Lancement réussi pour un nouveau télescope japonais co-financé par le Royaume-Uni

Le télescope spatial japonais ASTRO-F (surnommé Akari, lumière en japonais) a été lancé avec succès le 21 février 2006 par l’Agence japonaise d’exploration spatiale (JAXA) à partir du centre spatial d’Uchinoura. Des scientifiques britanniques, associés à des collègues hollandais, ont été fortement impliqués dans la conception du télescope. ASTRO-F est destiné à réaliser des cartographies de l’univers à des longueurs d’ondes situées dans l’infrarouge et l’infrarouge lointain. En effet, le télescope est équipé d’un imageur et d’un spectromètre en infrarouge lointain travaillant entre 50 et 180 microns et d’une caméra et d’un spectromètre infrarouges travaillant entre 1,7 et 26 microns. Dans ces domaines de longueurs d’onde, les astronomes peuvent observer le rayonnement thermique d’objets cachés dans des nuages de poussière cosmique. Si certaines longueurs d’onde situées dans l’infrarouge peuvent être observées de la terre, celles situées dans l’infrarouge lointain sont absorbées par l’atmosphère terrestre et ne peuvent être observées que de l’espace.

Il existe d’autres télescopes spatiaux travaillant dans l’infrarouge lointain mais ceux-ci ne sont pas capables de cartographier de grandes régions de l’espace. En réalité, ASTRO-F est le premier télescope capable de cartographier de grands domaines dans l’infrarouge proche et l’infrarouge lointain depuis la mission Infrared Astronomy Satellite (IRAS), datant de 1983 et issue d’une collaboration entre les Etats-Unis, le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Toutefois, ASTRO-F devrait présenter une sensibilité et une résolution spatiale améliorées par rapport à IRAS et ce pour une gamme de longueurs d’onde plus étendue.

La mission d’Akari est d’une grande importance pour l’astronomie car la plupart de la lumière émise dans l’univers l’a été dans la partie infrarouge du spectre : le télescope sera donc susceptible d’étudier un nombre considérable d’objets. Sa mission consistera alors en particulier à étudier certains objets parmi les plus rares dans l’univers, par exemple les flambées de formation d’étoiles (ou starbursts) observées dans les galaxies. Les données sur la naissance des étoiles, et sur les systèmes planétaires qui les accompagnent, fournies par ASTRO-F renseigneront les scientifiques sur la formation de notre système solaire.

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Lancement du télescope spatial ASTRO-F
Crédit : JAXA

Dans le cadre de leur participation à la mission ASTRO-F, les Pays-Bas et le Royaume-Uni ont mis sur pied un consortium qui regroupe la Open University, Imperial College, les Universités du Kent et de Sussex du côté britannique et l’Université de Groningen et le Netherlands Institute for Space Research du côté hollandais. Ce consortium a développé une partie du système d’analyse des données du télescope et travaillera également sur les résultats de la cartographie spatiale. En outre, l’Agence Spatiale Européenne (ESA) fournit la couverture par les stations au sol (pour le transfert des données entre le télescope et la terre) ainsi que la reconstruction de pointage du télescope (qui consiste à repérer la zone de l’espace vers laquelle pointe le télescope). En échange, l’ESA se voit attribuer 10 % du temps de pointage, ces moments durant lesquels le télescope se consacre à l’étude détaillée d’objets particuliers. Ces observations dédiées sont possibles durant les périodes de la mission qui ne sont pas consacrées à la cartographie ou bien lorsqu’ASTRO-F ne disposera plus d’hélium liquide. Ceci devrait se produire au bout de 550 jours de mission mais la caméra infrarouge du télescope devrait toutefois être capable de poursuivre ses observations après cette date. Des scientifiques de l’Université Nationale de Séoul (Corée) sont également parties prenantes dans le projet.

In fine, ASTRO-F devrait contribuer à la nouvelle génération de missions spatiales européennes dans les domaines infrarouges et submillimétriques (60 à 670 microns) : les télescopes Herschel et Planck qui devraient être lancés en 2007.


Sources : PPARC, 22/02/06 ; Researchresearch, 22/02/06 ; Japan Aerospace Exploration Agency, JAXA, 22/02/06


Auteur : Dr Anne Prost

publié le 09/07/2008

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