La Résidence de France [en]

La Résidence de France à Londres, qui se situe au n°11 Kensington Palace Gardens, est une villa commanditée en 1852 et dont la construction fut achevé en 1854. Le Résidence a été conçue par le célèbre architecte britannique Sydney Smirk, particulièrement connu pour avoir réalisé la splendide Salle de Lecture du British Museum de Londres.

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Le Vestibule
En forme de T, le vestibule dont le sol fut revêtu en 1937 de marbre blanc et noir, présente une paire de tapisseries modernes de la manufacture nationale de Beauvais, dont l’une, qui date de 1990, ornait précédemment le grand escalier de la Cour des Comptes de Paris. Plusieurs bustes représentant des figures de la Rome antique, parmi lesquels plusieurs empereurs, sont posés sur des consoles d’époque Régence et Louis XV de part et d’autre du vestibule.

La bibliothèque
A droite du hall d’entrée, la bibliothèque est une pièce richement décorée qui comporte une amusante particularité : à côté de la cheminée, dans les étagères, les dos des livres sont simplement collés et dissimulent ainsi une porte secrète qui donne accès à la salle de bal. Un portrait du propriétaire de la fabrique Aubusson datant de 1807 ainsi qu’une vanité montrants des instruments de musique et des livres savants arborent les murs de la pièce et viennent compléter le mobilier de la bibliothèque, surtout de style Empire, qui est constitué d’un bureau en noyer, de chaises en acajou que l’on doit à François Jacob-Desmalter, l’ébéniste le plus en vogue sous le Premier Empire, et d’un fauteuil de bureau qui remonte sans doute au Consulat. Enfin, sur la cheminée une élégante pendule à colonnes d’époque Restauration complète l’ameublement.

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La grande salle à manger
Cette salle, qui se situe dans l’aile de la Résidence ajoutée dans les années 1890, est dominée par le Portrait de Louis XIV en costume de sacre. Il s’agit d’une copie du XIXe siècle d’après Hyacinthe Rigaud, réalisé en 1701 pour servir de cadeau pour le petit-fils du monarque, le futur Roi d’Espagne Philippe V. L’original se trouve actuellement au Louvre. Cette salle de la résidence comporte différentes décorations de table, telles que des consoles, des obélisques et des services provenant de la prestigieuse manufacture de Sèvres.

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La petite salle à manger
La petite salle à manger est destinée aux déjeuners de travail de l’Ambassadeur. Elle est décorée de boiseries de type Rocaille, copies réalisées à l’identique d’après des originaux du XVIIIe détruits lors de l’incendie de 1990. Les fauteuils donnant sur le jardin ont été réalisés par le célèbre menuisier royal de Marie Antoinette, Adrien-Pierre Dupain. Ces sièges, datant de 1870 sont caractéristiques du style de Louis XVI.

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Le grand salon dit « Salon Margot »
Le grand salon, jadis « Salon Jaune », s’appelle aujourd’hui « salon Margot » en hommage à Margot de Roquette-Buisson, décoratrice du ministère des Affaires Etrangères disparue en février 2012. Cette salle de réception de couleur beige et dorée est ornée de motifs de style Rocaille. A gauche en rentrant, on remarque un portrait en buste de François-René de Chateaubriand, copie d’un original peint en 1807 par un élève de David. Châteaubriand occupa le poste d’ambassadeur de France à Londres en 1822. A droite de la porte menant à la petite salle à manger, se trouve un tableau rond d’Emile Lambinet, élève de Jean-Baptiste Corot, et deux tableaux du peintre napolitain Michele Pagano de chaque côté de la porte principale. Sur la cheminée, on peut voir le buste en marbre d’un jeune aristocrate (et pas très loin de lui, un des tableaux les plus précieux de la résidence, peint par André Derain, l’un des fondateurs du fauvisme).

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La Salle de Bal
La salle de bal s’étend sur toute la profondeur de la maison, du jardin à la cour, et occupe l’extension d’un étage ajoutée au côté sud en 1873 pour José de Murrietta, qui abritait initialement une galerie d’art ainsi qu’une salle de bal. Cette magnifique salle a été entièrement rénovée en 2013 par le service d’architecture intérieure du ministère des Affaires étrangères, sous l’impulsion d’un ambassadeur et grâce au mécénat de la grande maison de luxe de française, Chanel. Ce programme comprenait aussi la restauration du hall d’entrée et du salon Margot. Elle accueille aujourd’hui des cérémonies, des galas et des réceptions, ainsi que des concerts, comme en témoigne le beau piano à queue de 1923, signé Erard, prestigieuse fabrique parisienne. Le mobilier de la salle est constitué de fauteuils, bergères, chaises et pliants d’époque Napoléon III. Les tapisseries qui ornent les murs proviennent de la célébrissime manufacture des Gobelins. Elles proviennent d’un ensemble de douze pièces, formant un calendrier. Celles-ci représentent les mois de février, un bal au Palais Royal, et mars, une scène de chasse au Château de Madrid. De part et d’autre de la porte ouvrant sur le grand salon, deux postes d’empereurs romains sont placés sur des commodes de style Louis XV. A gauche, Octave Auguste, fils adoptif de Jules César et à droite, Gordien III, entourés de deux célèbres tableaux d’Hubert Robert.

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Les jardins
Les jardins de la résidence française ont été conçus à l’origine par Lutyens au 19e siècle. Ils ont été récemment replantées en 2013 avec l’aide de la Worshipful Company of Fruiterers et du designer Gill Oliver, dont les jardins ont été présentés à la prestigieuse exposition florale de Chelsea, à Londres.

publié le 22/10/2019

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