> Publication du programme Foresight « maladies infectieuses : préparer l’avenir » - juin 2006

Introduction

Le Department of Trade and Industry (DTI, ministère du Commerce et de l’Industrie), a publié le 26 avril 2006 les résultats du programme Foresight, consacré aux maladies infectieuses. Les objectifs du programme Foresight sont d’identifier les opportunités scientifiques et technologiques pouvant bénéficier à l’économie et à la société de demain, et d’assurer une stratégie efficace dès aujourd’hui permettant d’atteindre les objectifs prédéterminés. Pour cela, Foresight, d’une part rassemble un noyau de compétences dans des domaines scientifiques distincts, et d’autre part permet une grande facilité d’accès à l’information et aux dirigeants politiques, industriels ou scientifiques. Dans la continuité de la politique actuelle, ce projet rassemble donc des acteurs des secteurs gouvernemental, industriel, universitaire, financier, éthique et de la santé.

Commissionné par l’Office of Science and Innovation (OSI, auparavant connu sous le nom d’Office of Science and Technology, OST), les résultats publiés proviennent d’information collectées auprès de plus de 300 experts et de parties prenantes répartis dans plus de 30 pays. Plusieurs organisations internationales ont également été mises à contribution. Dans le cadre précis de ce programme, les objectifs visaient à évaluer la menace des maladies infectieuses chez l’Homme, l’animal et les plantes au cours des 10 à 25 prochaines années, en s’appuyant sur les meilleures connaissances scientifiques et technologiques d’aujourd’hui. Par ailleurs, ce programme Foresight a cherché à conceptualiser la gestion de ces maladies, en particulier grâce à l’utilisation de systèmes de détection, d’identification et de contrôle (DIM, Detection, Identification and Management). Les auteurs rappellent que les résultats présentés sont le fruit d’une analyse scientifique indépendante et n’ont en aucun cas vocation à se substituer aux stratégies politiques de gouvernements ou d’organismes impliqués dans cette thématique des maladies infectieuses.

Selon eux, au vu des connaissances scientifiques et des systèmes DIM actuels, la meilleure stratégie d’enrayement de la propagation des maladies infectieuses est de combattre les foyers émergents dès leur apparition. Cela nécessite que la maladie ou l’agent pathogène responsable soit détecté, puis identifié avec exactitude en amont de la mise en place rapide de mesures visant à stopper le foyer aussitôt que possible après son apparition (par exemple en utilisant un agent anti-microbien ou un vaccin, selon la nature de l’agent en question). Cette détection et cette identification resteront des étapes cruciales dans tout programme de contrôle de maladies car elles apportent une information majeure sur l’attitude à adopter pour optimiser les ressources dans un effort de lutte efficace.


1. La menace des maladies infectieuses - aujourd’hui et de demain

La menace actuelle des maladies infectieuses

Les menaces actuelles des maladies infectieuses sont bien connues : touchant en particulier les populations les plus pauvres, elles sont responsables de plus de 20 % des décès et de 25 % de la morbidité à travers le monde. Le bilan est à peine moins lourd lorsque les maladies infectieuses affectent les élevages ou les cultures, de par la réduction du développement économique et les sérieuses crises humanitaires qui s’ensuivent. En sus des maladies infectieuses connues viennent s’ajouter de nouvelles maladies émergentes qui peuvent se révéler dangereuses (la dernière en date étant le SRAS, Syndrome Respiratoire Aigu Sévère), ainsi que les problèmes croissants de résistances aux médicaments et, en particulier, aux antibiotiques et anti-parasitaires.

Une vision de l’avenir selon les dirigeants mondiaux

Les auteurs rappellent que les dirigeants des grandes puissances mondiales se sont déjà penchés sur les risques apportés par les maladies infectieuses encore insoupçonnées. A partir de cette réflexion ont été énoncés, en 2000, huit objectifs de développement du millénaire (Millenium Development Goals, MDGs) qui illustrent une vision du monde que nos leaders souhaiteraient en 2015. Quatre de ces objectifs, relatifs aux causes ou conséquences des maladies infectieuses, n’ont cependant pas rempli leurs promesses et n’ont démontré que de très faibles progrès. Dans certains cas, la situation s’est même détériorée et les objectifs risquent fort de ne pas être atteints.

