Le Prix Nobel de médecine 2007

Le prix Nobel de Médecine a récompensé le 8 octobre 2007 deux chercheurs américains, Mario Capecchi and Oliver Smithies, et leur collègue britannique Sir Martin Evans pour leurs travaux sur la modification génétique de gènes cibles chez la souris. Ces travaux ont été menés sur des cellules souches embryonnaires de souris isolées et mises en culture par ce dernier.

Les techniques d’ingénieries développées par ces scientifiques ont ainsi permis la création de souris transgéniques, connues sous le nom de KO (pour knock-out). L’objectif est d’interagir avec un gène cible dont on connaît la séquence d’ADN mais dont le rôle et/ou la fonction reste inconnus. La méthode de knock-out permet par exemple d’inactiver le gène cible de façon spatiale et/ou temporelle, prévenant ainsi la production de la protéine active : il est alors possible d’observer chez l’animal toute différence qui en résulte, aussi bien en terme de comportement que de maladie, et d’en déduire la fonction potentielle du gène en question. Les souris transgéniques ainsi créées offrent également un modèle animal sur lequel des médicaments et thérapies diverses peuvent être développées et testées.

Depuis leurs travaux à la fin des années 80, ce sont près de 10 000 gènes du génome de la souris qui ont été modifiés à travers le monde, dans divers domaines de la médecine. Des exemples de recherches pour lesquelles cette technique a été utile incluent les études et les modélisations de divers types de cancers, l’obésité, les maladies cardiaques, de Parkinson, le vieillissement, etc.

Sir Martin Evans a démarré une carrière sur le contrôle génétique du développement des êtres vertébrés et effectué son PhD à University College London dans le département d’Anatomie et d’Embryologie. Il a travaillé sur les changements du profil de l’ARN messager au cours de l’induction neurale chez le xénope, période au cours de laquelle il réalisa l’importance de pouvoir étudier l’embryon dans sa totalité. Ses recherches l’ont alors conduit à étudier le développement de tissus en culture, et il mit au point une technique permettant à des cellules souches cancéreuses de souris de conserver indéfiniment leur pouvoir de différentiation. En 1981, alors qu’il travaillait sur l’embryon de souris normal, il fut le premier au monde à démontrer l’existence de cellules souches chez ces embryons. De là est née l’idée de créer des mutations spécifiques dans le génome de ces cellules permettant des études fonctionnelles génomiques.
Sir Martin Evans fut à l’origine de la première thérapie génique capable de soigner les déficits existants dans la mucoviscidose, à partir d’un modèle de souris muté.

publié le 01/05/2009

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