Mercredi 30 août - Iran, Royaume-Uni/Gordon Brown

A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE

30 août 2006

- Iran : Les pays occidentaux doivent accepter de négocier sans conditions, lettre du Président du Sénégal, Abdoulaye Wade, au FINANCIAL TIMES

Les occidentaux qui fixent des conditions à toute négociation avec l’Iran doivent changer d’approche. De mes discussions cet été à Téhéran avec l’ayatollah Khameni et le Président Ahmadinejab, je suis revenu convaincu que si les pays occidentaux sont prêts à renoncer à leurs demandes, l’Iran acceptera non seulement de tenir des négociations mais aussi de discuter de la suspension de son programme d’enrichissement. Les dirigeants iraniens demandent seulement qu’en plus de la Troïka européenne (France, Allemagne, Royaume-Uni), la Russie, et la Chine, les négociations soient élargies aux Etats-Unis et à trois autres membres d’Afrique, Asie et Amérique Latine. On pourrait envisager une approche en cinq étapes : l’Iran réaffirmerait clairement que toutes ses activités nucléaires sont strictement destinées à des fins civiles et pacifiques ; les Etats-Unis accepteraient de se joindre à un groupe international pour un dialogue face à face ; un intermédiaire mènerait les consultations pour la formation de ce groupe ; il fixerait une date et une heure pour la rencontre ; il interviendrait à l’ouverture de la session pour fixer les règles, le processus de décision et le mécanisme de mise en œuvre. Le comprends les craintes des Américains sur les ambitions de l’Iran, mais rien ne montre que la diplomatie du bâton peut marcher avec le régime de Téhéran. L’instabilité augmente au Proche Orient. Les négociations pourraient être lancées rapidement. Qu’aurions nous à perdre ?

- Royaume-Uni : Brown ne doit pas oublier l’économie, éditorial, FINANCIAL TIMES

Lorsque mouraient les empereurs romains, les généraux ambitieux ramenaient leurs armées à Rome et laissaient ainsi les frontières sans protection. Le changement de pouvoir au sein du Labour ne risque pas d’être aussi sanglant, mais M. Brown qui est quasiment assuré de succéder à Tony Blair court le danger de perdre de vue ce qui reste sa principale responsabilité, l’économie du Royaume-Uni. Les priorités présentées hier (dans une contribution au FT) par le Chancelier de l’Echiquier sont sensées, mais elles n’ont rien de nouveau. M. Brown devrait pourtant préparer un programme solide, notamment en matière de réforme de la fiscalité ou des services publics. Il devrait être prêt à offrir avec davantage d’enthousiasme la possibilité d’un choix des écoles ou des hôpitaux financés avec des fonds publics. Ce n’est pas tant une action en soi que l’on demande au Chancelier de l’Echiquier, mais une volonté d’innovation qui préparera la voie à son successeur. Le futur Premier Ministre ne doit pas oublier que tous les empereurs ont besoin de bons généraux.

publié le 30/08/2006

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