La France veut de la clarté sur le Brexit - ministre

Politique étrangère – Politique migratoire - Commission européenne/candidature - Brexit - Chine - UE/Élargissement - Lutte contre le terrorisme - Défense européenne - Entretien de Mme Amélie de Montchalin, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, chargée des affaires européennes, avec « CNEWS, Europe 1, Les Échos - Le grand rendez-vous » - extraits

Paris, 3 novembre 2019

Q - Bonjour à tous. Notre invitée ce matin, Amélie de Montchalin, secrétaire d’État chargée des affaires européennes. Bonjour Amélie de Montchalin !

R - Bonjour.

Q - Immigration, communautarisme, deux mots au coeur de l’actualité avec l’interview sans filtre d’Emmanuel Macron dans Valeurs actuelles, la gauche s’étrangle, l’extrême-droite crie à la « com’ », la droite attend les actes, le chef de l’État a-t-il choisi la bonne voie sur ces sujets ? Et le choix de Thierry Breton pour la Commission européenne sera-t-il le bon ? Sitôt proposé, sitôt soupçonné de conflit d’intérêts. « Conflit », autre mot clé de cet automne avec la réforme des retraites. Face à la grève qui s’annonce, le président semble prêt à des concessions pour les régimes spéciaux. Alors pour l’acte II, est-ce la rue qui gouverne ? Pour vous interroger, Cécile Cornudet des Échos et Yoann Usai de CNews. Bonjour à tous les deux !

Q - Bonjour Amélie de Montchalin. Emmanuel Macron s’est confié cette semaine à Valeurs actuelles, une interview qui fait des vagues y compris à l’étranger. Que dites-vous à la Bulgarie, membre de l’Union européenne, qui proteste après les propos du président sur les filières bulgares clandestines et qui convoque, demain, l’ambassadrice française à Sofia ?

R - Sur le sujet migratoire, déjà, je pense que c’est toujours important d’en parler, d’en parler avec des faits et d’en parler à tout le monde. Donc ça, c’est pour le cadre dans lequel on se trouve.

Sur le sujet de la Bulgarie, au fond, ce que dit le président, c’est qu’il n’a rien contre les citoyens bulgares, rien contre le gouvernement bulgare. Maintenant, il faut qu’on reconnaisse que, sur notre continent européen, au sein même de l’Union européenne, on a des passeurs, on a des filières, on a des trafiquants humains qui font beaucoup d’argent, qui génèrent beaucoup de profits pour eux-mêmes en exploitant la misère et en organisant le transport, le trafic de personnes et on a vu les drames que cela provoquait au Royaume-Uni il y a encore quelques jours avec …

Q - Particulièrement en Bulgarie ?

R - Ce qui est certain, c’est que la Bulgarie est aux frontières extérieures de l’Union européenne et c’est pour cela qu’avec Frontex, l’agence des garde-frontières européens, on veut pouvoir aider les pays à mieux protéger ses frontières notamment pour que les passeurs qui viennent de l’autre côté de la frontière puissent s’arrêter.

L’autre point, c’est qu’on a un certain nombre de pays aujourd’hui en Europe pour lesquels la Commission européenne, les États, soutiennent ces pays pour qu’on puisse arrêter la corruption, les mafias et tous les systèmes de passeurs et de trafiquants qui peuvent exister. Donc le point : effectivement, il va y avoir des échanges. Qu’on clarifie bien : le problème ce n’est pas le gouvernement bulgare, ce n’est même pas non plus les citoyens, c’est nous assurer qu’au sein de notre espace européen - c’est toute la discussion sur Schengen, sur le droit d’asile européen -, nous assurer que sur notre continent, nous ayons des règles claires qui soient respectées et que nous ayons les moyens d’arrêter ceux qui trafiquent et de faire respecter ce qui nous semble être des règles communes à nous appliquer ensemble.

C’est un combat européen essentiel parce que c’est un combat de confiance et c’est un combat d’efficacité. Si on n’est pas capable pour tous les citoyens du continent européen d’expliquer comment on protège le droit d’asile, comment on s’organise, comment on s’occupe de protéger nos frontières, pas pour devenir une « Europe forteresse » mais pour devenir une Europe qui sait s’organiser. Qui rentre ? Qui sort ? Et surtout, surtout faire la guerre à tous ceux qui exploitent la misère humaine et qui en retirent beaucoup d’argent.

Q - Vous espérez que cet incident diplomatique sera bientôt clos donc !

R - Oui, je l’espère et je pense qu’il le sera. On a bien compris qu’on ne parlait pas là ni du travail détaché ni de la liberté des travailleurs ; on parle vraiment d’un sujet qui est très lié à toute cette « économie grise » qui prospère parce que nous n’avons pas les capacités régaliennes au niveau européen de manière suffisante pour protéger les citoyens.

