Le gouvernement se dote d’un nouveau conseiller scientifique en chef

Le Cabinet Secretary, Sir Jeremy Heywood, a annoncé le 28 juin 2012 la nomination de Sir Mark Walport en tant que nouveau conseiller scientifique en chef du gouvernement (GCSA, Government Chief Scientific Adviser), succédant ainsi à Sir John Beddington. Actuellement directeur du Wellcome Trust, Sir Mark a été sélectionné selon un processus de compétition ouverte et prendra son poste en avril 2013. Selon le Cabinet Secretary "Mark Walport a d’ores et déjà conseillé le gouvernement à plusieurs reprises en sa qualité de membre du Conseil pour la Science et la Technologie (CST) et il est par conséquent bien placé pour continuer à offrir le meilleur conseil scientifique au Premier Ministre et autres membres du Cabinet."

Si la fonction première du GSCA est de conseiller le Premier Ministre et le Cabinet ainsi que de diriger GO-Science, le rôle a pris de plus en plus d’importance au fil des ans et le GCSA se voit également dorénavant à la tête d’un réseau de 22 conseillers scientifiques dans tout Whitehall. La communication de preuves scientifiques et la discussion des incertitudes, avec les médias et le public, fait également partie intégrante des attributions du GCSA.

Si la nomination de Sir Mark est généralement applaudie, Sir Paul Nurse, président de la Royal Society commentant qu’il "est la bonne personne pour cet emploi", elle n’en reste pas moins un choix inhabituel pour certains, et ceci pour plusieurs raisons. Les précédents GCSA venaient directement du monde académique, dans lequel ils avaient bâti une certaine réputation et étaient respectés, critères essentiels pour, en temps de crise, pouvoir faire appel à la meilleure expertise académique possible. Immunologiste, Mark Walport a quant à lui passé la dernière décennie fortement impliqué dans des questions de stratégie, politique, et financement, et il semblerait, aux dires de certains, qu’il soit plus craint qu’admiré dans les cercles de la recherche.

Par ailleurs, bien que sa position de directeur du Wellcome Trust, seconde plus riche charity médicale après la fondation Bil et Melinda Gates, lui ait permis d’acquérir une connaissance en profondeur et une capacité d’influence au sein de Whitehall, Mark Walport n’a pas évolué dans le secteur public pendant de nombreuses années. Il a dirigé une charity si importante que lorsqu’un précédent gouvernement conservateur a décidé d’effectuer des coupes budgétaires en termes de financement de la recherche, le Trust a pris l’initiative de financer lui-même des infrastructures.

Enfin, une autre particularité : Sir Mark Walport a des points de vue très arrêtés sur un certain nombre de sujets. Il est ainsi un fervent défenseur de la notion de publication en libre accès, et un partisan de l’idée selon laquelle le financement de la recherche doit être proportionnel à l’excellence des chercheurs. Sur le premier point, il est en accord avec la plupart des chercheurs. Sur le second en revanche, il devra jouer la carte de la persuasion s’il souhaite que le principe d’excellence soit formellement et largement appliqué au financement des chercheurs en plus du financement des projets.

Si le directeur d’une riche charity occupe une position forte lui permettant d’effectuer des changements quant aux décisions de financement de la recherche, un GCSA, par comparaison, ne peut pas obtenir des résultats de la même façon, en particulier à l’heure où la majorité des ministères se sont dotés de leur propre conseiller scientifique en chef. Un appel à candidature pour la succession de Mark Walport à la tête du Wellcome Trust est paru dans The Economist du 27 juillet 2012.

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Eléments de biographie

- Né à Londres en 1953
- Etudes universitaires à l’université de Cambridge (BA 1974, MB Bchir 1977, PhD 1986) et à l’école médicale de l’hôpital du Middlesex
- Après une formation en tant que docteur junior à Hammersmith, Guy’s and the Brompton Hospitals, il retourne à Cambridge en tant que MRC (Medical Research Council) Training fellow dans l’unité Mechanisms in Tumour Immunity
- Chef de la section rhumatologie à la Royal Postgraduate Medical School d’Hammersmith depuis 1985
- Nommé chef de la division de médecine à Imperial College of Science, Technology and Medicine en 1997. Ses intérêts de recherche portent sur l’immunologie et la génétique des maladies rhumatologiques
- Membre du Scientific Coordinating Committee of the Arthritis Research Campaign (1992-2000) et du Council of the British Society for Rheumatology (1989-1995)
- Vice-Doyen de la Royal Postgraduate Medical School (1994-1997)
- Directeur de recherche et développement au sein du Hammersmith Hospitals Trust (1994-1998), et chairman du Hammersmith and Queen Charlotte’s Hospitals Research Ethics Committee (1990-1994)
- Récipiendaire du prix Roche rhumatologie en 1991 et du Graham Bull Prize in Clinical Science (Royal College of Physicians) en 1996.
- Directeur du Wellcome Trust depuis 2003

Sources :

- New Government Chief Scientific Adviser, Cabinet Office, 28 juin 2012, http://redirectix.bulletins-electroniques.com/vp8zU
- Unusual choice, Mark Walport doesn’t fit the CSA mould, Research Fortnight, 11 juillet 2012
- New chief scientific adviser announced, Times Higher Education, 29 juin 2012
- The Economist, 27 juillet 2012, http://jobs.economist.com/job/2746/director/

Rédacteurs :

Maggy Heintz

publié le 06/12/2012

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