Plusieurs millions de livres pour la recherche sur les matériaux adsorbants le CO2

Un programme de recherche, dirigé par l’Université de Nottingham, a été lancé afin de développer des matériaux capables, d’une part, d’adsorber de fortes quantités de CO2, et, d’autre part, de résister à un environnement chargé en gaz de combustion dont la température est comprise entre 40 °C et 75 °C, comme par exemple dans une cheminée de centrale électrique.
Les chercheurs et ingénieurs de l’Université de Nottingham cherchent en effet à modifier chimiquement la surface de certains types de matériaux dans le but de renforcer leur capacité à adsorber le CO2. Si leurs travaux s’avéraient concluants, cela permettrait d’éviter le recours au captage du CO2 en post combustion, technique fortement chimique qui consiste à capturer le carbone après sa combustion, donc quand il est dilué dans les fumées. Ce procédé se fait au moyen de solvants chimiques, comme les amines ou l’ammoniaque, qui sont ensuite régénérés. Cette technologie, utilisée dans l’industrie gazière pour extraire le CO2 dans le gaz naturel, peut s’intégrer aux centrales électrique à combustion fossile existantes, mais pénalise lourdement leur rentabilité énergétique.
Ce projet sera financé à hauteur de 1,6 million de livres par la société E.ON et le conseil de recherche Engineering and Physical Sciences Research Council (EPSRC, conseil de recherche pour les sciences physiques et de l’ingénieur) qui travaillent ensemble à promouvoir de nouvelles technologies permettant de capter et de stocker les émissions de CO2 issues de centrales électriques à combustibles fossiles.
Le Dr Trevor Drage de l’Université de Nottingham, chef de file du programme, affirme que son équipe de recherche se penchera sur trois types de matériaux poreux adsorbants : les micro-polymères, les hydrotalcites et les matériaux hybrides. Il ajoute que ceux-ci seront élaborés par l’Université de Nottingham et ses partenaires universitaires, à savoir : University College London (UCL), l’Université de Liverpool et l’Université de Birmingham.
Toujours selon le Dr Drage, le prochain défi sera de concevoir des processus de fonctionnement cyclique permettant par exemple de régénérer et de déplacer de manière efficace les matériaux solides absorbants saturés en CO2. L’équipe de chercheurs devra donc trouver le moyen le plus efficace d’intégrer les matériaux dans la centrale électrique afin de faciliter leur récupération.
La régénération des matériaux absorbants serait d’un grand intérêt économique, étant donné qu’elle faciliterait leur recyclage. La dite régénération consisterait essentiellement en la désorption du CO2 adsorbé, ce qui permettrait de rétablir le pouvoir d’adsorption des matériaux.
Les premiers tests en laboratoire se feront par simulation multi-échelle. Toutefois, le groupe de recherche espère pouvoir utiliser de véritables gaz de combustion.
Les premiers résultats de ce projet sont attendus dans quatre ans. D’ici là, le Dr Trevor Drage espère que son équipe aura démontré l’efficacité des procédés et matériaux solides absorbants dans le processus de capture du CO2 issu des centrales électriques à combustibles fossiles.■


Sources :
- The Engineer, 4/06/2009
- http://www.umpguingamp.org


Auteur : Mickaël Haustant

publié le 21/01/2010

haut de la page