Quand on parle de défense européenne, quand on parle d’Europol - le système européen de coordination des polices -, quand on parle de notre coordination du système judiciaire, quand on parle d’un parquet européen, au fond, on est en train de créer au niveau européen la coordination nécessaire pour, en gros, faire la guerre à ceux qui trafiquent et qui exploitent ces failles.

Q - Il n’empêche qu’il y a des expressions du président qui peuvent heurter et en France, c’est la même chose. Sur cette interview, il dénonce les « droits-de-l’hommiste », il se dit obsédé par le sujet de l’immigration. En fait, de tous ces sujets, ça fait un mois que l’exécutif ne parle que de ça. Est-ce que dans l’avenir, il ne faut pas un petit peu lever le pied ? Est-ce que l’attaque de Bayonne n’a pas rappelé que le climat était tellement fragile que vous aviez peut-être un peu surdosé toutes ces questions identitaires ?

R - Il y a plusieurs sujets dans le sujet. Ce qui est sûr, c’est que sur l’immigration, moi, je refuse qu’on cède soit aux fantasmes soit aux peurs. Il faut en parler et il faut en parler pour apporter des faits. Vous savez, beaucoup, beaucoup d’hommes politiques depuis des décennies ont brandi des chiffres qui ne voulaient rien dire pour faire peur aux Français. Ce qu’a voulu faire le président avec le Premier ministre et l’ensemble du gouvernement, c’est d’abord de montrer que ce n’était pas qu’un sujet de chiffres, ce n’était pas qu’un sujet du ministère de l’intérieur ; c’était un sujet qui est transversal et qui pose trois questions. 1) Comment faire respecter le droit d’asile ? C’est l’honneur de la France, c’est dans notre Constitution. L’identité française, c’est d’avoir pu accueillir, protéger ceux qui fuyaient la guerre et la persécution.

Q - Mais globalement, que, sur l’immigration, la laïcité, le communautarisme, ce soit le sujet numéro un du gouvernement depuis un mois et demi, est-ce que, en termes d’équilibre des sujets et des problématiques des Français, c’est bien dosé ?

R - Alors, on a aussi beaucoup parlé et je pense qu’on y reviendra, on a aussi beaucoup parlé retraite, on a aussi beaucoup parlé droit du travail. Mais sur le sujet dont vous parliez, il faut séparer les choses. Il y a effectivement déjà : comment on protège le droit d’asile. Effectivement, comment on accueille dignement ceux qui fuient les persécutions et comment on empêche ceux qui dévoient le droit, qui viennent de pays sûrs par des trafiquants et des passeurs dont je vous ai parlé, qui font venir des gens de pays où, en fait, ils ne devraient pas avoir droit à l’asile…

Q - Géorgie, Albanie ?

R - Par exemple, de pays qui sont sur le continent européen avec lesquels on travaille tout à fait sereinement tous les jours. Deuxième enjeu, c’est comment on a une politique d’attractivité ni plus ni moins que les autres pays européens mais il y a des gens qu’on veut faire venir chez nous. Il y a des métiers et des compétences qu’on veut attirer, comment on s’organise. Et puis, il y a un troisième sujet, c’est l’intégration. Et l’intégration c’est par le travail, par le logement, par l’éducation. Comment on s’assure que ceux qui sont chez nous peuvent s’intégrer.

Ensuite, il y a un deuxième sujet qui est le communautarisme, c’est à la fois rien à voir…

Q –On y reviendra

R - …et la laïcité et je pense que c’est toujours important. Pourquoi le président parle de ces sujets ? Parce que ce sont des sujets sur lesquels depuis des années soit vous en faites des marottes et vous êtes à l’extrême droite …

Q - Là, on n’est pas dans la marotte ?

R - …et vous en faites l’obsession, soit vous en faites un tabou et donc vous n’en parlez jamais. Mais les Français, ils veulent quoi ? Ils veulent qu’on ait une stratégie, qu’on leur explique ce qu’on fait, pas leur dire que c’est un problème mais ils veulent savoir comment, face à une situation, on apporte des résultats et comment surtout on est organisé et qu’on leur dise ce qu’on fait.

Q - Amélie de Montchalin, justement sur la stratégie, Emmanuel Macron fixe un objectif très clair et très ferme dans Valeurs actuelles : « sortir tous les gens qui n’ont rien à faire là », cela fait partie des objectifs du gouvernement, 100%. Alors, on le sait, il y a souvent l’obstacle des laissez-passer consulaires pour les reconduites à la frontière, est-ce que vous avez avancé sur ces sujets-là ?

R - On a beaucoup avancé parce que depuis la loi, vous l’avez dit, la loi Collomb, la loi de 2018. On a augmenté de 44% sur les 9 premiers mois de l’année 2019 par rapport aux 9 premiers mois de 2018. On a augmenté de 44% le nombre de laissez-passer consulaires.

Q - Cela fait combien, le nombre de laissez-passer consulaires qui sont … ?

