Les alliances de l’avenir faites d’os et de métal précieux ? - sept 2005

Jusqu’aujourd’hui, les époux s’échangeaient, au moment du mariage, des alliances d’un métal précieux choisies avec attention dans une bijouterie. Il serait possible que cette tradition soit modifiée à l’avenir : en effet, une collaboration entre chercheurs de l’Université « King’s College London », designers du « Royal College of Art » et le conseil de recherche « Engineering and Physical Sciences Research Council » (EPSRC) va permettre à de futurs couples de partager plus que des promesses ; ils auront la possibilité de porter une alliance composée du tissu osseux de leur partenaire.

Le projet, nommé « Biojewellery » utilise de petits disques de titane (métal bio-compatible), traités puis recouverts d’un agent bioactif capable de mimer la structure du matériel osseux. Le tissu osseux est extrait de la mâchoire (les dents de sagesses semblent être le matériau primaire idéal) et les cellules extraites préparées et déposées sur cette grille bioactive dont le rôle est d’encourager la division cellulaire selon une forme prédéterminée. Suite à la croissance et la multiplication des cellules déposées, la grille est progressivement remplacée par le tissu osseux nouvellement formé. C’est à ce moment-là (au bout de 6 à 10 semaines) qu’interviennent les designers du « Royal College of Art » ; en consultation avec le couple ayant donné le tissu osseux, ils dessineront les alliances désirées qui seront alors composées d’une combinaison des cellules et des métaux précieux traditionnels choisis par le couple.

Le projet a démarré en 2003 lorsque Tonny Dunne et Fiona Raby, responsable du cours « Interaction Design » au « Royal College of Art » encouragèrent les étudiants à créer des objets provocants destinés à générer un débat global relatif à la perception des bénéfices et des problèmes associés aux avancées biotechnologiques. L’idée est née lorsqu’ils ont appris que les scientifiques pouvaient faire croître du tissu osseux en dehors du corps humain à des fins de transplantation pour ainsi éviter les problèmes de rejets du patient. Tonny Dunne et Fiona Raby ont alors voulu adapter cette technologie à un acte familier, expérimenté et vécu par de larges groupes de la population. En cela, ils ont souhaité déclencher un nouveau débat qui ne concerne pas les histoires fantastiques ou menaçantes dues à l’utilisation des nouvelles biotechnologies mais sur l’intégration de ces nouvelles technologies dans notre vie de tous les jours. Selon eux, l’intérêt réside davantage dans la compréhension de l’utilisation des inventions et innovations technologiques par les besoins et les désirs humains que dans le produit en lui-même.

Le projet, spécialement financé pour augmenter l’attention et la connaissance du public concernant les innovations d’ingénierie biologique, entre dans la section « public awareness » des financements de l’EPSRC. Le projet sera débattu en septembre 2005 au « Dana Centre », lieu rattaché au musée des sciences de Londres dont l’objectif est de disséminer la culture scientifique contemporaine à l’aide de débats innovants. Une exposition se déplacera également entre les différents hôpitaux de « King’s College London ».


Sources : King’s College London, www.kcl.ac.uk, Royal College of Art, www.interaction.rca.ac.uk/alumni/01-03/tobie/projects/20/statement.pdf

publié le 17/11/2008

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