> Le département de physique de l’Université de Reading menacé de fermeture - oct 2006

Après la chimie, c’est la physique qui fait la une des journaux britanniques puisque l’Université de Reading a annoncé fin septembre 2006 son intention de fermer son département de physique. Dans un communiqué public, le Senior Management Board (le comité de direction) de l’Université a proposé que le département cesse d’accueillir des étudiants après la rentrée 2006. Il a également recommandé que le département ferme ses portes au plus tard en juillet 2010. Selon le Board, le maintien et le renforcement du département de physique aurait nécessité des investissements d’un volume impossible à l’heure actuelle : « Reading, comme de nombreuses institutions [d’enseignement supérieur] doit diriger ses ressources qui sont limitées vers des domaines académiques compétitifs ». L’Université de Reading déclare soutenir des sujets vulnérables et stratégiquement importants mais les contraintes budgétaires actuelles l’empêchent de faire de même avec la physique. Le Board assure toutefois que l’enseignement et la recherche dans certains aspects de la physique garderont une présence significative à Reading, du fait des activités existantes en météorologie, en science de l’environnement, en science des sols, en ingénierie des systèmes, en archéologie, en nanosciences et en chimie physique. Les propositions du Board seront discutées par le Senate de l’université en octobre et par le Council qui aura lieu en novembre et au cours duquel une décision finale sera prise.

Le Senate, le Council et le Senior Management Board

Le Board est ici le Comité de direction de l’université. Il est composé du Vice-Chancelier et des responsables seniors de l’université. Le Senate est dirigé par le Vice-Chancelier et oriente les activités académiques de l’université. Le Council est le conseil d’administration de l’université. Il supervise le fonctionnement et assure la planification stratégique de l’université.

Il faut remarquer que le département de physique a reçu la note de 4 au dernier Research Assessment Exercise (RAE), l’exercice d’évaluation de la recherche publique au Royaume-Uni, sur une échelle de notes allant de 1 à 5*. Un certain nombre d’acteurs de l’enseignement supérieur britannique estime que la viabilité financière des départements de sciences dures présentant un fort caractère expérimental (physique ou chimie par exemple) ne peut être assurée si ces départements n’obtiennent pas une note 5 ou 5* au RAE et si les inscriptions des étudiants ne sont pas suffisantes. En effet, les financements de recherche attribués suite au RAE décroissent rapidement en fonction de la note obtenue et les financements pour l’enseignement sont calculés au pro rata du nombre d’étudiants inscrits.

L’annonce de l’Université de Reading a été, comme on peut s’y attendre, fortement critiquée par l’Institute of Physics (IoP), la société savante qui regroupe les physiciens du Royaume-Uni. Dans un communiqué publié immédiatement après l’annonce de l’Université de Reading, l’IoP dit regretter la fermeture du département de physique et déplorer que les financements suivent le nombre d’étudiants, faisant ainsi reposer l’avenir de la communauté scientifique britannique sur les choix universitaires de lycéens (le département de physique de Reading aurait pourvu 30 des 40 places proposées à la rentrée 2006). La société savante demande donc au gouvernement de revoir le système de financement des universités qui, selon elle, désavantage les sujets nécessitant des laboratoires, tout particulièrement la physique ; elle estime que si le gouvernement ne met pas en place des mesures à court terme pour soutenir la physique et d’autres matières vulnérables mais importantes pour l’économie du pays, on promet aux aspirants physiciens des options dont ils ne pourront pas disposer. Car, selon Robert Kirby-Harris, directeur général de l’IoP, « la physique n’est pas une discipline en déclin : le nombre d’étudiants inscrits en premier cycle universitaire a augmenté au cours des dernières années - toutefois pas autant que le nombre total d’étudiants ».

Senior Management Board (le comité de direction) de l’Université a proposé que le département cesse d’accueillir des étudiants après la rentrée 2006. Il a également recommandé que le département ferme ses portes au plus tard en juillet 2010. Selon le Board, le maintien et le renforcement du département de physique aurait nécessité des investissements d’un volume impossible à l’heure actuelle : « Reading, comme de nombreuses institutions [d’enseignement supérieur] doit diriger ses ressources qui sont limitées vers des domaines académiques compétitifs ». L’Université de Reading déclare soutenir des sujets vulnérables et stratégiquement importants mais les contraintes budgétaires actuelles l’empêchent de faire de même avec la physique. Le Board assure toutefois que l’enseignement et la recherche dans certains aspects de la physique garderont une présence significative à Reading, du fait des activités existantes en météorologie, en science de l’environnement, en science des sols, en ingénierie des systèmes, en archéologie, en nanosciences et en chimie physique. Les propositions du Board seront discutées par le Senate de l’université en octobre et par le Council qui aura lieu en novembre et au cours duquel une décision finale sera prise.

Les Centres for Excellence in Teaching and Learning (CETLs)

Les CETLs ont été créés par le gouvernement britannique, à travers le Higher Education Funding Council for England (HEFCE), afin de promouvoir le développement de l’innovation et des bonnes pratiques dans l’enseignement supérieur. Trois cent quinze millions de livres (environ 470 millions d’euros) financeront sur cinq ans 74 CETLs. L’Université de Leicester (dans le cadre d’un programme conjoint dirigé par l’Open University et incluant l’Université de Reading) accueille le seul centre dédié explicitement à la physique.

L’annonce de l’Université de Reading a précédé d’environ une semaine l’ouverture officielle du nouveau Physics Innovation Centre for Excellence in Teaching and Learning (piCETL) à l’Université de Leicester. Etabli en 2005 pour une durée de cinq ans, ce nouveau centre a pour objectif le développement de nouvelles idées pour l’enseignement et l’apprentissage de la physique et de l’astronomie. D’aucuns craignent que la fermeture du département de physique de l’Université de Reading prive ce centre d’une expertise clé.


Sources : The University of Reading, 28/09/06 ; The Institute of Physics, 29/09/06 ; Centre for Excellence in Innovative Physics Teaching, University of Leicester ; University of Leicester, Press Release, 2/10/06 ; The Guardian, 11/10/06


Auteur : Dr Anne Prost

publié le 24/01/2007

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