Nouveauté dans la reconstruction du visage

Une collaboration entre scientifiques et chirurgiens britanniques (Université de Nottingham) et russes (Institut du laser et des technologies de l’information à Troitsk) a permis le développement d’un implant révolutionnaire pour reconstruire des visages d’enfants blessés dans des accidents ou nés avec de sérieux défauts physiques. Il s’agit d’une substance similaire à un polymère creux présentant une structure en nid d’abeille qui se lie de façon rapide avec le tissu osseux sans causer de réactions secondaires. Des essais cliniques sont en cours à Moscou, où cette substance a été utilisée chez environ 50 enfants âgés de 18 mois à 18 ans. Parmi ceux-ci, on peut citer un bébé de 18 mois ayant subi une opération sur une tumeur de la mâchoire, laissant ainsi un vide à combler dans l’os de la mâchoire.

Lorsqu’un enfant vient en consultation, les scientifiques de l’hôpital d’enfants Saint Vladimir à Moscou utilisent des images obtenues par rayons X et par tomographie pour créer, en trois dimensions et par stéréolithographie, des moules plastique de la zone du visage endommagée. La zone externe de l’implant est initialement « dessinée » par un faisceau laser qui laisse une couche fine de polymère, et ce procédé est répété des centaines de fois jusqu’à ce que le modèle soit terminé. Bien que les modèles jusqu’à présent n’ait été faits que pour des mâchoires ou des déformations de la tête, le procédé pourrait s’adapter à toute partie du squelette. Ces modèles solides permettent aux chirurgiens de préparer l’opération de façon précise avant même d’avoir à utiliser le scapel.

Ces implants, appelés « PolyHap », sont légers, résistants, flexibles et peu onéreux, apportant une alternative très intéressante aux implants en titane que l’on utilise actuellement. Le succès de « Polyhap » vient de l’introduction d’un minéral, l’hydroxyapatite, qui rend le polymère très résistant et accepté par le tissu osseux. La collaboration entre les scientifiques a également permis d’augmenter la porosité (très importante pour permettre à la croissance de l’os de s’effectuer), et de conserver le polymère « propre », dénué de toxines en utilisant du gaz carbonique à haute pression.

Selon le Professeur Howdle de l’Université de Nottingham, il est vital d’obtenir une précision extrême pour ce type d’opération puisque chacune est unique et que le patient est en droit d’attendre un remplacement qui lui convient au mieux physiquement. Selon le professeur Vitali Roginsky, chirurgien à Moscou, l’utilisation de ces implants permet de travailler de façon beaucoup plus rapide et efficace, et il est plus facile de réajuster une forme, ce qui permet aux chirurgiens faisant l’opération une plus grande flexibilité.

Il est tout à fait possible que le besoin survienne de remplacer le « PolyHap » chez des enfants en phase de croissance. Pour cette raison, les chercheurs développent une version biodégradable de ce polymère, qui laisserait progressivement la place à l’os en croissance. Il s’agit de faire que le polymère se dissolve lentement mais uniquement en surface, en laissant la substance bioactive centrale intacte.

Ces résultats, décrits dans le journal « Advanced Materials », ont pu être développé grâce au financement du projet par le Wellcome Trust, la plus grosse fondation britannique finançant la recherche médicale.


Source : e4engineering, News stories, 12/01/05, www.e4engineering.com

publié le 18/11/2008

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