R - Un peu moins de 3.000. Qu’est-ce que cela veut dire, un laissez-passer consulaire ? Ce sont des procédures diplomatiques pour qu’une personne qui est en situation de devoir quitter le territoire ait des papiers pour pouvoir rejoindre son pays. Pourquoi c’est compliqué ? Parce que pendant des années, les pays d’origine nous disaient « pourquoi je devrais reconnaître un citoyen si vous me ramenez quelqu’un et je n’ai pas les moyens sur place de lui apporter ni les moyens de travailler ni les moyens de se former ? » Et donc notre politique, c’est du donnant-donnant : d’un côté, on travaille beaucoup plus en termes de coopération de développement. Vous savez qu’on va augmenter notre aide publique au développement pour l’amener à 0,55% du PIB, c’est un effort que la France n’a jamais fait. Mais on dit que cet effort-là pour aller travailler, dans certains pays, c’est les systèmes de santé, dans d’autres pays, c’est les systèmes d’éducation, dans d’autres pays, c’est les systè mes d’état civil, on accompagne les pays sur leurs besoins. Et de l’autre côté du coup, quand il y a des personnes qui doivent retourner dans ces pays, elles peuvent y retourner.

Q - C’est une conditionnalité ?

R - Ce n’est pas de la conditionnalité mais vous imaginez bien que pour ces pays, ils n’ont aucune envie de voir leur jeunesse partir. Ce n’est pas dans leur intérêt de voir leurs forces vives partir sans papiers de manière illégale en France. On a créé par exemple un système qui s’appelle Passeport Talent. Passeport Talent, c’est quelque chose qui permet de la mobilité sur une durée déterminée et qui fait que les gens viennent se former au travail en France et repartent apporter leurs compétences dans leur pays.

Q - Amélie de Montchalin, les annonces immigration après le débat, on les aura quand ? Cette semaine ? Mercredi ?

R - Mercredi, on a un conseil interministériel qui va justement permettre sur tout ce qui a été le coeur des débats à la fois à l’Assemblée nationale et au Sénat…

Q - On saura tout mercredi.

R - On l’a vu, les oppositions, la majorité ont fait des propositions. Donc le Premier ministre, avec les ministres concernés, pourra dire, dans les suggestions qui lui ont été faites, dans les propositions qui lui ont été faites, ce qu’il retient et qui nous permettent, là, de revenir au coeur d’une stratégie, d’expliquer ce qu’on veut faire : protéger le droit d’asile, avoir une attractivité ni plus ni moins que les autres pays européens, mais qu’il y ait des gens, si on veut qu’ils viennent, eh bien qu’ils puissent venir et d’avoir un effort accru sur l’intégration.

(…)

Q - Après le « fiasco Sylvie Goulard », je crois qu’on peut l’appeler comme ça, Thierry Breton est le nouveau candidat d’Emmanuel Macron pour la Commission européenne. Lui aussi va être soumis aux questions des députés européens et déjà la gauche européenne pointe le risque de conflit d’intérêts. Je rappelle qu’il était jusqu’à jeudi PDG du groupe informatique ATOS. Alors, il s’est engagé à céder ses actions s’il était nommé commissaire européen mais est-ce que vous êtes certaine que, cette fois, ça passera ? Et je rappelle qu’un mois avant l’audition de Sylvie Goulard, vous étiez certaine que ça passerait !

R - Alors, sur cette question et pour l’évacuer je pense assez vite, Thierry Breton a fait des choix très clairs et on peut dire même radicaux pour recréer la confiance nécessaire avec le Parlement européen qui, on le voit, doit être rebâtie. Pas juste parce qu’on a le candidat français mais parce qu’on a trois commissaires qui ont été sortis du processus, roumain, hongrois et donc candidat français. Il a fait des choix radicaux ; il a expliqué qu’effectivement, il allait vendre ses actions mais surtout, samedi - c’est passé un peu inaperçu -, il a annoncé qu’il avait renoncé …

Q - A tous ses mandats chez ATOS.

R - …à tous ses mandats, y compris non exécutifs avant même d’être désigné. Cela veut dire que très clairement, il se met dans une position où aujourd’hui, il n’a plus d’intérêt, il n’a plus de lien d’autorité ou de lien avec la compagnie et l’entreprise qu’il dirigeait. Ce qui est important pour moi, c’est, on mélange un peu deux choses : d’un côté, on a besoin de compétences au niveau européen.

Le portefeuille qui est le sien, c’est un portefeuille essentiel ; c’est le portefeuille de la souveraineté, c’est comment face à la Chine, face aux États-Unis, on peut créer des emplois, on peut définir nos règles, on peut construire une défense européenne, on peut, par exemple, sur les données personnelles des Français nous assurer que c’est des entreprises européennes qui s’occupent des données des Européens. Cela paraît simple à dire ; c’est beaucoup plus compliqué à faire parce qu’on sait les influences extérieures. On veut donc que ce soit quelqu’un de compétent qui connaisse ces sujets.

