Le gouvernement réaffirme son soutien au développement de véhicules propres

Dans un rapport préparé à l’intention des investisseurs, la banque HSBC prévoit que le secteur des véhicules sobres en carbone va connaître une croissance très significative d’ici à 2020. En effet, les analystes estiment qu’au cours de l’année 2020 seront vendues dans le monde entier 8,65 millions de voitures électriques et 9,23 millions de voitures hybrides, contre respectivement 5.000 et 657.000 en 2009.

Le gouvernement du Royaume-Uni est conscient de l’enjeu que représente ce marché pour l’économie du pays et de la nécessité d’adopter massivement ce type de véhicule pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Il a donc décidé, malgré le contexte budgétaire tendu, de confirmer son soutien à l’industrie automobile bas carbone et au développement des technologies associées.

Ainsi, avant la fin de la revue générale des dépenses publiques, le gouvernement a annoncé la mise en place d’une mesure de soutien à l’achat de véhicules propres. Ainsi, à partir de janvier 2011, chaque acheteur d’une automobile électrique, hybride "plug-in" ou alimentée par une pile à combustible, qu’il soit un particulier ou une entreprise, verra le prix de son acquisition réduit de 25%, la réduction étant plafonnée à 5.000 £. Pour être éligibles à cette aide gouvernementale, les véhicules devront être conformes à un ensemble de critères :
- type de véhicule : seules les automobiles sont concernées, les fourgons et les motocyclettes sont exclus du programme ;
- émissions de dioxyde de carbone : elles doivent être inférieures à 120 g/mile ;
- autonomie : au moins 70 miles pour les véhicules électriques, au moins 10 miles en mode tout électrique pour les véhicules hybride "plug-in" [1] ;
- vitesse maximum : au moins 60 mph ;
- garantie des équipements, sécurité des systèmes électriques et sécurité en cas de choc.

Cette mesure incitative se poursuivra jusqu’en mars 2012 puis sera modifiée selon les décisions qui auront été prises en janvier 2012 en prenant en compte l’état du marché à cette date. Le budget provisionné pour ce système de prime à l’achat jusqu’en mars 2012 s’élève à 43 M£. Pour Mark Prisk, le secrétaire d’état aux affaires et à l’entreprise, cette incitation aidera le Royaume-Uni à devenir l’un des principaux acteurs de la conception, du développement, et de la fabrication de véhicules très faiblement émetteurs de carbone.

Le second témoin de la détermination du gouvernement est l’attribution de 24 M£ à six projets innovants dans le domaine des véhicules propres. Fruits de la collaboration entre de grands constructeurs automobiles implantés au Royaume-Uni, des fournisseurs et des universités, ces projets couvrent un large éventail de voies possibles pour développer des modes de transport plus propres. Ils sont susceptibles de faire progresser le pays dans l’ensemble des domaines de l’industrie automobile bas carbone. Les différents consortiums récompensés l’ont été à la suite d’un concours organisé conjointement par le Technology Strategy Board (TSB, conseil pour la stratégie technologique), le Department for Business, Innovation and Skills (BIS, ministère des entreprises, de l’innovation et des compétences) et l’Office for Low Emission Vehicles (OLEV, agence pour les véhicules à basses émissions). Ces consortiums sont les suivants.

=> Hybrid Integrated Urban Commercial Vehicle

Mené par le constructeur Dennis Eagle, ce projet a pour but de développer un véhicule hybride de collection des déchets destiné à être utilisé dans un environnement urbain. Il permettrait de diviser par deux la quantité de dioxyde de carbone émise pour une même masse de déchets ramassée et transportée. Un autre objectif est de faire en sorte que les technologies et les composants utilisés proviennent du Royaume-Uni.

=> VIPER - Vehicle Integated Powertrain Energy Recovery

Jaguar Land Rover et ses partenaires, parmi lesquels l’université de Nottingham et l’Imperial College London, cherchent à récupérer l’énergie perdue en chaleur par les moteurs à combustion interne actuels. Les technologies développées par ce projet pourraient permettre de diminuer les émissions de dioxyde de carbone de 4,5% sur un large éventail de véhicules avant 2020.

=> REEVolution - Evolution of REEV Technologies

Les entreprises qui composent le consortium collaborent pour concevoir de nouvelles chaînes de transmission électriques et mieux comprendre comment assurer la commercialisation des Range Extended Electric Vehicles (REEV, véhicules électriques à autonomie étendue) [1]. Par ailleurs, REEVolution a vocation à soutenir le développement de quelques fournisseurs britanniques émergents grâce au soutien de Jaguar Land Rover, de Lotus Cars et de Nissan Motor Company.

