Nouvelle technologie de détection précoce de cancers communs

Un consortium international, mené par une équipe de chercheurs basée à l’Université de Newcastle, a été sélectionné par la commission européenne en décembre 2005 pour développer de nouveaux biosenseurs et sera subventionné à hauteur de 12 millions de livres (environ 17,5 millions d’euros). La technologie, qui n’est pas nouvelle puisqu’elle est déjà utilisée dans d’autres secteurs, repose sur la production de microgyroscopes, aujourd’hui standards dans les équipements de nombreux appareils capables de détecter le mouvement, depuis la navigation jusqu’aux airbags de voitures. La technologie devra cependant être adaptée pour une utilisation dans des essais cliniques, en particulier pour étudier la faisabilité d’un diagnostic précoce de certains cancers.

Les gyroscopes produits à l’heure actuelle présentent un diamètre inférieur à un dixième de millimètre et peuvent vibrer électroniquement selon deux modes distincts. Ils sont composés d’une couche de silicone revêtue d’une couche de protéine ou d’un profile ADN donné servant de support sur lequel les protéines produites par la maladie, appelées marqueurs et qui n’existent pas dans le tissu sain, peuvent venir se lier de façon spécifique. Un marqueur attaché à la surface du disque crée un déséquilibre de la masse de celui-ci et le contraint à changer de fréquence de vibration. Cette différence dans la fréquence de vibration révèle ainsi la présence d’un marqueur à la surface du disque et peut être détectée, permettant de l’identifier.

L’objectif est de produire des appareils assez petits pour être tenus en main et offrant la capacité de collecter des échantillons biologiques (sang, frottis ou biopsies variées). Les tests, rapides et précis, menés sur ces échantillons pourraient permettre de diagnostiquer de façon précoce certains cancers communs, parmi lesquels les cancers du sein, du col de l’utérus, du colon ou encore du rectum. L’un des avantages majeurs d’une telle technologie adaptée au diagnostic biomédical serait l’accélération de celui-ci, et par conséquent l’augmentation des chances de survie des patients. Par ailleurs, un tel appareil pourrait être développé de façon à pouvoir « conseiller » le praticien hospitalier quant au meilleur traitement à délivrer au patient. A moyen ou long terme, les auteurs estiment que cette technologie pourrait se diversifier et permettre le diagnostic d’un large éventail de maladies, depuis la détection d’agents bactériens habituels à celle d’agents dérivant d’armes chimiques ou biologiques. Elle pourrait ainsi devenir un système de prévention d’attaques terroristes.

La recherche initiale a été financée par le programme LINK mis en place par le Department of Trade and Industry (DTI, ministère du commerce et de l’industrie) et le Biotechnology and Biological Sciences Research Council (BBSRC). Le consortium a été lancé officiellement en décembre 2005, et implique 11 PMEs, trois grandes entreprises et 4 centres de recherche clinique répartis dans 11 pays : Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas, Espagne, Belgique, Irlande, Suisse, Italie, Norvège, Suède et Australie.


Auteur : Dr Claire Mouchot

Source : Université de Newcastle, Press release, 22/12/05, www.ncl.ac.uk

publié le 18/11/2008

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