Evolution des risques au cours des 10 à 25 ans à venir

Au cours des 10 à 25 prochaines années, les auteurs indiquent qu’il faut s’attendre à ce que les maladies infectieuses connues aujourd’hui fassent encore partie du paysage mondial. Les dangers qu’elles engendrent seront alors associés à ceux présentés par l’émergence ou la ré-émergence de maladies infectieuses aujourd’hui non existantes ou contenues. Huit classes de maladies infectieuses pourraient se révéler particulièrement dangereuses :
- espèces de pathogènes et variants entièrement nouveaux ;
- pathogènes développant des résistances ;
- zoonoses (ou maladies passant la barrière des espèces) ;
- VIH/SIDA, tuberculose et paludisme ;
- épidémies chez les végétaux ;
- infections respiratoires aiguës ;
- infections sexuellement transmissibles ;
- maladies infectieuses animales sans frontières.

Prédiction des épidémies de demain

En raison de l’impossibilité de prévoir les maladies infectieuses qui apparaîtront dans l’avenir, les experts estiment qu’il est important de mettre en place des politiques souples et flexibles qui permettront de réagir à l’imprévu. En effet, qu’une maladie humaine soit extrêmement contagieuse ou qu’elle se propage lentement en montrant des symptômes latents (le SIDA en est un exemple type), les effets peuvent être dévastateurs. Par comparaison, les épidémies touchant les élevages ou les cultures pourraient être tout aussi préjudiciables économiquement en conduisant au ralentissement du développement et du commerce, en raison des difficultés à éradiquer la maladie. Dans les pays industrialisés, une épidémie pourrait atteindre un point de non-retour et compromettre les services et le commerce essentiels au fonctionnement du pays. L’utilisation de systèmes de DIM efficaces pourrait éviter que ce point de non-retour soit atteint.

Les facteurs influençant les risques

Après une étude approfondie des facteurs capables de modifier les risques d’épidémie, les auteurs du rapport ont conclu que la virulence de la maladie et sa facilité de transmission ne représentent pas les seuls éléments d’importance. Au contraire, il est nécessaire de tenir compte de la manière avec laquelle la maladie interagit, d’une part avec des schémas de comportements et de mouvements de population et, d’autre part, avec la manière avec laquelle sont gérés les élevages ou les cultures. Parmi les facteurs considérés majeurs pour l’Afrique et le Royaume-Uni (toutes espèces confondues), citons entre autres :
- l’accroissement du nombre de déplacements (commerce et migration de populations) qui facilite la propagation des maladies infectieuses existantes et l’émergence de nouvelles maladies par une mise en contact de populations habituellement hétérogènes ;
- le tourisme dans des zones reculées du monde, l’importation de plantes ou d’animaux exotiques et la consommation d’une alimentation exotique qui facilitent l’introduction de nouvelles maladies provenant d’espèces sauvages ;
- l’utilisation de médicaments contrefaits, l’arrêt des traitements avant la fin du temps prescrit ou une maladie mal diagnostiquée (et donc traitée avec un médicament non approprié), qui conduisent au développement de résistances aux médicaments utilisés.

D’autres facteurs spécifiques aux régions étudiées viennent s’ajouter à la liste ci-dessus, non exhaustive. En Afrique par exemple, il s’agit souvent de la pauvreté, des conflits, des systèmes de gouvernance, de l’urbanisation, des modifications des pratiques agricoles vers l’intensification et du manque de capacités nationales. Au Royaume-Uni en revanche, on notera notamment le manque de nouveaux pesticides pour l’agriculture ou de médicaments et de vaccins pour les élevages, ou encore les importations illégales. A ces facteurs de risque, le Royaume-Uni répond par l’implémentation des systèmes internationaux de surveillance et de contrôle des maladies.

