Première lumière pour le télescope SALT

En 2005, sept pays, l’Allemagne, la Pologne, la Nouvelle-Zélande, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Afrique du Sud, achèveront la construction du plus grand télescope de l’hémisphère sud. L’entrée en fonction du « Southern African Large Telescope » (SALT) vient de franchir une étape importante avec la première lumière capturée dont les images ont été diffusées le 1er septembre 2005. La capture de première lumière signifie l’entrée de SALT sur la scène astronomique internationale. Ce télescope, doté d’un réseau de 91 miroirs hexagonaux atteignant un diamètre maximum de 11 mètres, est installé sur le site de l’observatoire astronomique sud-africain (SAAO pour « South African Astronomical Observatory ») non loin de la ville de Sutherland, proche de Cape Town. La caméra SALTICAM dont il est équipé a permis de prendre les premières photos. Cette caméra a été conçue et construite pour SALT en Afrique du Sud par le SAAO. Mais SALT reste un effort international : pas moins de 11 instituts issus des six pays partenaires de l’Afrique du Sud participent au projet. Le Royaume-Uni est représenté par le « UK SALT Consortium » qui regroupe l’observatoire d’Armagh, les universités de Keele, de « Central Lancashire », de Nottingham, de Southampton ainsi que l’« Open University ».

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Construction de SALT - crédit : SALT

Le télescope trouve son origine dans l’initiative de chercheurs sud africains qui ont obtenu le soutien de leur gouvernement. Celui-ci s’est initialement engagé à contribuer à hauteur de 50 % aux coûts de construction tandis que les 50 % restant étaient apportés par les partenaires internationaux. La construction a été réalisée en cinq ans, dans les délais prévus, et avec le budget imparti (11 millions de livres, environ 16 millions d’euros). Quoiqu’inspiré du télescope « Hobby-Eberly » installé au Texas, le SALT dispose d’un système optique redessiné faisant une plus grande utilisation du réseau de miroirs. SALT travaillera dans un domaine allant de l’ultraviolet au proche infrarouge (340 à 2 500 nm) et capturera 23 fois plus de lumière que le télescope de 1,9 mètre déjà installé à Sutherland (actuellement un des plus grands d’Afrique). Sa résolution devrait varier de 0,25 à 0,5 arcsecs.

Une des caractéristiques majeures de SALT reste la façon dont les chercheurs auront accès aux données enregistrées en Afrique du Sud. En effet, les scientifiques membres du consortium pourront accéder au télescope via internet. Ils soumettront leurs demandes d’observation par ce moyen et c’est également ainsi qu’ils recevront les données. Sous cet aspect, SALT est plus proche du télescope spatial Hubble que des installations terrestres. Son modèle opérationnel, suivant lequel SAAO opère le télescope pour le compte de ses partenaires internationaux, se rapproche également de celui des télescopes en orbite.
L’inauguration officielle de SALT devrait avoir lieu le 10 novembre 2005 en présence du président sud africain, M. Thabo Mbeki.

Les bénéfices collatéraux de SALT pour l’Afrique du Sud

SALT est présenté comme un projet scientifique et technique étendard pour le continent africain et l’Afrique du Sud attend de cette installation de nombreux bénéfices collatéraux. Ces bénéfices ont déjà commencé à se manifester puisque le pays hôte de SALT a remporté environ 60 % des contrats et des appels d’offre relatifs à la construction du télescope, tandis que le financement sud-africain ne s’est élevé qu’à 34 % du total.

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NGC 6744 est une galaxie en spirale qui fait partie de la constellation du Paon - crédit : SALT

De même, de nombreux aspects de haute technologie du projet ont été pris en charge par l’industrie sud africaine ce qui a permis de développer des compétences préalablement indisponibles dans le pays. C’est par exemple le cas du système de poursuite de précision robotisé. Des bourses ont également été offertes à des étudiants sud africains pour étudier à la fois dans leur pays et à l’étranger. Ces programmes ont été directement pris en charge financièrement par de nombreux partenaires de la « Fondation SALT ». Enfin, SALT devrait servir d’inspiration, en particulier pour les jeunes, en montrant que la science de premier plan a autant sa place en Afrique australe que dans le monde développé.

Sources : SALT, www.salt.ac.za ; « South African Astronomical Observatory », www.saao.ac.za ; Armagh Observatory, 2/09/05, star.arm.ac.uk ; « University of Central Lancashire », 1/09/05, www.uclan.ac.uk ; « University of Nottingham », 1/05/09, www.nottingham.ac.uk

Auteur : Dr Anne Prost

publié le 09/07/2008

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