"Plan pour la croissance" : santé, sciences du vivant et espace

Le Plan for Growth (Plan pour la croissance) du gouvernement britannique, publié en parallèle du budget le 23 mars 2011, annonce des mesures concrètes visant à ce que le pays retrouve la voie d’un développement économique durable. Parmi les mesures annoncées couvrant 8 thématiques - manufacture avancée, santé et sciences du vivant, industries créatives et numériques, services d’entreprises et professionnels, vente au détail, BTP, espace et tourisme - vous trouverez ici les mesures annoncées ayant un rapport à la R&D : santé et sciences du vivant et espace.

Le secteur de la santé et des sciences du vivant

Le National Health Service (NHS, Service de santé britannique) et le système d’aide sociale contribuent largement à l’économie du pays, notamment en favorisant la santé et le bien-être, ce qui conduit à une augmentation de l’activité économique (mesurée par le PIB). De plus, le NHS est le premier acheteur de produits et services de santé, représentant ainsi un acteur incontournable et indispensable à l’activité économique des entreprises du secteur des sciences du vivant.

Ce secteur compte plus de 100.000 employés, majoritairement hautement qualifiés, et investit largement en R&D (plus de 28% de l’ensemble des investissements effectués par les entreprises britanniques). Le secteur de l’aide sociale, quant à lui, représente 24 M£ et emploie plus de 1,5 millions de personnes, près des deux-tiers étant en contact direct avec les patients. En raison de réformes successives au cours de ces 20 dernières années, les strates réglementaires et de gouvernance se sont accumulées. Le Royaume-Uni fait aujourd’hui face à un secteur inégal et complexe où règne la confusion eu égard aux normes de conformité venant s’appliquer aux différents types de recherche. C’est le constat fait par l’Academy of Medical Sciences (AMS, Académie des sciences médicales), qui, fin 2010, demandait une révision de la directive sur les essais cliniques pour garantir des critères réglementaires proportionnels aux risques encourus. L’AMS a tiré le signal d’alarme après avoir constaté que le recrutement de patients au Royaume-Uni pour les essais cliniques a sérieusement chuté entre 2000 et 2006 (de 6 à 2% de la proportion mondiale).

Malgré le nombre d’étudiants en sciences du vivant (près de 30.000 dans les filières de Licence en 2008-09, soit près de 10% de l’ensemble des étudiants en sciences et ingénierie à ce niveau), les employeurs semblent préférer recruter à l’étranger (près d’un tiers du personnel). Parmi les raisons avancées, on compte le manque d’expertise dans les cursus nécessitant des études in vivo et les lacunes importantes en travaux pratiques et en mathématiques dans les études au Royaume-Uni. Les mêmes problèmes sont également rencontrés dans le secteur de l’aide sociale.

Les mesures annoncées sont répertoriées en 16 points, ci-dessous.

1. Créer une nouvelle agence de réglementation pour rationaliser les autorisations actuellement disséminées à travers plusieurs organismes agréés et améliorer le ratio coût/efficacité des essais cliniques. Les financements alloués par le National Institute for Health Research (NIHR, Institut national pour la recherche en santé) dépendront à l’avenir d’un certain nombre de critères d’efficacité : en particulier, le temps de recrutement du premier patient dans un essai clinique ne devra pas dépasser 70 jours.

2. Réduire la perception que le Royaume-Uni est désavantagé en matière d’essais cliniques en raison de la législation nationale qui vient s’ajouter à la directive européenne ; accroître la proportionnalité de la directive européenne sur les essais cliniques sur le territoire britannique ; influencer la révision de celle-ci.

3. Impliquer davantage le grand public en rendant l’information concernant les essais cliniques plus transparente.

4. Arriver à un consensus pour l’utilisation des dossiers médicaux électroniques dans le but de faire du Royaume-Uni une place de choix pour la recherche en santé.

5. Faciliter et promouvoir les collaborations et l’innovation en augmentant la transparence des résultats de recherche.

6. Discuter la possibilité de rendre les prescriptions médicales transparentes et accessibles pour la recherche.

7. Créer de nouveaux partenariats de recherche translationnelle dans les centres et unités de recherche biomédicales du NIHR, à partir d’un investissement déjà annoncé de 775 M euros.

