Mise en oeuvre du plan "Sciences du vivant 2010"

Bien que datant de janvier 2010, la publication par l’Office for Life Sciences (OLS, Bureau pour les sciences du vivant) de la mise en oeuvre du plan pour les sciences du vivant nous a semblé importante pour être rapportée dans ses grandes lignes. A noter que les engagements annoncés ne s’appliquent pas automatiquement à l’ensemble des quatre régions dévoluées du Royaume-Uni, et qu’elles s’appliquent parfois uniquement à l’Angleterre.

Cette publication vient souligner les progrès qui ont été faits depuis la création de l’OLS en janvier 2009 (voir encadré en fin d’article) pour assurer que le Royaume-Uni maintienne son statut dans le groupe de tête de l’industrie à l’échelle internationale. En collaboration avec l’industrie, le secteur de l’enseignement supérieur, le National Health Service (NHS, service national pour la santé) et le gouvernement au sens large, l’OLS avait publié en juillet 2009 une liste de points importants à développer. Le présent rapport reprend ces points, indiquant les progrès effectués au cours de l’année. A noter que le nouveau gouvernement de coalition à donné le feu vert à l’OLS, qui sera donc épargné des nombreuses réformes auquel le pays fait face dans les années à venir. Toutes les mesures présentées ci-dessus ne seront en revanche pas forcément maintenues.

1. Le UK Life Sciences Super Cluster

Cette pépinière vise à relancer la collaboration et le leadership dans le secteur de la recherche translationnelle, en impliquant l’industrie, le NHS et le secteur universitaire. Une étude pilote, démarrée début 2010 et financée à hauteur de 1 M£ ciblera ainsi la recherche dans les domaines de l’immunologie et de l’inflammation, en se focalisant en particulier sur les pathologies telles que l’asthme et l’arthrite rhumatoïde. L’identification des premiers participants universitaires, industriels et du NHS arrive à son terme et le pilote devrait démarrer rapidement.

2. La Patent Box

Pour répondre à une compétition internationale toujours plus difficile eu égard aux régimes de taxation favorables sur les revenus dérivant de la propriété intellectuelle et des brevets, la taxe corporative sera réduite à 10% à partir d’avril 2013. Cette réduction est une mesure d’incitation à l’investissement par les entreprises innovantes, visant ainsi à attirer davantage d’entreprises sur le territoire britannique.

3. Le RegenMed Programme

Géré par le Technology Strategy Board (TSB, conseil pour la stratégie technologique) et fort d’un investissement de 21,5 M£, ce programme viendra soutenir une industrie britannique de la médecine régénérative en plein essor grâce à un comité de conseil d’experts venant de l’industrie et du monde universitaire. L’objectif est de trouver la meilleure manière d’accélérer la recherche translationnelle et les succès commerciaux, tout en s’assurant la participation de tous les acteurs du domaine. Les appels à proposition sont spécifiquement destinés à des projets menés par le secteur industriel, et non universitaire.

4. L’innovation Pass

Après évaluation par le NICE (National Institute for Health and Clinical Excellence, Institut national pour la santé et l’excellence clinique)1, la majorité des nouveaux produits thérapeutiques sont acceptés et intégrés dans le NHS. Cependant, pour certaines nouvelles thérapies ayant le potentiel d’améliorer la qualité de vie de petits groupes de patients, les données d’efficacité sont trop limitées, en partie en raison du petit nombre de patients touchés. Cette initiative vise donc à permettre un accès accéléré à des nouvelles thérapies ayant déjà obtenu une licence d’exploitation, mais non encore évaluées par le NICE. Il s’agit d’un programme sur trois ans, qui s’appliquera à certains médicaments spécifiques, et financés à hauteur de 25 M£ pour l’année 2010-2011.

5. Le NHS Life Sciences Innovation Delivery Board

Cette commission a été mise en place pour, d’une part, renforcer les relations entre l’industrie et le NHS, et, d’autre part, accélérer l’intégration de technologies médicales et produits thérapeutiques innovants au sein du NHS, et ayant été évalués et recommandés par le NICE comme présentant un bon rendement coût/efficacité. Financé par le ministère de la santé britannique dans sa première année, son financement devra être revu pour les années suivantes.

6. L’Industry and Higher Education Forum

Le forum permettra aux personnalités des mondes industriel, universitaire et du secteur public qui le composent de se mettre d’accord sur le curriculum des cours que devront suivre les étudiants en licence. Il aura pour rôle de s’assurer que les étudiants ayant obtenu une licence possèdent les compétences et les connaissances nécessaires au démarrage d’une carrière en sciences du vivant.