Ensuite, il n’a pas le portefeuille de la concurrence, il ne va pas arbitrer toute la journée entre telle entreprise ou telle autre. Son rôle à lui, c’est de faire grandir toutes les entreprises et donc il y a pas de favoritisme, il n’y a pas …C’est Margrethe Vestager qui est dans cette position là.

Q - Étant donné quand même l’étendue de son portefeuille parce qu’on rappelle quand même qu’il va devoir traiter de l’espace, du numérique, de la défense, de la culture, du marché intérieur, il va quand même …

R - Pas de la culture, de l’audiovisuel. Il y a une commissaire à la culture. Il s’occupe des enjeux …

Q - Mais sur tous ces sujets-là, il va quand même être obligé de se déporter un certain nombre de fois, est-ce que, pour vous, revoir l’étendue du portefeuille n’est pas un sujet ou est-ce que vous avez quand même des inquiétudes à ce niveau-là ?

R - Les règles de déport que vous citez, ce sont des règles très précises. C’est au cas où il ait, lui, à trancher sur des situations très spécifiques qui concerneraient les entreprises où il aurait travaillé, alors ce n’est pas lui qui prendrait la décision. Mais en fait, si vous regardez le contenu de son activité, ces situations sont très peu nombreuses. Si vous avez des appels à projets, par exemple, pour créer, je ne sais pas, un système européen de gestion des données personnelles et que l’entreprise qu’il dirigeait veut postuler, ce n’est pas lui qui choisit ; vous avez les comités d’experts indépendants qui allouent les fonds européens. Mais il peut très bien dire qu’il se déporte, mais le déport dont on parle, ce n’est pas de dire « il ne s’occupera de rien de ce qu’il connaît. », vous imaginez, sinon ! Cela veut dire que, quand on a des gens compétents, on s’occupe de faire en sorte qu’ils ne s’occupent pas de ce qu’ils savent faire et de ce qu’ils connaissent, c’e st complètement lunaire !

Donc la question du conflit d’intérêts : il y a les intérêts financiers - il a vendu ses actions -, il y a des intérêts de gouvernance - il a annoncé qu’il a quitté ses fonctions même non exécutives - et ensuite ce qui compte, c’est qu’il n’est pas dans une position où il aura à arbitrer entre les entreprises, il ne s’occupe pas de la concurrence.

Q - Donc Amélie de Montchalin, vous dites aux Européens « vous pouvez valider sa candidature, ça roulera parfaitement bien » ; est-ce que sur la mise en oeuvre de la Commission, vous êtes certaine qu’elle pourra être mise en place le 1er décembre comme il était prévu à la base très brièvement ?

R - Moi, je n’ai pas de certitudes parce qu’on sort quand même d’une crise politique européenne puisque entre le Conseil et la Commission et le Parlement, on ne peut pas dire que la confiance soit là. On est en train de la rebâtir. C’est pour cela que c’est très important que les candidats qui se présentent soient dans la clarté, voire même dans une forme de radicalité, c’est ce qu’a fait Thierry Breton dans ses annonces des derniers jours.

Ensuite, effectivement, cette confiance, elle est essentielle parce qu’elle n’est pas nécessaire juste pour nommer des commissaires. Elle est essentielle aussi pour qu’on puisse travailler, qu’on puisse avoir des résultats. Si la Commission de Mme Ursula von der Leyen présente des choses et que le Parlement continue …

Q - Donc on n’y est pas encore à la confiance, vous avez un doute sur le 1er décembre ? Le 1er décembre, on n’y est pas encore.

R - Je ne sais pas si cela peut être mis en oeuvre le 1er décembre, il faut que les trois candidats, il faut notamment que la Roumanie présente son candidat.

Q - Il y a une crise européenne.

R - Donc je n’ai pas de certitude.

Q - On parle de février même désormais !

R - Ce que je sais moi, c’est qu’il faut qu’on soit tous très conscients que, bien au-delà du débat de personnes, il y va de notre capacité à apporter des résultats aux citoyens européens. Qu’est-ce qu’ils ont fait pour les élections européennes, les citoyens européens ? Ils ont été plus voter que d’habitude et ils ont donné un signal clair qu’ils voulaient d’une Europe plus forte. Ils ont voté pour les Verts, ils veulent d’une Europe plus forte pour combattre le changement climatique et ils ont voté pour les progressistes dans des proportions nouvelles parce qu’ils veulent une Europe plus souveraine. Si on n’est pas capable de mettre ça sur la table concrètement mais l’Europe se diluera d’elle-même !

Donc cette confiance, on la rebâtit comment ? Avec des personnes de qualité, des personnes de compétences ; on la rebâtit en ayant un dialogue de fond qui revient au contenu du projet, pas juste aux bisbilles politiques ; et on s’assure effectivement que la mise en oeuvre puisse se faire rapidement.

