La dépollution des sols par nos amis les champignons

Une équipe de chercheurs de l’Université de Dundee, en Ecosse, vient de publier les résultats d’une étude qui pourrait avoir des répercussions importantes pour l’environnement : certaines variétés de moisissures contenues dans les sols interagissent avec le plomb pour le transformer en sa forme minérale plus stable chloropyromorphite et pourraient donc faciliter la dépollution des sols contaminés en plomb.

Si le plomb est une substance relativement stable, il est tout de même considéré comme une substance polluante, quelle que soit sa forme chimique. Or, le plomb est un matériau industriel et structurel crucial dans nombre d’applications allant des peintures aux armes à feu, et la contamination des sols qui s’ensuit est un problème majeur au plan mondial. Plusieurs méthodes ont été envisagées et essayées pour limiter cette pollution, l’une d’elle consistant à ajouter du phosphore dans les sols contenant du plomb, car il permet l’incorporation de ce dernier sous sa forme minérale pyromorphite. Le problème de cette méthode est qu’elle est considérée principalement comme étant un phénomène non biologique.

L’étude à consisté à examiner et comparer des échantillons de plomb mis en présence, ou non, de moisissures. Dans le premier cas, la formation de chloropyromorphite était visible et mesurable après environ un mois, et la quantité continuait de croître avec le temps. Sans moisissures en revanche, aucune transformation du plomb n’était observable. Les mécanismes employés par ces moisissures semblent être leur capacité à produire des acides organiques, indispensables pour attaquer le plomb et libérer des complexes de plomb, qui peuvent alors réagir avec des sources de phosphores contenues dans les sols pour former la chloropyromorphite.

Ces résultats sont d’une grande importance géochimique, non seulement en termes du cycle du plomb dans l’environnement, mais également en relation avec le cycle du phosphate.


Sources :
- University of Dundee, Press release, 13/01/2012, http://redirectix.bulletins-electroniques.com/p4r01
- Current Biology, Vol. 22 [3], pp. 237-41, 12/01/2012, http://redirectix.bulletins-electroniques.com/wHDvf


Auteur :
- Dr Claire Mouchot

publié le 19/03/2012

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