> Vers un étiquetage des boîtes de médicaments : « testé sur animaux » ? - juin 2006

Le 23 mai 2006 à la Chambre des Communes s’est tenu un débat portant sur le rôle et l’importance de l’expérimentation animale dans les soins de santé et le développement de nouvelles thérapies, et la nécessité d’une information largement diffusée. Les échanges ont eu lieu principalement entre M. Evan Harris, député libéral-démocrate d’Oxford West and Abingdon et membre du Science and Technology Select Committee (équivalent de l’OEPSCT) et le Secrétaire d’Etat à la santé M. Andy Burnham.

Dans un premier temps, le député a commencé par rendre compte - sans y souscrire - des arguments d’éthique des groupes anti-vivisectionnistes, à savoir que des animaux ne devraient pas être utilisés pour le bénéfice de l’être humain. S’il appelle ces mêmes groupes à condamner sans réserve la violence et le harcèlement utilisés par certains groupuscules extrémistes, il souligne l’importance de distinguer entre la violence à l’encontre des animaux et celle à l’encontre de l’être humain (menée lors de campagnes terroristes ciblant des scientifiques, des organisations, des actionnaires, etc.). M. Harris a fait part de son inquiétude devant les résultats d’une enquête indépendante selon laquelle une proportion importante d’élèves en âge de quitter l’école, d’une part possède une opinion négative concernant l’expérimentation animale, et, d’autre part, estime qu’il s’agit d’une pratique purement cruelle et non nécessaire.

Au cours de ce débat, M. Harris a ainsi proposé que toute communication relative à une nouvelle avancée médicale chez l’Homme, souvent annoncée à la suite d’essais cliniques encourageants et positifs, contienne un court historique des méthodes utilisées au cours de son développement. Selon lui, ceci devrait inclure les procédures utilisées en amont des essais cliniques : type d’animal utilisé, expériences menées, etc. Allant même plus loin, M. Harris souhaiterait voir apparaître sur les emballages de médicaments une étiquette spéciale signalant que le développement du médicament en question a été permis grâce à l’expérimentation animale, afin d’encourager le soutien à la recherche biomédicale et l’expérimentation animale. M. Harris voit deux avantages à un tel étiquetage, similaire à celui existant pour les organismes génétiquement modifiés sur les emballages alimentaires : d’une part celui d’éduquer le public et d’autre part de laisser au consommateur le choix averti du traitement qu’il souhaite suivre. Il reconnaît que la question est délicate et nécessiterait la mise en place d’une nouvelle législation, et que cela pourrait porter préjudice au Royaume-Uni si un tel étiquettage n’était pas suivi par d’autres pays.

A ces arguments, M. Burnham a répondu de façon assez positive et indiqué qu’il restait ouvert à cette proposition d’étiquetage des emballages de médicaments. Il souligne cependant qu’une étude du rapport coût/bénéfice devrait être menée dans les moindres détails. Selon lui, il faudra également s’assurer que les individus ne décideront pas d’arrêter de se soigner à la lecture de l’étiquetage.

Par ailleurs, les actions de harcèlement par les petits groupuscules d’anti-vivisectionnistes extrémistes ont récemment repris. Une organisation jusque-là inconnue, Campaign Against Huntington Life Sciences, a lancé une nouvelle campagne d’intimidation à travers l’envoi de lettres de menaces à une cinquantaine petits actionnaires de la compagnie pharmaceutique GlaxoSmithKline (GSK). Ces lettres menacent d’une part de dévoiler les noms de ces actionnaires sur Internet à moins qu’ils ne vendent l’ensemble de leurs actions au cours des deux semaines suivant réception, et, d’autre part, d’envoyer des lettres à l’ensemble des 170 000 actionnaires privés de GSK. Cette nouvelle campagne pourrait correspondre à un regain d’activité alors que les activités de ces organisations avaient diminué au cours de 2005 et du premier trimestre 2006, selon les dernières statistiques publiées.

Le gouvernement étudie la possibilité de restreindre l’accès aux listes d’actionnaires par une nouvelle loi. Il s’agit cependant d’une décision délicate puisque ces listes constituent un élément essentiel de la transparence de l’actionariat. En effet, elles permettent à des initiateurs d’approcher les actionnaires et de permettre à ces derniers de faire circuler les informations nécessaires avant une assemblée générale. De son côté, l’opérateur de messagerie électronique MSN (Hotmail) a annoncé que les activistes pourraient voir leur compte de messagerie annulé si les conditions d’utilisation établies par MSN (indiquées dans leurs « termes et conditions d’utilisation ») devaient être violées.

Sources : Research Fortnight, 24/05/06, www.researchResearch.com ; House of Commons Hansard, http://www.parliament.the-stationery-office.co.uk/pa/cm200506/cmhansrd/cm060523/halltext/60523h0103.htm#06052399000005

publié le 14/09/2006

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