Premier entretien du nouveau directeur de l’AHRC dans le Guardian

Dans le Guardian du 18 octobre 2005 la journaliste Linda Nordling publie un long entretien avec Philip Esler, le nouveau directeur du Arts and Humanities Research Council (AHRC). Au 1er septembre, Philip Esler a succédé à Geoffrey Crossick qui avait quitté ses fonctions en avril, au moment où ce qui était jusque là un Board est devenu un conseil de recherche à part entière.

Professeur de théologie à l’université de Saint Andrews, Philip Esler reconnaît avoir une connaissance limitée du monde des conseils de recherche, mais, comme il ressort de l’entretien publié par le Guardian, ses ambitions pour l’AHRC sont grandes. L’AHRC est en relation étroite et donc en concurrence directe avec les autres conseils, tous en charge des sciences dites « dures ». Un des points sur lesquels P. Esler insiste le plus est la nécessité d’imposer une autre conception de la science, plus large, capable d’englober aussi les sciences humaines et les arts. Par ailleurs, il souligne la part très importante des activités générées par les sciences humaines et les arts dans l’économie, point crucial dans son argumentaire pour obtenir que son conseil soit plus largement doté dans l’avenir. P. Esler désire en effet augmenter le nombre de bourses attribuées par l’AHRC aux étudiants et aux chercheurs, qu’il juge jusqu’à présent très insuffisant. Il rappelle qu’alors que 47,3% des étudiants de sciences humaines et en arts se lancent dans un doctorat sans financement, ceci n’est le cas que pour seulement 32% des étudiants dans les autres disciplines.

La stratégie de P. Esler pour défendre la place de l’AHRC au sein des conseils de recherhce britanniques consiste également à nouer des liens étroits avec ses partenaires, autant sur le plan financier qu’intellectuel. Ainsi, il lance un nouveau programme de recherche sur « Société et Religion » avec l’Economic and Social Research Council (ESRC) qui vise à montrer l’interdépendance entre tous les domaines de la connaissance. Il souligne en effet que ce sujet, d’une grande actualité après les attentats de juillet, ne peut être traité en profondeur que si l’on fait appel aussi bien à des historiens qu’à des théologiens, des archéologues, des économistes et des politistes.

The Guardian 18/10/2005

publié le 27/03/2006

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