Une nouvelle technologie pour sauver la vie des mineurs

Un partenariat de transfert de connaissances (KTP, Knowledge Transfer Partnership) entre le fabricant de composés électroniques Tioga, basé à Derby, East Midlands, et l’université de Nottingham, a permis la mise au point d’un dispositif qui pourrait permettre de sauver des vies dans l’industrie minière.

Un rapide tour d’horizon des récents accidents miniers de par le monde [1] montre que ceux-ci ne sont pas aussi rares que l’on pourrait le penser. Tout le monde se souviendra de l’importante couverture médiatique relative aux 33 mineurs piégés pendant deux mois, à 625 m sous terre, dans une mine du Chili en octobre 2010. Cette même année, entre autres, 29 mineurs furent tués dans une mine de la Virginie de l’Ouest aux Etats-Unis, et 28 moururent de suffocation dans une mine de charbon, à 500 m sous terre, en Turquie. Enfin, plus récemment, en janvier 2011, 21 mineurs succombèrent à une explosion liée à du méthane dans une mine de Colombie. Tous ces récents accidents ont mis en lumière la nécessité de pouvoir être en mesure de surveiller la santé et la localisation des mineurs lorsque ceux-ci évoluent sous terre. Bien que certaines mines soient équipées d’un système d’identification par fréquence radio (RFID, Radio-Frequency Identification), beaucoup utilisent encore un système de comptage, utilisant des jetons pour vérifier que les mineurs sont ressortis.

Depuis 2008, l’université de Nottingham travaille sur une technologie appelée Heart Light, qui permet de surveiller en continu le rythme cardiaque d’un nouveau né à l’aide d’un petit dispositif placé sur la tête de celui-ci. La technologie est similaire à celle des capteurs posés sur le doigt utilisés dans les hôpitaux pour mesurer le rythme cardiaque des patients, à partir de l’étude de l’interaction de la lumière avec le sang au bout du doigt. Dans le cas des nouveaux nés et du système Heart Light, au lieu que la lumière traverse la peau, elle est réfléchie et c’est sa réflexion qui est étudiée.

Tioga étant impliqué dans le domaine de l’industrie minière, c’est lors d’une rencontre entre Warwick Adams, directeur de Tioga, et le professeur Barrie Hayes-Gill, de l’université de Nottingham, que l’idée a émergé de développer un détecteur fondé sur cette technologie, capable de surveiller le bien-être des mineurs. De façon intéressante, il s’avère que le prédécesseur de Heart Light fut initialement développé pour la surveillance des travailleurs dans les fonderies d’aluminium de Rio Tinto.

Un accord de licence a été signé entre Tioga et l’université de Nottingham pour le développement d’un capteur optique monté sur le casque de mineurs. Cet accord a été conçu et breveté par le groupe de recherche en optique appliquée de l’université. Afin de pouvoir entreprendre le travail de recherche nécessaire pour concevoir un produit adapté à l’industrie minière, l’université a également mis au point un KTP avec Tioga, soit une relation formelle entre l’université et la compagnie, permettant le transfert de connaissances, technologies et savoir-faire. Steve Jackson a été employé par l’université pour mener à bien ce projet en collaboration avec Tioga, et il est financé en partie par l’Engineering and Physical Sciences Research Council (EPSRC, Conseil de recherche pour les sciences physiques et de l’ingénieur) et le Technology Strategy Board (TSB, Agence britannique de l’innovation), à hauteur de 120.000 £.

Le travail de Steve Jackson, supervisé par Pr Barrie Hayes-Gill et d’autres spécialistes au sein de l’université, consistera à faire évoluer Heart Light en un dispositif de la taille d’une pièce de un pence, pouvant se loger dans le casque du mineur, et capable de surveiller des paramètres tels le rythme cardiaque, la température, l’activité et la respiration. Ce système, du nom de MiMoS (Mining Industry Mobile Sensor, Capteur mobile pour l’industrie minière), permettra également de vérifier la présence de gaz dangereux. L’alerte sera donnée en surface grâce à un système de communication Wi-Fi. Tel que le mentionne Pr Hayes-Gill, " [ce système] permettra une technologie de détection continue de gaz, donnant la possibilité aux responsables de reconnaître rapidement des changements de niveaux de gaz dangereux, afin que l’action nécessaire puisse être entreprise".

Les KTP mis en place par l’université de Nottingham (celui avec Tioga est le 60ème de la sorte) se sont révélés être très bénéfiques pour les industries/compagnies impliquées, résultant en une croissance moyenne du chiffre d’affaires de plus de 200.000 £ pour les compagnies participantes. Pour Warwick Adams, "la relation avec l’université de Nottingham nous a été extrêmement bénéfique. Le KTP nous a permis d’avoir accès à un prix compétitif au savoir-faire d’un chercheur d’excellente qualité ainsi que plusieurs experts de l’université, qui nous ont aidé à développer un produit unique dont le but est d’améliorer le bien-être des mineurs et de potentiellement sauver des vies." Tioga a d’ores et déjà entrepris des essais concluants de MiMoS en conditions réelles, et le produit devrait être commercialisé d’ici 2014.

Pour en savoir plus, contacts :

[1] http://www.cbc.ca/news/interactives/mining-accidents/

Sources :

- http://www.cbc.ca/news/interactives/mining-accidents/, Recent mining accidents around the globe
- http://redirectix.bulletins-electroniques.com/vO4OI, East Midlands designed health sensor could be a lifesaver for miners
- The Engineer, 2 juillet 2012, Small sensor device could increase safety of miners
- http://www.ktponline.org.uk/2012-07-news-tioga/, 19 juillet 2012, KTP develops technology to help save miners’ lives

Rédacteurs :

Maggy Heintz

publié le 06/12/2012

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