’est un impact sans limite sur le plan de ce que cela peut générer comme activités économiques ou commerciales. Enfin, ce sont des équipements qui, s’ils sont bien réutilisés, peuvent changer un urbanisme. On l’a bien vu ici à Londres. Enfin, cela peut mobiliser des capitaux privés, mais tout cela se calcule et c’est vrai qu’il doit y avoir aussi une maîtrise ; quand il y a un coût qui dérive ensuite, c’est très long pour l’amortir. Je vous le dis, je vais me répéter, je ne suis pas là pour annoncer une candidature. Je ne suis pas venu pour dire « on va déposer une candidature », je suis venu pour saluer les athlètes français, l’organisation, le Club France, aussi, et donc me mettre devant les Français comme un spectateur engagé que j e suis pour les Jeux Olympiques.

Q - Bon timing, journée faste pour l’équipe de France, hier aussi. L’équipe de France vise 10, 12, 14 médailles, vous avez dit qu’elle pouvait faire mieux que Pékin et aussi de quoi avez-vous parlé avec David Cameron, de la Syrie notamment ?

R - Oui, on n’a pas parlé du nombre de médailles. On a des délicatesses quand même, et puis la compétition n’est pas terminée. D’abord, j’ai salué la bonne organisation et la bonne relation entre la France et le Royaume-Uni pour y contribuer.

J’ai aussi évoqué deux autres sujets : le sujet de l’Europe, et notamment de la situation de la zone euro, même si le Royaume-Uni n’en est pas membre, mais elle est affectée aussi par une crise qui n’est pas sans rapport avec ce qui se passe dans la zone euro. L’addition des plans d’austérité, les risques d’instabilité, les anticipations des marchés. Nous avons, la France et le Royaume-Uni, le même intérêt, c’est-à-dire que nous retrouvions plus de croissance. Les premiers indicateurs du semestre 2012 ne sont pas bons au Royaume-Uni, en France, en Europe. Nous devons mettre plus de croissance. D’ailleurs, David Cameron, là-dessus, m’a suivi dans le Conseil européen de la fin du mois de juin.

Et puis, nous avons un second sujet qui est de mettre plus de stabilité financière. C’est même l’intérêt, y compris des Britanniques et de la City de Londres, qu’il y ait de la stabilité, que les marchés ne soient pas forcément mis devant des doutes et des incertitudes.

Ensuite nous avons parlé, effectivement, de la Syrie puisque la France va prendre la présidence du Conseil de sécurité à partir du 1er août et j’ai décidé que la France convoquerait un Conseil de sécurité au niveau ministériel pour évoquer la situation en Syrie. Le ministre des Affaires étrangères va prendre des initiatives pour que nous puissions le faire très rapidement.

Et les médailles françaises ? Autant qu’il sera possible d’en gagner, sans limite. La meilleure façon d’en gagner, c’est de ne pas en prévoir, parce qu’il n’y a pas de pression à exercer. Chaque athlète doit penser qu’il peut, s’il se dépasse, s’il est capable de créer un élan pour lui-même et pour le public qui le soutient, conquérir une médaille. Je ne vais pas du tout fixer de limites ou de faire de pronostics. La plus belle médaille que nous pouvons gagner, c’est celle qui nous rendra plus fière de la délégation française, c’est la médaille de l’espérance.

Comme je vous l’ai dit, ici, on ne m’a pas parlé de plusieurs sujets : on ne m’a pas parlé d’impôts, de fiscalité, à aucun moment. À aucun moment, je n’ai vu un athlète qui m’ait dit : est-ce que je vais être touché par les 75 % ? À aucun moment. On ne m’a pas parlé de rémunération, d’argent. Cela ne veut pas dire que ces questions ne comptent pas, cela ne veut pas dire que l’avenir des sportifs ne doit pas être préparé, cela ne veut pas dire qu’il ne doit pas y avoir de gratification, de rémunération. Mais ce n’était pas l’ambiance. L’ambiance, c’était de servir au mieux le pays qui était représenté, en l’occurrence la France. Dans les contacts que j’ai eus avec les athlètes, ils étaient très fiers et, parfois, certains ne se rendaient pas compte de l’impact de leur victoire. Par exemple, je pense que Yannick Agnel, ce soir ne mesurait pas sa notoriété. On met du temps avant de mesurer sa notoriété et lorsqu’il va revenir en France, je ne souhaite pas être dans la même sa lle que lui.

Q - Avec la venue de Mario Monti, y aura-t-il d’autres sujets ?

R - Je pense qu’il y aura d’autres sujets.

M. Monti fait une tournée en Europe, je crois qu’il a raison. Il sera à Paris demain, je pense qu’il ira à Madrid après. Ce que nous avons à faire, justement, dans cette période où les marchés et les opinions publiques veulent comprendre ce que nous faisons, c’est de rappeler que nous sommes tous engagés pour la défense et l’avenir de la zone euro.

J’ai beaucoup de respect pour M. Mario Monti parce qu’il a été très courageux. Il a été capable de demander des efforts aux Italiens, de le faire dans la justice et il demande que ces efforts soient également reconnus. Parce que si les pays prennent des mesures d’austérité et, en plus, ont des taux d’intérêts très élevés, comment peuvent-ils avoir après la confiance de leur peuple ? Qui douteront nécessairement de ce qu’il leur est demandé. La solidarité que nous avons à faire en Europe, c’est de bien sûr poser des disciplines mais, ensuite, c’est de permettre que les pays qui ont fait justement les choix qui étaient les plus difficiles en soient gratifiés par des taux d’intérêts qui doivent être plus bas. C’est ce que me répètera M. Monti, ce que je lui accorderai comme soutien.

Q - Monsieur le Président, sur les médailles, il y a quand même une question de prestige, une compétition entre les pays. Dans quelle mesure est-ce important pour l’image de la France au niveau mondial de gagner plus de médailles dans ces J.O. ?

R - Oui, bien entendu qu’il y a un aspect quantitatif qui est indéniable mais il y a aussi un aspect qualitatif de ce qui est une épreuve, comment elle est surmontée, gagnée ou même comment des athlètes - sans gagner de médaille - peuvent émouvoir un pays. Je suis convaincu que Laura Flessel, aujourd’hui, aura créé plus d’émotions encore que si elle avait gagné une médaille parce que nous étions vraiment conscients que c’était une partie de sa vie qui s’achevait là, une autre allait commencer. C’était un parcours qui méritait d’être honoré. Donc les larmes de Laura Flessel, cela vaut toutes les médailles.

Merci./.

publié le 02/08/2012

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