Maintenant, ce n’est pas mon rôle aujourd’hui de vous dire les choses ; c’est Ursula von der Leyen, présidente de la Commission, qui a en charge cette équipe et effectivement, il faut que, notamment, la Roumanie puisse nommer un candidat.

Q - Amélie de Montchalin, parlons du Brexit qui donc n’a toujours pas eu lieu. Est-ce que la France et l’Europe sont seulement spectatrices des soubresauts de la politique intérieure britannique ou, en coulisse, vous avez un rôle, la France a un rôle, les Européens ont un rôle auprès des Britanniques pour le déclenchement des élections législatives qui sont donc prévues le 12 décembre ?

R - Ce qui est clair, c’est que depuis le mois d’avril, vous le savez, le président le dit d’ailleurs comme ça, on nous a présentés comme les durs de la bande. On nous a dit : les Français, c’est ceux qui toujours sont fermes, sont durs. Bon, ce n’est tout à fait ça qui se passe.

Depuis le mois d’avril, très clairement, le président de la République essaie de faire en sorte qu’on soit dans la clarté. Parce que derrière le Brexit, il y a surtout beaucoup d’incertitudes, il y a des millions de familles, il y a des millions d’entreprises qui aujourd’hui n’y voient plus clair. Et tout ce qu’on essaie de faire depuis le mois d’avril, c’est d’avoir des choses simples : d’avoir un accord sur la table, de pouvoir demander aux Britanniques de dire « oui » ou « non » et ensuite, d’avoir des échéances en temps qui soient claires.

Q - Vous êtes satisfaite du coup qu’il y ait des élections le 12 décembre ?

R - C’est pour cela qu’on s’était battu pour le 31 octobre et on a toujours dit qu’on ne repousserait cette date qu’à deux conditions : soit parce que les Britanniques avaient besoin d’un peu plus de temps pour dire « oui » ou « non » à l’accord ; soit parce qu’ils organisaient des élections.

Pourquoi cela nous paraissait important d’avoir des justifications ? Parce que vous aviez beaucoup d’Européens, et pas forcément des gens qui viennent parler à la radio, qui trouvaient ça très, très bien de leur donner du temps, du temps, 6 mois de plus, 9 mois de plus et que cela allait résoudre les choses. La conviction française sur ce sujet, c’est que pour résoudre des choses, il faut avoir des échéances rapprochées, le temps lui-même ne résoudra pas la question.

Aujourd’hui, se pose pour les Britanniques le moment d’une décision. Est-ce que oui ou non, ils veulent sortir de l’Union européenne comme le référendum l’a dit en 2016 ? Est-ce qu’ils veulent oui ou non de l’accord qui a été négocié maintenant pour une deuxième fois ? Et est-ce que oui ou non puisqu’ils n’arrivent pas à y parvenir, ils sont prêts à organiser des élections ?

Q - Mais justement parlons de ce qui va se passer, parlons du futur, parlons de ce qui arrive. Est-ce que, si le Parlement ne ratifie pas l’accord, est-ce que si Boris Johnson n’a pas de majorité, il faut, quoi qu’il arrive, qu’ils sortent cette fois à la fin du mois de janvier, quitte à ce qu’il y ait un « no deal » parce vous avez parlé d’incertitudes et ces incertitudes, elles perdurent depuis maintenant longtemps ?

R - Je peux vous dire qu’on a mis des conditions très fortes. Le 31 janvier n’est pas négociable ; l’accord sur la table n’est pas renégociable et donc effectivement, à un moment donné, des responsabilités devront être prises. C’est pour cela d’ailleurs que je conseille aux entreprises de continuer à se préparer. Le risque de « no deal » n’est pas écarté. Maintenant, la clarification démocratique, les élections qui sont en train de se préparer au Royaume-Uni vont permettre une chose qui n’a pas eu lieu depuis deux ans, c’est-à-dire qu’entre le peuple britannique, la composition du Parlement et donc le gouvernement, il y aura à nouveau un alignement. Pourquoi on est dans une impasse depuis maintenant deux ans et demi ?

Q - Parce que les planètes sont désalignées entre les différents acteurs !

R - Pour que l’on comprenne bien : parce que le peuple britannique a dit « on veut sortir de l’Union européenne », parce que Boris Johnson a été négocier un accord et parce que le Parlement nous dit « on n’en veut pas » et donc on est dans un triangle impossible où ces trois forces-là ne travaillent pas ensemble.

Donc les élections, cela va nous permettre de réaligner les choses : soit ils ratifient l’accord avant le 31 janvier, eh bien, c’est une sortie ordonnée, c’est ce pourquoi nous travaillons depuis maintenant des années, depuis deux ans et demi …

Q - N’empêche que pour les entreprises, c’est à nouveau un nouveau délai alors que vous disiez justement « il faut que ça soit le 31 octobre » parce qu’il faut qu’elles se préparent.