Influence du changement climatique

Le dernier point étudié par les auteurs du rapport concerne l’impact du changement climatique sur la menace apportée par les maladies infectieuses. Ils concluent que le changement climatique aura certainement, au cours des prochaines 75 années, un impact très important sur les maladies portées et transmises par des vecteurs tels que les insectes. Ils estiment qu’il ne s’agit pas d’une menace immédiate pour la population du Royaume-Uni mais le réchauffement climatique fera du territoire britannique un terrain plus propice à la propagation de certaines maladies (par exemple le paludisme). Au plan mondial, les auteurs jugent que le résultat net sera relativement équilibré : les risques d’apparition de certaines maladies seront accrus mais d’autres verront leurs risques diminués. Les différentes régions du monde seront touchées de manière inégale et la réflexion approfondie a amené les auteurs à penser que l’Afrique risque d’être particulièrement affectée en raison de la présence endémique actuelle de certaines maladies. Là encore, ils prédisent que la répartition des risques sera modifiée en raison des changements d’humidité ambiante qui auront lieu.


2. Les réponses aux défis de demain - systèmes de détection, identification et contrôle (DIM)

Importance des systèmes DIM dans la gestion des maladies infectieuses

Les systèmes de détection, d’identification et de contrôle des maladies représentent des outils majeurs dans la gestion des maladies infectieuses, de par leur capacité à faire gagner du temps, à cibler de manière plus efficace les ressources existantes et à ouvrir de nouvelles alternatives en ce qui concerne la gestion des maladies (le développement de petits appareils individuels faciles d’utilisation permettrait, par exemple, de diagnostiquer un nombre croissant de personnes souvent asymptomatiques pour des maladies sexuellement transmissibles et conférant ainsi un bénéfice important de santé publique).

Bénéfices potentiels des systèmes DIM de demain

Les auteurs reconnaissent qu’il est impossible de quantifier avec exactitude les bénéfices qui pourront être apportés par les systèmes DIM de demain car, par définition, leur utilisation et leur efficacité dépendront de facteurs encore incertains tels que l’attitude du public ou les structures de gouvernance. Malgré ces incertitudes, leurs rôles seront d’autant plus essentiels qu’ils feront partie intégrante d’un cadre de mesures de gestion efficaces, lui-même lié à une infrastructure opérationnelle permettant des réponses politiques locales de grande envergure. Un manque de cohérence, de flexibilité et de rapidité d’action entraverait les capacités de réponses appropriées à l’information obtenue grâce à ces systèmes DIM et ne ferait qu’accroître les attentes du public et potentiellement renforcer ses inquiétudes.

Selon les experts interrogés, quatre classes de systèmes DIM sont à considérer :
- nouvelles technologies d’informations destinée à collecter, analyser et modéliser des données et permettant ainsi une détection précoce d’éclosions de maladies infectieuses ;
- utilisation des techniques de génomiques et de post-génomiques pour la détection précoce et la caractérisation de pathogènes nouveaux ou nouvellement résistants aux médicaments existant sur le marché ;
- offre directe à l’individu des technologies d’identification et de caractérisation des maladies infectieuses grâce à la conception d’outils de prélèvement intelligents et/ou d’appareils petits et faciles à manier ;
- utilisation de marqueurs succédanés (par exemple des radiations électromagnétiques ou des composés organiques volatiles) dans des aéroports ou sur les marchés d’animaux vivants permettant le dépistage par criblage à haut débit de maladies infectieuses chez l’être humain, l’animal ou les plantes.


3. Choix stratégiques qui influenceront la gestion des maladies infectieuses

Choix stratégiques

Ces choix sont fondés sur trois facteurs majeurs : l’importance d’être réactif, la disparité des méthodes d’approche entre les différentes régions du monde et le manque de cohérence entre les programmes mis en place dans ces régions. Selon les experts, les choix stratégiques devraient répondre aux critères suivants :
- être plus pro-actifs, nécessitant des politiques flexibles et des plans d’action à long terme dans un contexte actuel où les parties prenantes sont souvent sous pression pour répondre aux menaces immédiates ;
- attaquer l’éclosion d’une nouvelle maladie à la source, nécessitant une aide au développement appropriée par les pays industrialisés en ce qui concerne les systèmes DIM de classe internationale et les capacités adéquates ;
- atteindre une approche cohérente pour gérer les maladies existantes, nécessitant des programmes horizontaux et multidisciplinaires ;
- améliorer la surveillance et la coordination des grandes institutions internationales telles que l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), la FAO (Food and Agricultural Organisation, Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) et l’OIE (Office International des Epizooties). La question de la nécessité d’une infrastructure internationale entièrement dédiée à la gestion des risques posés par les maladies infectieuses est soulevée par les auteurs ;
- créer des systèmes de réseaux entre les systèmes DIM ciblant l’Homme, l’animal ou les plantes afin de partager au mieux l’information collectée.