7. L’Accreditation model for undergraduate biological sciences degrees

Le gouvernement britannique a commissionné la Society of Biology (Société de Biologie) de mettre en oeuvre un modèle d’accréditation de licences en sciences biologiques. Cette initiative a pour objectif d’assurer que les étudiants sortant de licence aient les compétences et connaissances en mathématiques et biologie nécessaires pour démarrer une carrière en sciences biologiques. A plus long terme, cela devrait également relancer la population des actifs scientifiques qualifiés et ainsi redonner un avantage compétitif au Royaume-Uni par rapport aux autres nations. Une étude pilote démarrera à l’année scolaire 2010-11.

8. Le Life Sciences Business and Leadership Programme

Ce programme vise à aider les dirigeants d’entreprises à développer leurs compétences d’entreprenariat. En réponse à un financement public de ce programme, le gouvernement, a demandé que l’industrie propose un modèle de sponsoring. Le programme pilote ciblera initialement les compagnies de biotechnologies médicales, avant d’être étendu aux compagnies médicales de technologies et de biotechnologies industrielles.

9. Le UK Innovation Investment Fund

Les sociétés innovantes et de hautes technologies ont des difficultés croissantes à sécuriser des fonds de capital risque, menaçant une atrophie sur le moyen ou long terme de la R&D fortement innovante. Pour ces raisons, le gouvernement a créé le UK Innovation Investment Fund destiné spécifiquement aux petites (et croissantes) entreprises, incluant les start-up et les spin-out. Les managers de ce fonds de fonds sont en poste et ont déjà levé 175 M£, venant s’ajouter aux 150 M£ apportés par le gouvernement britannique : l’objectif initial a été largement dépassé.

10. Le Marketing Programme

Ce programme national a pour objectif de promouvoir les sciences du vivant au Royaume-Uni, attirer des investissements étrangers et redorer le blason du Royaume-Uni à l’étranger. Pour cela, le UKTI (United Kingdom Trade and Investment, équivalent d’Invest in France et Ubifrance réunis) a accru ses activités de marketing au cours de cette dernière année pour redorer la réputation du Royaume-Uni et construire une marque "UK Lifes sciences" à l’étranger. Parmi les activités entreprises, notons par exemple un programme de visites ministérielles coordonné à l’étranger et une augmentation de la présence du Royaume-Uni dans les événements internationaux d’envergure.

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Office for Life Sciences

Créé en janvier 2009 par le premier ministre, l’OLS illustre l’importance que le gouvernement britannique donne aux sciences du vivant au Royaume-Uni et rend compte de la nécessité, selon le gouvernement, de faire davantage pour soutenir ce secteur d’excellence.

Le bureau pour les sciences du vivant a pour rôle de mettre en oeuvre des actions visant à améliorer la collaboration entre l’industrie et le secteur universitaire, renforcer les partenariats entre l’industrie et le NHS, bénéficier aux patients, et favoriser un environnement florissant pour les biotechnologies médicales, l’industrie pharmaceutique, les technologies médicales et les entreprises de diagnostic au Royaume-Uni.

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Les sciences du vivant au Royaume-Uni en quelques chiffres

Ce secteur emploie environ 120.000 personnes et atteint 4,6 M£ d’investissements en R&D.

=> Le secteur pharmaceutique
Secteur de prédilection du Royaume-Uni, il compte 600 entreprises pour un total de ventes de près de 16 Md£, ce qui représente environ 4% de toutes les ventes internationales, et 14% des ventes européennes. Le secteur emploie 67.000 personnes et a investi 4,3 Md£ sur le territoire (chiffres 2008), ce qui correspond à un quart de l’ensemble des dépenses privées de R&D, tous domaines confondus.

=> Le secteur des biotechnologies médicales
780 entreprises présentent un chiffre d’affaires global de 4,2 Md£, soit 9% du chiffre d’affaire mondial ou 30% du chiffres d’affaire européen. Le secteur emploie 24.000 personnes, ce qui correspond à un quart du total européen.

=> Le secteur des technologies médicales
Fort d’environ 28.000 entreprises, la majorité étant des PME, le secteur emploie 52.000 personnes et génère près de 11 Md£ de chiffre d’affaires. De plus, près de 25% de l’ensemble des entreprises de technologies médicales européennes sont basées au Royaume-Uni.

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1. NICE : voir "Actualités scientifiques au Royaume-Uni" d’avril 2008, p. 12


Sources :
- Office for Life Sciences, janvier 2010 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/Q2KtH


Auteur : Dr Claire Mouchot

publié le 26/10/2010

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