R - Oui mais ce n’est pas un délai comme certains voulaient, à savoir un délai sans conditions. Il y avait des gens autour de la table qui étaient prêts à nous faire repartir pour six mois.

Q - Mais il n’y a rien de plus démobilisateur pour une entreprise que de savoir que peut-être ça n’aura jamais lieu. Comment on se prépare ?

R - La préparation qu’on demande aux entreprises, ce n’est pas très compliqué au fond, c’est de demander un numéro, une affiliation pour pouvoir passer la fameuse frontière intelligente au cas où il y aurait des contrôles nouveaux. Une fois que vous avez fait la démarche une fois, vous avez fait la démarche une fois. Il y a un site …

Q - On sait que toutes les entreprises ne l’ont pas fait. La semaine dernière sur Europe 1, on évoquait le cas des 30.000 PME qui exportent vers le Royaume-Uni et seulement 10.000 avaient fait leur diagnostic sur le site de Bercy pour justement se former aux nouvelles modalités douanières.

R - C’est là où il faut qu’on prenne les trois mois qu’on a devant nous pour que ces entreprises …

Q - Finalement, c’est une bonne chose pour la France aussi ce nouveau report ?

R - Se préparer, c’est toujours une bonne chose et toutes les entreprises se préparent, qui ont plein de risques, qui ont des risques inondations, qui ont des risques sociaux, qui ont des risques politiques. Là, il y a un risque sur lequel il faut qu’elles se préparent, on va continuer de les accompagner sans être dans l’invective mais une entreprise, une fois qu’elle a fait les démarches, elle est prête à faire ces nouvelles procédures douanières s’il y a besoin.

Q - S’il y a besoin.

R - Donc, Brexit.gouv.fr, c’est un site qui non seulement donne de l’information mais surtout qui accompagne, on a mis en place toute une infrastructure administrative pour que, entreprise par entreprise, elles puissent poser des questions très spécifique sur leur secteur d’activité etc. Donc je ne peux qu’encourager les entreprises à continuer mais c’est un risque. Il est possible, et je pense que ce serait une bonne nouvelle pour tout le monde, que si nous avons un deal, eh bien, on ait une période de transition qui rende tout ça plus facile pour tout le monde, y compris aux entreprises. Et peut-être que ce sera inutile mais quand on est un chef d’entreprise responsable, la gestion des risques c’est aussi le coeur de son activité. Et donc cela tombe bien, on a un peu plus de temps. Mais ce qui est essentiel pour nous, c’est que ce temps, il est conditionné, il est justifié. Ce n’est pas du temps pour du temps.

Q - Le 31 janvier ou jamais. No deal ou deal, on verra, maintenant, la balle est dans le camp des Britanniques.

Q - Amélie de Montchalin, le chef de l’État arrive demain en Chine. Il ira à la foire des importations de Shanghai. Alors est-ce qu’il y a une vraie ouverture du marché chinois aux importations ou c’est surtout de l’affichage ?

R - Ce qui est important, c’est que le président n’y va pas seul ; il y va avec des chefs d’entreprise français comme c’est souvent la tradition, mais il y va surtout avec des Européens, avec des Allemands et il montre que ce n’est pas la France toute seule face à la Chine. C’est bien parce qu’on est des Européens, parce que nous représentons un continent, 500 millions de citoyens, que nous pouvons aller parler avec la Chine plus d’égal à égal. Vous imaginez bien que nous, tout seuls… On voit bien là l’importance et l’intérêt de l’Europe. Et donc il y va avec le commissaire européen à l’Agriculture qui sera le prochain commissaire allemand au commerce, il y va avec la ministre allemande de la recherche et de l’innovation et il y va avec des entreprises françaises, allemandes, européenne.

Q - C’est nécessaire de ne pas se présenter seul face à la puissance chinoise…

R - Je pense que les gens qui nous écoutent et qui nous regardent comprennent bien que si on veut ouvrir des marchés chinois, si on veut de la réciprocité, c’est bien parce que nous sommes des Européens que nous pouvons avoir ce dialogue-là. Cela montre aussi que, alors que certains prônent plutôt l’idée d’avoir une guerre commerciale, d’être dans l’affrontement, nous, nous avons nos principes, nous avons notre force et nous parlons ensemble. Et je pense que c’est comme quand Xi Jinping était venu à l’Élysée, qu’Angela Merkel et Jean-Claude Juncker étaient venus montrer que ce n’était pas seulement la France qui recevait le président chinois mais bien l’Europe, ce sont des moments qui nous permettent collectivement de bien prendre conscience de nos forces.

Q - On peut rééquilibrer nos relations commerciales avec la Chine ?

R - Bien sûr qu’on peut rééquilibrer ; là, le président va par exemple beaucoup parler d’agriculture, d’exportations agroalimentaires françaises et européennes vers la Chine ; c’est essentiel pour tous les agriculteurs…

Q - Il y a eu la levée de l’embargo l’an dernier sur la viande bovine mais visible, il n’y a encore que 21 entreprises françaises qui peuvent exporter leur viande en Chine…

R - Voilà et si vous regardez, dans la délégation, il y a énormément d’acteurs du monde agroalimentaire pour pouvoir nous assurer des débouchés et créer de la réciprocité.