Choix de gouvernance et de réglementation

Quelles que soient les incertitudes qui planent sur les types de maladies infectieuses de demain, il est important que les gouvernements, les décideurs et les organisations internationales se préparent de manière concertée. Par ailleurs, cette collaboration entre les communautés scientifiques est également cruciale puisqu’on estime à 75 % la proportion de pathogènes humains nouveaux ou ré-émergents provenant du monde animal. La création du GLEWS [GLobal Early Warning (and responses) Systems, Systèmes globaux d’avertissement (et de réponses) précoces] est un signe encourageant de rapprochement entre l’OMS, l’OIE et le FAO. Comme l’a démontré la grippe aviaire au cours de cette dernière année, il est important de mener une surveillance active des populations d’oiseaux sauvages, en raison des risques d’épidémies pour les élevages puis chez l’Homme. Les experts estiment que cet exercice pourrait reposer sur trois principes de base : améliorer l’utilisation des données existantes ; améliorer la concentration des ressources pour la surveillance ; s’assurer que les mandats et les ressources des organisations majeures correspondent aux besoins réels sur le terrain.

En ce qui concerne les appareils individuels de diagnostic, si les avancées scientifiques progressent, particulièrement en électronique, les auteurs indiquent que ceux développés seront dans un premier temps destinés aux professionnels. Avant que l’utilisation de tels appareils ne soit élargie à un plus large public, les experts considèrent quatre questions cruciales relatives à leur contrôle :
- nécessité du maintien de l’accès, par les professionnels, aux diagnostics donnés par l’appareil individuel ;
- nécessité de s’assurer que les relations entre médecin et patient ne soient pas interrompues dans l’éventualité où le patient souhaite se soigner seul. Les risques encourus seraient alors le choix d’un traitement non approprié conduisant à davantage de résistances aux médicaments ;
- nécessité de mise en place de plans et de règles pour la destruction des déchets médicamenteux toxiques générés par ces appareils ;
- nécessité de mise en place de méthodes d’information, de soutien et de conseils aux personnes, en particulier si ces appareils permettent le diagnostic des maladies graves.

Concernant le transport et les échanges d’échantillons biologiques, les règles ont été renforcées depuis les attentats du 11 septembre 2001, à des fins de sécurité nationale. Les auteurs mettent en garde ces mesures strictes qui pourraient empêcher les échanges internationaux ayant pour objectifs la surveillance et le contrôle des pathogènes infectieux et par conséquent ralentir les programmes destinés à développer et tester la future génération d’appareils DIM. D’autres freins à la surveillance et au contrôle de pathogènes infectieux proviennent de la politique de certains pays qui choisissent de ne pas dévoiler l’éclosion d’un nouveau pathogène sur leur territoire par crainte de conséquences néfastes sur le tourisme, le commerce et l’économie en général.

Choix de standards et d’interopérabilité

Les auteurs ont ensuite posé la question des choix décisionnels relatifs aux standards à établir et à l’interopérabilité. Cette dernière, conjointement à l’open source et à l’adoption de standards communs, bénéficie le plus souvent à l’utilisateur. Ils arguent cependant que de telles pratiques peuvent également apporter un bénéfice net aux acteurs situés en amont des projets, grâce à la promotion du partage des données et des informations qui permet l’ouverture des marchés aux petites entreprises pour des produits niches non retenus par les grosses compagnies. Quels seraient alors les standards à établir pour maximiser le bien collectif, et qui devrait en avoir la responsabilité ?