=> Lightweight Ultra Low Emissions Delivery Van

Le but de ce projet est de produire deux prototypes de fourgons électriques, équipés d’un moteur diesel pour augmenter leur autonomie, destinés à trouver leur place dans des flottes commerciales comme celles du Royal Mail. En s’appuyant sur des petites et moyennes entreprises britanniques à vocation technologique et sur des fournisseurs basés au Royaume-Uni, ce projet pourrait entraîner la création d’une chaîne de production locale susceptible de fabriquer 10.000 véhicules utilitaires par an à partir de 2014.

=> CREO - CO2 Reduction through Emissions Optimisation

De nombreuses entreprises et universités se sont rassemblées autour de Ford pour concentrer leur travail sur l’amélioration du contrôle des émissions en repensant l’ensemble composé du moteur et du pot catalytique. L’objectif est de diminuer de 4% les émissions de CO2 d’ici à 2015 avec un important impact possible puisque Ford fabrique plus de 2 millions de moteurs par an sur le sol britannique et que Johnson Matthey, qui fournit les pots catalytiques, fait partie du consortium.

=> AluMatCom - Aluminium Matrix Composite Materials for Vehicle Weight Reduction

Ce dernier lauréat se penche sur l’utilisation de fibres textiles destinées à renforcer la résistance des pièces moulées en aluminium. L’objectif est de cumuler la faible masse de celui-ci avec la résistance et la raideur de l’acier. L’utilisation de tels matériaux composites mécaniquement viables pour des applications automobiles permettrait évidemment de réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre en allégeant les véhicules. Tous les maillons de la chaîne de production, des constructeurs automobiles jusqu’aux spécialistes des fibres textiles ou du moulage, sont là encore impliqués dans le projet.

A la lumière des descriptions des projets lauréats, le soutien financier du gouvernement semble avoir été attribué à partir de deux préoccupations. La première était celle d’impliquer à chaque fois de nombreux acteurs couvrant l’intégralité des métiers nécessaires au bon déroulement du projet et à l’éventuel déploiement sur le marché de la solution technique produite. La seconde préoccupation était de ménager des voies diverses dont les échéances temporelles sont différentes pour que le Royaume-Uni soit capable, au fur et à mesure des avancées technologiques, de développer son industrie automobile bas carbone. C’est cette double approche, conjuguée aux incitations à l’achat de véhicules propres évoquées plus haut, qui permet au ministre des transports, Philip Hammond, d’espérer que l’investissement du gouvernement sera fructueux pour l’économie et l’environnement de son pays.

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Office for Low Emission Vehicles

L’OLEV est un organisme regroupant des membres du Department for Business, Innovation and Skills (ministère des entreprises, de l’innovation et des compétences), du Department of Energy and Climate Change (ministère de l’énergie et du changement climatique) et du Department for Transport (ministère des transports) ainsi que des personnalités du monde industriel. Il travaille en partenariat avec les collectivités locales et l’industrie à la définition des politiques concernant les véhicules propres. L’action de l’OLEV vise à placer le Royaume-Uni à la pointe des phases de développement, de démonstration, de fabrication et d’utilisation des véhicules très faiblement émetteurs de carbone au bénéfice de l’économie et de l’environnement britanniques.

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[1] Les véhicules hybrides de type "plug-in" permettent la recharge de la batterie en branchant le véhicule sur le réseau électrique. Sur la plupart des véhicules hybrides commercialisés aujourd’hui, la recharge se fait uniquement à l’aide du moteur thermique embarqué qui entraîne l’arbre du générateur électrique.

[2] Les REEV sont des véhicules dont la propulsion se fait en permanence par un moteur électrique, mais qui embarquent un moteur conventionnel pour recharger la batterie et donc augmenter leur autonomie.


Sources :
- Technology Strategy Board, 16/09/10, http://redirectix.bulletins-electroniques.com/WKNNB
- Low Carbon Vehicle Partnership, 06/09/10, http://redirectix.bulletins-electroniques.com/cSTzC
- Department for Transport, 16/09/10, http://redirectix.bulletins-electroniques.com/uBh3I
- Department for Transport, 28/07/2010, http://redirectix.bulletins-electroniques.com/zpn4g


Auteur : Joël Constant

publié le 15/11/2010

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