Un centre de recherche de l’ESA va ouvrir au Royaume-Uni

Lors du Conseil des Ministres Européens de l’Espace, réuni à la Haye les 25 et 26 novembre 2008, Lord Drayson, Secrétaire d’Etat des sciences britannique, et Jean-Jacques Jordain, directeur général de l’Agence Spatiale Européenne (ESA pour European Space Agency), ont signé un accord de principe concernant l’implantation d’un centre de recherche de l’ESA au Royaume-Uni.

Les centres de recherche de l’ESA

Outre son siège situé à Paris et le futur centre d’Harwell, l’ESA dispose à ce jour de 5 centres de recherche :
- le Centre des astronautes européens (EAC, European Astronaut Centre) situé à Cologne (Allemagne) et qui assure la formation des astronautes européens ;
- le Centre européen d’astronomie spatiale (ESAC, European Space Astronomy Centre) situé à Villanueva de la Cañada (Espagne) et dédié à l’astronomie et aux sciences de l’espace ;
- le Centre européen des opérations spatiales (ESOC, European Space Operations Centre) situé à Darmstadt (Allemagne) et d’où sont contrôlés les vaisseaux spatiaux de l’ESA durant leurs missions ;
- l’Institut européen de recherches spatiales (ESRIN, European Space Research Institute) situé à Frascati (Italie) qui est le centre de l’ESA pour l’observation terrestre ;
- le Centre européen de recherche et de technologie spatiales (ESTEC, European Space Research and Technology Centre) situé à Noordwijk (Pays-Bas) et où sont testés les engins spatiaux avant leur lancement.

Ce centre sera établi sur le campus pour la science et l’innovation d’Harwell : possédé conjointement par le conseil de recherche Science and Technology Facilities Council (conseil de recherche pour les grands équipement), par la UK Atomic Energy Authority (UKAEA, l’autorité nucléaire britannique) et par la Health Protection Agency (l’Agence de protection de la santé), ce site abrite déjà, entre autres, la source de lumière Diamond et le Rutherford Appleton Laboratory (RAL). Les coûts de construction du nouveau centre seront supportés par le Royaume-Uni.

Le Royaume-Uni, quatrième contributeur au programme spatial de l’ESA, n’abritait, à la différence des autres contributeurs majeurs, ni centre technique ni centre administratif de l’agence sur son territoire.
Une fois établi, le centre devrait travailler sur la modélisation du changement climatique en utilisant des données spatiales ainsi que sur le développement de technologies pour l’exploration planétaire, incluant la robotique et les sources de puissances nouvelles.

En contrepartie, le Royaume-Uni s’est engagé à participer à hauteur de 102,5 millions d’euros aux programmes Global Monitoring for Environment and Security (GMES).
Le Royaume-Uni participe donc maintenant à sept programmes optionnels de l’ESA :

  • GMES—European Earth Watch Programme : suivi global des variables essentielles du changement climatique (15 millions d’euros) ;
    Global Monitoring for Environment and Security segment two (87,5 millions d’euros) ;
  • Programme européen d’exploration spatiale Aurora—composant avancé de la mission Exo Mars (souscription accrue de 165 millions d’euros) ;
  • Programme européen d’exploration spatiale Aurora—programme de preparation de l’exploration robotisée de Mars (6,5 millions d’euros) ;
    Recherches avancées sur les systèmes de télécommunication (ATRES) : souscription totale à 7 éléments du programme (121 millions d’euros) ;
  • Initiative Space Situation Awareness (SSA—1 million d’euros)
  • Programme général de technologie de soutien (GSTP—souscription totale de 3 millions d’euros à travers les quatre elements du programme).
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Schéma de principe de GMES
GMES

Dans le cadre de l’Initiative de surveillance mondiale pour l’environnement et la sécurité (GMES), l’ESA est l’agence chargée du développement et de l’approvisionnement de la composante spatiale, à travers la famille des satellites Sentinelles, et du segment sol correspondant. L’ESA est également chargée de coordonner l’ensemble de l’accès aux données des satellites Sentinelles et d’autres missions, essentiellement des missions des Etats membres et d’Eumetsat.

Au cours des trois prochaines années, le Royaume-Uni augmentera également sa contribution financière aux programmes obligatoires de l’ESA. Ainsi, sa contribution au Programme scientifique, versée à travers le STFC, s’élèvera à 234,5 millions d’euros tandis que celle au Budget général, financée par le STFC et le conseil de recherche Natural Environment Research Council (NERC, conseil de recherche pour l’environnement) atteindra 110 millions d’euros.


Sources :
- DIUS, 26/11/08
- STFC, 26/11/08
- BBC News, 26/11/08


Dr Anne Prost

publié le 17/03/2009

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