8. Lever les obstacles à la création de clusters géographiques, en coopération avec l’industrie, les autorités locales, les universités, le NHS et les financeurs.

9. Lancer un nouvel appel d’offres pour la création d’un Technology and Innovation Centre (TIC, Centre technologique et d’innovation) pour la thérapie cellulaire.

10. Former les futurs employés selon les besoins de l’industrie en remodelant les cursus universitaires grâce à une coopération des secteurs de l’enseignement supérieur et de l’industrie concernée.

11. Garantir que le système de propriété intellectuelle soutienne les entreprises de sciences du vivant.

12. Encourager l’innovation dans les achats/acquisitions du NHS ; améliorer et simplifier les formulaires des appels d’offres.

13. Publier un rapport visant à recommander la meilleure manière d’accélérer l’adoption et la dissémination des innovations au sein du NHS.

14. Mettre en place une série de mesures pour améliorer l’adoption des technologies d’assistance de vie.

15. Lever les mesures réglementaires non destinées au secteur de l’aide sociale afin de favoriser la souplesse des services offerts.

16. Mettre en place un service d’entreprenariat proactif "NHS Global" pour promouvoir la marque NHS à l’international et offrir soutien et conseils aux sociétés fiduciaires du NHS (NHS Trusts).

Le secteur de l’espace

L’industrie mondiale de l’espace, dont la croissance est estimée à près de 5% par an au cours des 20 prochaines années, pèse environ 160 Md£. Cette industrie profite, de façon directe ou indirecte, à de nombreux secteurs. Par exemple, les infrastructures sont utilisées à des fins commerciales (télécommunications, diffusion directe, etc.), par des systèmes de sécurité ou de défense, et à des applications dans les domaines de lutte contre le changement climatique ou la gestion des approvisionnements alimentaires ou d’énergie.

Ce secteur devrait se développer d’une part en raison de la demande croissante d’e-connectivité, de communications mobiles et du secteur de l’audiovisuel, en particulier les télévisions HD et 3D, et, d’autre part, car il est de plus en plus utilisé pour soutenir la politique nationale (politique internationale, anti-terroriste, etc.). On estime que le marché de l’Internet pourrait atteindre 25 à 30 Md£ d’ici 2030 et le marché du contrôle environnemental et des données de sécurité passer de 100 à 300 Md£ entre 2010 et 2030.

Le gouvernement britannique estime que le Royaume-Uni possède les compétences variées et nécessaires pour obtenir une part importante et avantageuse de ces marchés, notamment dans le domaine des satellites et des services, mais aussi au sein des collaborations internationales. Pour gagner ces marchés, il sera nécessaire d’avoir la réglementation adaptée et des questions spécifiques doivent être traitées pour que le Royaume-Uni puisse jouer dans la même cour que les grands acteurs internationaux du secteur. Cinq mesures ont été annoncées.

17. Réformer la législation sur l’espace extra-atmosphérique (datant de 1986) en introduisant une limite supérieure à la responsabilité des opérateurs britanniques, en ligne avec les critères mis en place par d’autres nations.

18. Se rapprocher des autorités de réglementations internationales pour définir de nouvelles réglementations sur les nouveaux véhicules spatiaux et offrant un accès à l’espace à faible coût ; faire du Royaume-Uni la localisation de choix pour le tourisme spatial.

19. Améliorer les conseils donnés à l’industrie britannique eu égard à la réglementation des aspects sécuritaires en matière de transactions à l’export.

20. Travailler en collaboration avec l’Ofcom (Autorité indépendante de la réglementation de la compétition pour l’industrie britannique de communication) pour garantir à l’industrie britannique un accès total et équitable des créneaux de satellites limités.

21. Apporter 10 M£ de financements (déjà annoncés) pour accélérer le développement du International Space Innovation Centre (ISIC, Centre international pour l’innovation dans l’espace) sur le site du campus d’Harwell.


Sources :
Plan for Growth, Ministère des Finances, 23/03/11, http://cdn.hm-treasury.gov.uk/2011budget_growth.pdf


Auteur : Dr Claire Mouchot

publié le 16/05/2011

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