Les bienfaits des brassicacées pour la santé

1. Le brocoli maintiendrait un environnement intestinal sain...

Les résultats d’une étude scientifique récente menée par des chercheurs au Royaume-Uni montrent que la consommation de légumes verts de la famille des crucifères (ou brassicacées) aurait la capacité d’influencer directement les défenses immunitaires et de maintenir un environnement intestinal sain. Les résultats de cette étude, publiée dans le journal périodique Cell, pourraient ainsi permettre d’améliorer la compréhension des mécanismes menant aux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, et à plus long terme de pouvoir proposer des traitements adéquats.

Menée chez un modèle animal de souris, l’étude a comparé deux groupes d’animaux recevant une alimentation, pauvre ou riche en légumes de la famille des brassicacées, respectivement. Les scientifiques ont observé que les animaux du premier groupe développaient rapidement une carence en globules blancs spécialisés qui tapissent l’intérieur de l’intestin, connues sous le nom de lymphocytes intra-épithéliaux (IEL). Ces cellules immunitaires agissent comme première ligne de défense contre les infections et favorisent la cicatrisation à la suite de lésions ou d’inflammation. Les résultats se sont montrés tellement convaincants que les chercheurs eux-mêmes furent surpris de constater une corrélation apparemment directe entre le nombre de ces cellules IEL et le régime alimentaire. Cette corrélation pourrait s’expliquer par la présence du récepteur Aryl Hydrocarbon Receptor (AhR), généralement en grande quantité à la surface des cellules IEL. En effet, une déficience du récepteur AhR à la surface des IEL, (que cette déficience soit d’origine génétique ou due à des raisons diététiques), compromettait non seulement leur survie mais perturbait l’équilibre de l’environnement intestinal en termes de composition microbiale. A terme, cette déficience conduisait à un renforcement de l’activation immunitaire et à des lésions de l’épithélium intestinal.

Les implications de l’immunité intestinale ne sont actuellement pas bien connues, mais les scientifiques ayant mené cette étude espèrent que cela suscitera de l’intérêt de la part des spécialistes de l’immunologie et de la communauté médicale, car les observations cliniques faites chez les souris ayant un régime alimentaire faible en légumes crucifères étaient similaires à celles des patients atteints de maladie inflammatoire chronique de l’intestin.

2. ... et le "super brocoli" combattrait certaines formes de cancers

Ces connaissances viennent s’ajouter à d’autres plus anciennes ayant démontré que la consommation de légumes de la famille des brassicacées réduisait les risques de certaines formes de cancers. A cette fin, les scientifiques britanniques, qui travaillaient depuis près de deux décennies à développer une nouvelle lignée de brocoli à l’aide de techniques de croisements conventionnels, ont produit ce qu’ils ont nommé le "super brocoli" qui contient deux à trois fois plus de la protéine glucoraphanine que le brocoli standard. Lors de la digestion, la glucoraphanine est convertie en sulforaphane, un facteur réduisant les risques de maladies cardiaques, venant contrecarrer certaines formes de cancers et renforcer les taux d’enzymes anti-oxydant du corps (qui protègent les cellules et l’ADN et favorise un vieillissement en bonne santé). Le "super brocoli" est en vente dans plusieurs chaînes de supermarchés au Royaume-Uni depuis novembre 2011.

Ces études ont été financées par le Biotechnologies and Biological Sciences Research Council (BBSRC, conseil de recherche pour les biotechnologies et les sciences biologiques) et le Medical Research Council (MRC, Conseil pour la recherche médicale).

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Cancer, gènes et brocoli

Des études menées au Royaume-Uni depuis plusieurs années montrent que la consommation de légumes crucifères, et en particulier le brocoli, aide à réduire les risques de certaines formes de cancers. Ces études ont notamment montré que les individus ne possédant pas le gène GSTM1 (environ 50% de la population) présentent une protection plus faible contre ces cancers que les individus porteurs du gène. GSTM1 serait responsable de la synthèse de la protéine sulforaphane dans le corps, aujourd’hui disponible en plus grande quantité dans le "super brocoli" créé au laboratoire, et qui pourrait donc pallier cette carence génétique.

Les légumes de la famille des crucifères sont, outre le brocoli, le chou, le chou-fleur, les choux de Bruxelles, le cresson et la roquette. Le chou chinois et le panais en sont très proches.


Sources :
- BBSRC Business, Winter 2012, p. 10, http://redirectix.bulletins-electroniques.com/PnFEw
- Y. Li et al., Cell, Vol 147 [3], pp. 629-40, 13/10/2011, Abstract, http://www.cell.com/abstract/S0092-8674%2811%2901136-6


Auteur : Dr Claire Mouchot

publié le 19/03/2012

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