Q - Si on vous comprend, Emmanuel Macron en Chine, finalement, sera un peu le porte-parole de l’Europe mais est-ce qu’il est en capacité de porter cette parole européenne parce qu’il a quand même subi sur le plan européen un certain nombre de revers. Donc est-ce qu’il a la capacité vraiment de porter cette parole haut et fort de l’Europe ?

R - Vous savez, cette petite musique de « la France est isolée en Europe », je crois que cela fait 40 ans que ça dure…

Q - Mais il a connu des revers, vous ne pouvez pas le nier… Et l’arrogance française aussi…

R - Alors plusieurs choses là-dessus : je ne crois pas que sur les sujets européens, le président soit très décalé de ce que pensent les Français et cela fait 30 ans que les Français veulent que sur la défense européenne, on fasse plus, que sur l’industrie européenne, on fasse plus, que sur le climat aujourd’hui ils nous demandent que l’Europe fasse beaucoup plus. Le sujet, c’est que ce serait très facile pour la France de dire oui à plein de choses et d’être dans un consensus mou. Cela fait d’ailleurs 30 ans que l’Europe déçoit les Européens parce que les Européens pensent que cette Europe ne va pas assez loin. Je peux vous dire, et c’est mon travail quotidien, que la France n’est pas seule ; elle a des alliés, sujet par sujet, ce n’est pas toujours les mêmes, ce n’est pas toujours la majorité pour le moment…

Q - C’est bien de reconnaître que ce n’est pas toujours la majorité...

R - Mais vous imaginez si j’étais devant vous et que je vous disais : voilà, en fait sur l’industrie, on va faire pas tout à fait ce qu’on pense, on va faire un peu moins mais comme ça on sera d’accord avec tout le monde ?! C’est normal que dans le système - et je pense que c’est sain - qu’on puisse avoir une ambition forte…

Q - Sur l’élargissement par exemple, elle est très seule pour dire non à l’Albanie…

R - Vous parlez d’élargissement ; on pourrait avoir trouvé une situation très simple ; on aurait dit d’accord dans la même journée, on n’est pas d’accord sur le budget, on n’est pas d’accord sur la souveraineté des affaires étrangères mais on est d’accord pour l’élargissement ! Moi je pense que le président a raison de dire qu’il faut qu’on soit cohérent : si on veut une Europe plus large, il faut qu’on soit aussi en capacité d’avoir une Europe plus forte.

Donc il y a des réformes qui doivent se poursuivre dans les pays candidats et les gouvernements le savent, ce n’est pas un scoop de vous le dire ici, il y a des réformes que doivent se faire au niveau de l’Union européenne mais vous ne pouvez pas, quand vous avez les 27 chefs d’État et de gouvernement autour d’une table, que certains vous disent « ah non non, sur le budget, on ne met pas beaucoup de moyens, sur les affaires étrangères et la défense, on ne met pas beaucoup de moyens » et qui vous disent deux heures après : « Par contre, ce qu’il faut, c’est qu’on s’étende ! ». Donc là aussi, on a une voix de cohérence. Et ce qui est intéressant, c’est qu’on veut revoir par exemple le processus d’élargissement. On a plein d’alliés et on n’était pas du tout, tout seuls. Après, cela arrange beaucoup de monde de dire : « C’est toujours la France » ! Sauf qu’on porte quand même un niveau d’ambition qui, je crois, correspond à ce que les citoyens européens nous demandent. Cela fait 30 ans que d’élection en élection, ils sont déçus. Alors on pourrait se dire : on fait comme d’habitude, on se met dans la masse, on va au plus petit dénominateur commun, comme ça, ça ne fait pas de vagues…

Q - Mais pour l’instant, ça ne porte pas forcément ses fruits.

R - Mais ce n’est pas vrai. La défense européenne… Cela fait 30 ans que les Français veulent, eux ils disent une armée européenne. Je ne suis pas sûre que ce soit tout à fait ce qu’on peut faire à court terme, mais ils ont cette idée que sur les sujets de défense, c’est peut-être bien qu’on travaille plus ensemble. Quand le président fait son discours à la Sorbonne, il dit : « Je vais lancer une initiative européenne d’intervention ». Tout le monde lui rit au nez ! On lui dit : « non mais ça, c’est illusoire, c’est complètement farfelu, vous n’y arriverez jamais, cela fait 30 ans qu’on essaie et qu’on ne réussit pas ». Bon. Le 14 juillet dernier, il y avait 10 chefs d’État et de gouvernement qui regardaient leurs armées de 10 pays différents, défiler ensemble. Le but, ce n’est pas de défiler ensemble, c’est de faire des choses ensemble, concrètes, d’aller se déployer ensemble dans des zones où on pense que l’Europe a besoin d’avoir une voix.

