> L’ère du tag électronique est arrivée pour les FIV - mai 2005

 En 2002, une erreur s’était produite dans une clinique britannique offrant un service d’assistance médicale à la procréation, et en particulier pour la « fécondation in vitro » (FIV). Un spermatozoïde n’appartenant pas au père de l’enfant avait été utilisé pour la FIV, et la mère avait donné naissance à un enfant métis alors que les parents étaient tous deux caucasiens.

 En juin 2004, un rapport indépendant commissionné par le conseiller médical en chef du gouvernement recommandait que chaque procédure s’articule autour d’un double témoignage, à savoir que le médecin effectuant la procédure soit observé par un deuxième médecin chargé de rapporter toute erreur commise. Chaque procédure (au nombre de 25 pour chaque cycle de FIV) devient alors très laborieuse sans éliminer l’erreur humaine possible.

 Ce genre d’erreur n’est pas exclusif au Royaume-Uni. Cependant, pour éviter que cela ne se reproduise, la « Human Fertilisation and Embryology Authority » (HFEA), haute autorité britannique en charge de la régulation des activités d’assistance médicale à la procréation et à la recherche en embryologie, étudie la possibilité de marquer le support contenant chaque embryon, ovule ou sperme à l’aide de code barres ou de marqueurs électroniques. La technologie permettrait qu’une alarme se mette en route lorsque une paire d’ovule et de sperme non « compatibles » sont approchés l’un de l’autre ou encore lorsqu’un médecin procède à l’implantation d’un embryon chez une femme qui n’est pas la mère. L’une des préoccupations majeures de la HFEA provient du risque posé par l’émission d’ondes radio sur le développement et la santé de l’embryon à long terme. Un tel système, connu sous le nom de « IVF Witness », est actuellement en cours de développement chez une compagnie de Falmouth, « Research Instruments ». L’expérimentation est menée sur des embryons de souris : les marqueurs électroniques sont collés sous la boîte de Pétri dans laquelle est placée l’embryon, et l’embryon incubé pendant quatre jours à 37°C. Alors que les marqueurs électroniques sont activés pendant toute la durée de l’incubation et émettent donc des ondes radio de façon continue, les résultats préliminaires semblent indiquer que le développement des embryons n’est pas affecté.

 Le code barre est utilisé au Royaume-Uni depuis plus de dix ans pour les transfusions sanguines, où il a permis de réduire les erreurs de façon spectaculaire. La compagnie « IMT International », basée à Chester, travaille actuellement au développement de codes barres similaires qui seront adaptés à la FIV.

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L’utilisation de codes barre ou de marqueurs électroniques pourrait éviter l’erreur humaine
Crédits : http://www.togg.org.uk/resources/images.html

La technologie permettra de vérifier l’identification et la correspondance entre le gamète, son container, les boîtes de Pétri, les containers de stockage, les bracelets portés par les patientes et les dossiers médicaux de ces patients. Des lecteurs numériques capables de lire ces codes barre pourraient être insérés au sein des paillasses où s’effectuent les FIV, et une alarme mise en route si l’embryon ou les gamètes sont « incompatibles », c’est-à-dire n’appartiennent pas au patient. Le directeur d’« IMT International », Tim Haywood, estime que la technologie mise au point sera extrêmement sûre et fiable.

 Les marqueurs électroniques, connus sous le nom de RFID, sont assez similaires. Ils peuvent être placés au fond d’une boîte de Pétri contenant un embryon, sont activés par des ondes radio qui seront transmises dans des zones de travail désignées, sous forme d’un code unique. De la même façon que les codes barre, des gamètes incompatibles ou un embryon à implanter n’appartenant pas à la patiente entraînerait la mise en route d’une alarme. Selon Steve Troop, embryologiste faisant partie du comité de conseil de la HFEA, l’utilisation de ces marqueurs électroniques est sûre car ils n’émettront que lorsqu’ils seront activés par un signal externe, et donc sur de très courtes durées. De plus, ils utilisent des basses fréquences à 13,5 mégahertz en comparaison avec les fréquences de 900 à 1900 mégahertz utilisées par les téléphones portables. Bien que les experts semblent confiants, davantage d’études sont nécessaires pour garantir l’absence de danger pour le développement de l’embryon et la santé de l’individu à naître.

Sources : Newscientist, 09/05/05, www.newscientist.com, IMT International Ltd, http://www.cryo-imt.com/matcher.htm

publié le 30/06/2005

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