> La réunion consultative du Traité sur l’Antarctique s’est tenue à Edimbourg - juin 2006

Du 12 au 23 juin 2006, environ trois cents scientifiques, conseillers politiques et juridiques originaires de 45 pays se sont retrouvés à Edimbourg à l’occasion de la réunion consultative du Traité sur l’Antarctique. Ce Traité est rentré en vigueur en 1961 : il a mis en suspens les revendications territoriales des signataires et désigné l’Antarctique comme territoire consacré à la paix et à la science. L’Antarctique présente d’ailleurs un intérêt scientifique considérable puisqu’il peut aider à l’étude de grandes questions, comme le changement climatique. Des travaux récents ont mis en évidence le rythme inquiétant auquel se produit la fonte régionale, à un rythme plus rapide que ce que pensaient les chercheurs. Mais la science réalisée au pôle ne se limite pas au changement climatique. Des créatures et des plantes vivant dans des conditions extrêmes en Antarctique peuvent donner des indications sur leur adaptation ; les sédiments polaires et les carottes glaciaires renseignent sur l’histoire de la terre ; les masses continentales polaires servent de plateforme pour l’astronomie et pour l’étude de l’espace à proximité de la terre, et tout spécialement des particules chargées qui causent les aurores et qui perturbent les satellites et l’alimentation électrique ; enfin, les océans et l’atmosphère polaire sont reliés à l’atmosphère et aux océans de la planète dans son ensemble.

Les discussions ont traité de l’amélioration de la collaboration scientifique dans le cadre de la quatrième Année Polaire Internationale (l’API qui débutera le 1er mars 2007), du tourisme durable, de la prospection biologique (ou bioprospection c’est-à-dire l’exploration des micro-organismes, des plantes et des animaux qui surviennent naturellement pour la collecte de ressources biochimiques et génétiques commercialement utiles) et de la gestion des effets du changement climatique sur l’environnement antarctique.

C’était la première fois depuis 1977 que le Royaume-Uni accueillait la réunion consultative. A cette occasion, scientifiques et décisionnaires ont signé la Déclaration Antarctique d’Edimbourg sur l’Année Polaire Internationale 2007/08. Les parties signataires du traité « expriment leur soutien pour une Année Polaire Internationale couronnée de succès. Elles pensent que la recherche scientifique menée durant l’API augmentera les connaissances sur l’Antarctique et amènera une meilleure compréhension des systèmes terrestres, océaniques et atmosphériques majeurs qui contrôlent la planète. Les régions polaires sont des baromètres sensibles au changement climatique, et [les parties signataires] en apprécient la biodiversité. Leur santé est vitale pour les systèmes de la terre et pour ses habitants ».

En conséquence, les signataires du traité s’engagent à :

  • apporter un soutien politique à l’API en soutenant ses objectifs, que ce soit nationalement ou internationalement ;
  • apporter autant de soutien financier que possible aux projets faisant partie du programme de l’API.

L’année polaire internationale
Lors de la conférence de presse qu’il a donnée à Edimbourg à l’occasion de la réunion, le professeur Rapley, directeur du British Antarctic Survey (BAS) et président du groupe de planification pour l’Année Polaire Internationale 2007/08, a rappelé l’historique et les objectifs de l’API.

La première API impliquait 11 nations entre 1881 et 1884 et s’est concentrée essentiellement sur l’Arctique. Elle fut suivie de la seconde édition en 1932/33 qui regroupait 44 nations et dont un des objectifs clés était l’étude du courant-jet récemment découvert. Une fois encore, l’Antarctique ne reçut qu’une attention limitée. Initialement intitulé 3e API , l’évènement qui se tint en 1957/58 fut rebaptisé Année Géophysique Internationale. Il regroupait 67 nations, 8 000 stations d’observation et 80 000 participants. L’Année Géophysique Internationale conduisit directement à la création du Comité Scientifique pour la Recherche Antarctique (le SCAR) qui reste à ce jour l’outil de coordination des activités des 28 nations activement impliquées dans la recherche antarctique. Il constitue également l’antécédent des programmes de recherche Changement Global du Partenariat pour l‘étude scientifique du système terrestre (ESSP), qui coordonne actuellement les activités d’environ 80 pays. L’Année Géophysique Internationale conduisit aussi au Traité sur l’Antarctique et aux réunions consultatives.

L’objet de l’API 2007/08 est de caractériser les régions polaires, y compris dans leurs aspects sociaux, dans un niveau de détail encore jamais atteint. Cette caractérisation devrait permettre d’éclairer les changements en cours, d’identifier les liens avec le reste de la planète et d’utiliser les régions polaires comme plateformes pour de nouvelles expériences scientifiques tout en associant le public tout autour de la planète.


Sources : Antarctic Consultative Treaty Meeting 2006, 12/06/06, 19/06/06, 20/06/06 et 21/06/06 ; British Antarctic Survey ; Traité sur l’Antarctique


Auteur : Dr Anne Prost

publié le 14/09/2006

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