Choix d’exploitation des développements exogènes

Il est très probable que le développement de nouveaux systèmes DIM dérive d’avancées scientifiques et technologiques entièrement étrangères à la thématique des maladies infectieuses. Les exemples cités incluent la localisation des téléphones portables ou l’utilisation de cartes de voyages électroniques qui pourraient éventuellement trouver des applications dans la lutte contre la propagation des maladies infectieuses. D’autres exemples concernent les technologies de séquençage du génome développées dans un contexte complètement distinct de celui des maladies infectieuses.

Choix essentiels pour l’Afrique

De par le grand nombre de maladies infectieuses présentes de manière endémique sur le continent africain et le manque de capacités pour leur gestion, les auteurs estiment que les décisions prises aujourd’hui par les dirigeants africains auront des répercussions extrêmement importantes à l’avenir. Les experts africains, quant à eux, souhaitent mettre en place une nouvelle stratégie de gestion des maladies infectieuses à travers le continent qui s’appuierait sur un exercice de surveillance, serait soutenue par des centres d’excellence régionaux et couvrirait les maladies touchant à la fois l’être humain, les animaux et les plantes. Selon ces mêmes experts, les nombreuses études et actions menées sur le continent sont trop souvent dirigées par des investigateurs étrangers et ne s’appuient pas suffisamment sur les compétences locales. Cela permettrait pourtant de ralentir ou stopper la fuite des cerveaux. Par ailleurs, ils rappellent l’importance d’informer les politiques et décideurs des nombreux bénéfices que pourrait apporter une meilleure gestion des maladies infectieuses afin que ceux-ci puissent assurer une meilleure allocation des ressources financières.

Implications pour la science et les compétences

Au plan scientifique, les experts signalent la nécessité de faire tomber les barrières intellectuelles entre les thématiques distinctes : en effet, il est clair que le développement des prochaines maladies infectieuses dépendra de plusieurs facteurs comme la démographie et les comportements, l’utilisation des sols, le transport et le commerce, le climat, les tendances sociales, etc. Selon ces experts, une connaissance approfondie des épidémies passées et présentes facilitera la modélisation des épidémies de demain. La lourde tâche de développement de nouvelles technologies et systèmes capables d’identifier les maladies infectieuses de demain nécessitera des connaissances interdisciplinaires. Les experts insistent donc sur le fait qu’il sera nécessaire d’adopter une approche interdisciplinaire, aujourd’hui retardée par les barrières institutionnelles et universitaires, et de développer une coopération au plan national et international. Par ailleurs, ils rappellent l’importance de faciliter l’élargissement des compétences des scientifiques à toutes les étapes de leurs carrières, les échanges internationaux et la communication à tous les niveaux, scientifiques et politiques.

Implications pour la technologie et les systèmes

Pour améliorer la détection et l’identification de nouveaux pathogènes, les nouvelles technologies nécessitent d’être développées encore davantage. Un exemple serait d’avoir la capacité de distinguer en temps réel les personnes vaccinées pour une maladie donnée de celles exposées à l’infection. Une autre avancée intéressante serait le développement de systèmes DIM capables de détecter, chez un individu, plusieurs infections ou pathogènes de façon simultanée ou encore des systèmes similaires capables de détecter simultanément ces mêmes pathogènes sur de larges échantillons de population.

Implications pour l’engagement public

Le développement de systèmes DIM de demain risque de ne pas être sans conséquences pour le grand public. Le grand public devra alors comparer les conséquences (par exemple la réduction des libertés individuelles) avec les bénéfices qui pourront être apportés à la population dans son ensemble. La communication avec le public sera un prérequis incontournable à la conception et la mise en place de tels concepts.


Conclusion

Ce programme Foresight consacré à la préparation de l’avenir en ce qui concerne les maladies infectieuses n’a pas vocation à apporter des réponses détaillées aux problèmes complexes de la gestion d’une multitude de ces maladies à travers le globe. L’objectif était d’évaluer et de signaler les tendances de l’évolution de la menace engendrée par ces maladies infectieuses et de considérer quelles pourraient être les politiques de prévention et/ou de gestion les plus appropriées.

Sources : Foresight. Infectious diseases : preparing for the future. Executive summary. Office of Science and Innovation, London (2006), www.foresight.gov.uk


Auteur : Dr Claire Mouchot

publié le 13/10/2006

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