Q - Donc l’ambition reste la même, Emmanuel Macron ne veut pas faire autrement parce qu’il y a eu ce signal du Parlement européen contre Sylvie Goulard.

R - Il y a deux choses : le moment est différent ; il y a eu 2 ans pendant lesquels on n’avait pas de relais au Parlement puisque le groupe Renaissance n’existait pas et on était dans une fin de cycle institutionnel européen. Donc pendant 2 ans, le président a posé des jalons, a fixé des objectifs. Ensuite, aujourd’hui, on met en place une nouvelle organisation et on a en 2022 la présidence française de l’Union européenne. Donc on a 2 ans et demi devant nous pour - et c’est mon travail quotidien - aller chercher des alliés pour faire des majorités.

Q - Pour préparer et faire avancer les dossiers…

R - Et donc c’est avec les Allemands certes, mais c’est avec tous les autres pays parce qu’il y a des pays - les pays nordiques, sur le climat, ce sont des vrais alliés - l’Espagne et l’Italie sont des vrais alliés d’une Europe plus sociale ; et je pense que les Français - et d’ailleurs beaucoup de citoyens européens - ont bien envie qu’on fasse beaucoup plus sur l’Europe sociale, contre le dumping, contre la concurrence.

(…)

Q - Amélie de Montchalin, un soldat français est mort hier au Mali, le 25e depuis 2013 ; il s’agit de Ronan Pointeau qui a été victime d’un engin explosif ; action revendiquée par le groupe État islamique. Preuve supplémentaire que la lutte contre le terrorisme, évidemment, n’est pas terminée. La France doit rester engagée au Sahel ?

R - Je crois qu’elle doit rester engagée au Sahel. La première chose d’abord, c’est qu’il faut qu’on puisse remercier tous ces militaires qui sur le terrain prennent, au risque de leur vie, le risque de nous protéger. Et effectivement, la guerre contre le terrorisme, elle se passe dans plein d’endroits dans le monde, elle se passe notamment pour l’armée française, beaucoup en Afrique ; elle se passe avec les Européens sur place.

Q - Est-ce qu’on est assez soutenus par les Européens justement, Amélie de Montchalin ?

R - On est soutenus par les Européens ; est-ce qu’on est assez soutenus ? C’est pour cela qu’une partie de l’action, et de Florence Parly et de Jean-Yves Le Drian et de moi-même, c’est de nous assurer que cette coalition reste une coalition large. Vous savez que pendant le G7, on a aussi pris des initiatives pour renforcer cette coopération sécuritaire avec de nouveaux pays qui vont nous rejoindre.

Q - Mais la France aujourd’hui est quand même très seule au Sahel dans cette guerre. Est-ce que vous avez encore espoir de les convaincre de nous rejoindre davantage ?

R - L’Estonie vient de réengager un bataillon. L’Estonie, c’est un pays lointain qui, je pense, ne voit pas le terrorisme islamique comme nous l’avons, nous, vécu sur notre sol…

Q - Mais c’est très peu, vous le savez.

R - C’est pour cela qu’on veut créer une défense européenne, c’est pour cela qu’on crée tout notre agenda. Parce qu’on voit bien qu’il y a des menaces qui nous dépassent au niveau national, qui doivent être justement être abordées par des coalitions d’acteurs. Ce que je vois, moi, aussi, c’est que cette coalition internationale qu’on va réunir mi-novembre, dans quelques semaines, avec tous ceux qui luttent contre Daech depuis maintenant 5 ans, en Syrie et ailleurs, doit nous permettre de prendre conscience de la menace.

Q - Mais ce que vous dites quand même aujourd’hui, c’est que l’Europe, globalement, n’est pas suffisamment engagée.

R - C’est que nous cherchons à créer les conditions d’un engagement ; c’est pour cela qu’on a créé cette initiative européenne intervention ; c’est pour cela qu’on s’applique, avec des pays très variés qui sont parfois des petits pays et qui engagent beaucoup de forces dans ces combats, à créer les conditions que cette coalition reste une coalition large. Et c’est pour cela, je vous dis que, pendant le G7, on a également élargi les capacités d’engagement, que les pays qui n’ont pas forcément des militaires en nombre, puissent s’engager autrement à nos côtés et ça, c’est extrêmement important.

Ce que cela montre surtout, c’est qu’il ne faut pas être naïf : l’effort militaire, quand on augmente nos budgets militaires, certains viennent nous dire en France et ailleurs en Europe, que c’est parce qu’on est des va-t-en-guerre, qu’on n’est pas pour le pacifisme, on voit bien qu’aujourd’hui ce sont des moyens nécessaires et c’est aussi pour ça que c’est un combat européen. (…)

Q - Merci Amélie de Montchalin, d’avoir été avec nous./.

publié le 07/11/2019

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